Ténacité et efficacité au féminin...

Pompiste, conductrice de bus, concierge, ingénieur et depuis peu arbitre de football... Faisant preuve de ténacité, défiant les...

Pompiste, conductrice de bus, concierge, ingénieur et depuis peu arbitre de football... Faisant preuve de ténacité, défiant les préjugés, elles n’arrêtent pas de conquérir des métiers d’hommes. Avec le sourire en prime.

La voiture s’arrête doucement, le conducteur coupe le moteur, baisse la vitre et lance: « Le plein s'il vous plaît!». Et ce n’est que lorsqu’il jette un œil au rétroviseur qu’il s’aperçoit que son interlocuteur est une femme ! Sur son visage se dessine une expression de surprise. Il n’en revient pas : une femme pompiste ! Les femmes qui bossent dans des stations-service sont légion, mais souvent c’est de la caisse qu’elles s’occupent. Elles sont aussi derrière le comptoir à servir du café et du thé. Amina, la trentaine, est parmi ces rares femmes qui ont choisi un métier « de mec » et elle aime ça. Alors que le carburant coule dans le réservoir, elle soulève d’un geste alerte les essuie-glaces et se met à nettoyer le pare-brise. Une fois le réservoir plein, elle lève le capot et vérifie les niveaux des huiles et autres liquides. Une opération qu’elle accomplit chaque fois avec le même enthousiasme. À ceux qui lui demandent pourquoi elle a choisi ce métier et pas un autre, elle répond en souriant : «Pourquoi pas ? C’est un job comme les autres. L’important ce n’est pas de savoir si c’est un métier de femme ou d’homme.

L’important, c’est que ça soit un métier honnête ». Avec humour, audace et énergie, elle vaque à ses tâches sans le moindre complexe. Au contraire, elle se plaît dans son boulot. Son implication et son dévouement lui ont même valu des promotions. « Dans la vie, il faut aimer ce que l’on fait. Si on n’aime pas, on change de travail si on peut avant de se retrouver piégés », lâche-t-elle même si elle n’avait jamais pensé qu’un jour elle allait devenir pompiste, Amina avoue une véritable passion pour ce métier.

Mais il ne faut pas s’y tromper, elle n’a jamais été un garçon manqué même si elle clame haut et fort sa passion pour les voitures. Khadija, conductrice de taxi, elle aussi se dit passionnée d’automobile. La gent féminine a conquis cette profession dans les années 90. Depuis le temps, les gens s’y sont habitués. Et pourtant, les femmes au volant de véhicules de transport en commun ne dépassent pas les dizaines. Investir un métier réputé d’hommes constitue pour certaines dames un défi tandis que pour d’autres une nécessité. Veuve et sans ressources, Dawia, la cinquantaine, a dû se lancer dans le gardiennage de voitures à Casablanca afin de subvenir aux besoins de sa famille.

Munie d’un gourdin pour tenir en respect les voyous, elle assiste, sans difficulté, les automobilistes à se garer et même à déposer leurs courses dans le coffre. Sans complexe, les femmes, pour qui les métiers n’ont pas de sexe, choisissent de plus en plus des professions historiquement réservées aux hommes. Police, protection civile, poste, aviation… et la dernière profession en date, historiquement dominée par les mâles, celle d’arbitre de football.  La femme marocaine n’a aucun mal à investir tous les secteurs d’activité qui constituaient jusque-là le monopole des hommes. On les retrouve aussi dans les nouveaux métiers mondiaux comme l’aéronautique et l’assemblage automobile. Passionnées, elles font souffler un air de fraîcheur et de délicatesse dans leur milieu de travail. Et, hormis quelques résistances dues à quelques réflexes machistes, leurs collègues masculins sont ravis. Rien ne semble les décourager, ni les repousser : ni les longues nuits blanches, ni le vacarme des machines, ni les énormes et bruyants camions à benne. Le progrès se manifeste aussi au niveau de la formation. Plus d'une centaine de femmes seront formées à des métiers comme le jardinage ou la plomberie grâce à des partenariats de l'Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail (OFPPT) avec des associations locales aux quatre coins du Maroc.

Tout feu, tout femmes !  

En général, les patrons sont très satisfaits du rendement des femmes qu’ils trouvent plus soigné que celui des hommes. Plus exigeantes que leurs collègues masculins. Plus humaines, plus communicatives et plus rigoureuses aussi.  Et puis, les femmes ont une autre qualité, elles s’accrochent davantage car devant prouver leurs compétences pour s’imposer dans un univers masculin. Ce qui est paradoxal car à l’école les filles sont plus studieuses que les garçons ; elles obtiennent de meilleures notes et redoublent moins. Mais dès qu’il s’agit d’intégrer le monde du travail, bonjour les obstacles : Discrimination à l'embauche, écart salarial entre hommes et femmes, préjugés sur la force physique requise pour divers travaux… Défiant les clichés et le machisme ambiant, faisant montre de ténacité, elles n’arrêtent pas de s’affirmer en investissant les nouveaux métiers qui s'ouvrent à elles. Avec le sourire en prime. Ah les femmes !

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