La crainte du “fin club” s’installe…

Le club est miné par les conflits entre membres…

Depuis quelques mois, le Sun Beach, où l’ambiance est toujours plombée par des conflits entre membres, se trouve dans le collimateur des autorités locales qui  lui cherchent visiblement des poux dans la tête.

Depuis plusieurs semaines, l’ambiance n’est plus ce qu’elle était au sein du Sun Beach situé sur la corniche.  Et pour cause… Le très sélect  Club des Clubs de Casablanca (CCC), où il faut être coopté pour avoir sa carte de membre, fréquenté essentiellement  par la bourgeoisie locale en quête de discrétion,  est dans le collimateur des autorités locales qui lui cherchent visiblement des poux dans la tête.  C’est ce qui apparaît clairement dans un mail, signé par le comité directeur,  adressé   samedi 13 mai par les dirigeants du Club aux adhérents.  Dans ce « communiqué aux membres », les auteurs  retracent le film des « événements » qui a démarré le 21 mars dernier par une demande de leur  remettre « dans un délai de 10 jours» un certain nombre de documents, notamment  les plans du club depuis sa création et le dossier de renouvellement de l’occupation du domaine maritime. Cette démarche  est assortie d’une étrange requête:  la suspension des travaux de rénovation du club pourtant « autorisés par écrit en date du 16 février 2023 ». Le mail fait ensuite état d’une convocation par les autorités locales des dirigeants du Sun club qui ont été « soumis à des pressions orales pour retirer le projet de résolution de l’ex-article 31 (rebaptisé article 2.2.9)  du règlement  intérieur du Club.

Cette disposition amendée, proposée « par un groupe de membres »,ĺ permet de suspendre un membre qui a enfreint les règles du club  jusqu’à la fin de la procédure judiciaire alors que dans la version initiale un membre jugé coupable d’une infraction est exclu sans aucune autre voie de recours.  

Mais l’article modifié en question sera, contrairement à la réclamation des autorités qui le jugent  contraire aux principes du droit ,  maintenu et adopté à l’unanimité après avoir été présenté en assemblée générale conformément  aux statuts. Une réclamation d’autant plus surprenante «que c’est la première fois que les autorités locales s’immiscent dans le règlement intérieur du club ». En quoi ce pouvoir de sanction, considéré  abusif par bien des membres, pose-t-il un problème aux responsables de la ville? En date du 14 avril, ces derniers reviennent de nouveau à la charge pour demander aux patrons du club de leur fournir un tas de documents  au rang desquels figurent  les titres fonciers, l’original du Dahir relatif à l’achat du terrain abritant le club, l’autorisation de son exploitation, les certificats  médicaux  du personnel,  avec copie de sa déclaration auprès de la CNSS, l’attestation d’assurance du club et de ses employés, etc…

Fameux scandale

A quoi rime cette intrusion des autorités locales dans l’histoire, la vie du club et même des lois régissant son fonctionnement ? S’agit-il de manœuvres, comme certains membres croient le savoir visant à préparer le terrain pour une fermeture des lieux? Les pouvoirs publics cherchent-ils à récupérer le domaine maritime où ont été construits certains clubs et un tas de cafés et de restaurants ?  Une chose est sûre : La crainte du “fin club” commence à gagner les esprits en plombant un peu plus l’ambiance. La vie du club n’est pas un long fleuve tranquille. Et c’est écrit noir sur blanc dans le communiqué aux membres dont certains au nombre de quatre cités nommément « propagent la rumeur de fermeture imminente » du club des clubs.  Derrière ces nouvelles péripéties se cache des conflits entre membres qui ne font que s’exacerber. Dernier en date et que les dirigeants actuels passent sous silence, l’exclusion d’un membre, avocat de son état, accusé d’avoir insulté le président du Club Mehdi Bensouda en le traitant de menteur. L’affaire sera portée devant la justice par l’adhérent exclu qui a obtenu récemment gain de cause  en faisant condamner M. Bensouda à des dommages et intérêts  pour dénonciation calomnieuse. « Ce jugement est un désaveu cinglant pour le président qui devrait normalement  en tirer les conséquences qui s’imposent en démissionnant », déclare un membre sous le sceau de l’anonymat qui révèle que ce litige s’inscrit dans le prolongement du fameux scandale qui a fait vaciller le club sur ses bases en 2020  (Lire le Canard  du O6 mars 2020). Ce scandale a trait à des accusations, proférées par une dizaine de membres, rapport d’enquête  à l’appui, à l’encontre des dirigeants du club d’alors, de surfacturation de travaux  de mise à  niveau du complexe de près de 10 millions de DH. « Cette affaire de fraude supposée  portée devant la justice a achevé de plomber l’ambiance et de détériorer les rapports entre membres», explique une source proche du dossier qui trouve que les tensions au sein CCC sont générées principalement par la domination de l’esprit clanique et l’intrusion d’une certaine « discrimination ethnique » dans les rapports des uns avec les autres. Un ancien membre met en cause le changement  du profil sociologique des membres  qui sont de plus en plus nouveaux riches porteurs d’une notion différente de la cohabitation en club. « Ça crée forcément des étincelles, voire du ressentiment», croit-il savoir. Au Sun Beach, est-il devenu difficile  de préserver « l’esprit club » de naguère  qui a forgé  son prestige et sa réputation ?

L’avocat s’estimant injustement exclu est un Aaroubi pur jus alors que le président est un Fassi fier de l’être. Au CCC, cercle des privilégiés de Casablanca, certains sont-ils plus égaux que d’autres ?

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