Mohamed Melehi. Une création qui crée la polémique...

Agadir avait besoin d’une identité visuelle mais pas celle qui lui a été infligée par les autorités de la ville...

Agadir avait besoin d’une identité visuelle mais pas celle qui lui a été infligée par les autorités de la ville. Sur les réseaux sociaux, les réactions outrées et pleines de colère ont plu dans la foulée de sa présentation vendredi 18 septembre, dénonçant un mépris pour Agadir et ses habitants. Un internaute a fustigé dans un long texte « un logo d’une société d’acier ou de pièces détachées (…), une horreur sans nom». Par contre, l’auteur de cette création très eu heureuse, validée bizarrement par le maître d’ouvrage (la société de développement local Agadir Souss-Massa) a un nom et il est connu dans le monde des arts plastiques: le peintre marocain Mohamed Melehi! Pour la réalisation de son œuvre controversée, il a fait appel à un certain Hicham Daoudi qui n’est autre que le patron de la Compagnie Marocaine des Œuvres et Objet d'Art (CMOOA), spécialisée dans la vente aux enchères ! De quoi se demander ce que venait faire une telle entreprise dans une affaire en relation avec le développement local… Alors, projet artistique ou business clientéliste ? Se demandent en privé de nombreux gadiris qui ont du mal à digérer ce qu’ils qualifient d’acte de mépris pour leur identité. Dans l’entourage du peintre, on explique justement, histoire de défendre le logo contesté, que M. Melehi s’est inspiré de la fibule, cette broche-bijou en argent, portée par les femmes berbères.

Or, la fibule n’est pas seulement l’apanage d’Agadir, elle fait partie du patrimoine berbère de l’ensemble du sud marocain, d’Agadir, et son arrière pays, en passant par Ouarzazate et Tata… Originaire d’Asilah, notre peintre était censé savoir cela et que le symbole le plus représentatif de la capitale du Souss, comme l’a rappelé un militant local, est l’arganier que l’on ne trouve, excepté à Essaouira, dans aucune partie du Maroc. L’on voit bien que M. Melehi et son comparse se sont bien cassé la tête pour sortir une telle trouvaille de leur imagination… «Et puis, pourquoi faire appel à un peintre d’Asilah et à une entreprise de Casablanca pour faire un logo ? Agadir ne dispose-t-elle pas de ses propres artistes capables de pondre une identité visuelle pour leur ville », s’interroge un entrepreneur. Indépendamment des origines du concepteur, le rendu ne tourne pas vraiment rond artistement parlant. L’inspiration de la fibule n’a pas été fabuleuse. A première vue, on dirait un panneau STOP, confectionné sans grande recherche. Stop au grand n’importe quoi ? Au fait, y a-t-il un moyen de vendre ce machin aux enchères?

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