De moins en moins financièrement dépendantes de leurs maris...

La femme rurale occupe une place importante dans le dispositif de la solidarité nationale qui lui a permis d’acquérir...

La femme rurale occupe une place importante dans le dispositif de la solidarité nationale qui lui a permis d’acquérir une certaine indépendance grâce à diverses activités génératrices de revenus.

Souffrant longtemps de marginalisation économique, dépendant de leurs maris pour la moindre dépense, les femmes rurales ont fait leurs petites révolutions, il y a près de deux décennies. En devenant entrepreneuses, membres ou responsables de coopératives, elles  sont de moins en moins cantonnées dans les tâches ardues d’approvisionnement en eau ou de ramassage de bois. Le fait que la Campagne nationale de Solidarité 2017, lancée par le Roi Mohammed VI en mars 2017, ait été placée sous le thème « Soutien des coopératives féminines, pour une production sociale et solidaire durable » n’est pas anodin. Grâce à la mobilisation de la Fondation Mohammed V pour la Solidarité, les femmes bénéficient de projets de formation, de qualification et d’insertion socioprofessionnelle. Elles profitent aussi d’opérations transversales comme l’opération de soutien alimentaire aux démunis durant le mois sacré du Ramadan, d’actions humanitaires comme les caravanes médicales et les opérations de lutte contre le froid.

La mise en exergue du rôle des coopératives féminines lors de la 19ème campagne nationale de solidarité se veut un écho au souci de promotion et de valorisation des initiatives des acteurs de l’économie sociale et solidaire (ESS), surtout en ce qui concerne la valorisation des produits du terroir et de l’artisanat. Le Souverain, qui accorde un intérêt particulier à la femme et à son statut socioéconomique dans la société, cherche à travers la campagne qu’il préside de façon effective à œuvrer pour une meilleure inclusion et une autonomisation financière de la femme par le biais de la formation, le renforcement des capacités, les TPE solidaires et les activités génératrices de revenus. Aujourd’hui, grâce à la Fondation Mohammed V, plusieurs femmes ont pris leur destin en main et sont arrivées à sortir d’une situation d’extrême précarité, et de s’assurer un revenu qui leur permet de pourvoir à leurs besoins et de mener une vie décente. Cette évolution n’a pas manqué d’impacter de manière positive leur situation et celle de leurs familles. D’ailleurs, dans un souci d’efficacité, la Fondation chapeaute directement - ou par le biais d’ONG partenaires -, plusieurs actions d’accompagnement pour créer une demande pour les produits issus des différentes activités précitées dont la meilleure incarnation reste le Marché solidaire inauguré par le souverain en mars 2015 à Casablanca. La Fondation a ainsi contribué à l’émergence d’un circuit commercial efficace pour écouler la production des coopératives féminines qui butait sur une série d’obstacles liés notamment au circuit de commercialisation.

Témoignages

Itto Ben Idder, militante et présidente de l’Association Toudert pour le développement de la femme à Ouarzazate

« La société en général est dure avec la femme. Elle exerce un contrôle sur elle et l’empêche de s’épanouir en dehors du foyer. C’est un grand problème. Bien qu’elles aient besoin de travailler, et que leur travail produit de la valeur, elles ne sont pas vues d’un bon œil. Ce conservatisme est une barrière qui empêche les femmes de se réaliser pleinement ».


Témoignage anonyme de la présidente d’une coopérative agricole dans la tribu des Ait Merghad dans la région de Tinghir

« Mon mari travaille loin du village et s’absente en permanence. Je ne peux pas continuer à dépendre de lui. Elle a fallu donc que j’affronte les préjugés de la société pour me lancer dans le travail de coopérative », a-t-elle déclaré. Et elle se dit capable de relever le défi. «J’ai été formée, mais la plupart de mes collègues ne le sont pas. C’est un grand handicap. Nous ne pouvons pas nous déplacer toujours pour assister aux formations organisées par les autorités. Il faut que les formations soient organisées dans les villages ».


Hassania, licenciée en biologie et présidente de la Coopérative Corosa de Ouarzazate spécialisée dans le fromage de chèvre

« Nous sommes très contentes de notre rendement d’autant plus que certaines femmes de notre coopérative n’ont pas d’autres sources de revenus. Le travail leur permet de vivre dignement ».

Les coopératives d’arganier, une perche qui a sauvé des milliers de femmes

Grâce à l’appui accordé par la Fondation Mohammed V à plusieurs associations et coopératives, des milliers de femmes rurales, dans le Sud, ont pu préserver et exploiter un savoir-faire ancestral en même temps qu’un arbre qui fait la spécificité du Maroc, l’arganier. Regroupées en petites coopératives, elles produisent de l’huile d’argan, de manière traditionnelle et moderne à la fois, et apprennent en même temps à lire et à écrire ainsi qu’à gérer une entreprise. Certaines d’entre elles bénéficient aussi de l’aide d’organismes étrangers comme l’Agence française du développement ou le Centre de recherches pour le développement international canadien (CRDI). Le succès de certaines coopératives a permis de casser certains stéréotypes comme la barrière hommes-femmes au travail dans le Sud marocain. Dans la coopérative Alijtihad Alfilahi de Tizagaghine, dans les alentours de Tinejdad (région de Drâa-Tafilalet), des hommes se sont joints aux femmes pour les travaux physiques. Depuis le milieu des années 90, plusieurs dizaines de coopératives ont vu le jour et offrent un emploi à 35 ou 40 femmes en moyenne. Leur revenu journalier oscille entre 50 et 65 DH. Une somme qui représente dix fois ce qu’elles gagnaient au début des années 90.


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