Khalid Aït Taleb.

La stabilisation, depuis quelques semaines, de la situation épidémiologique nationale avec une amélioration notable...

La stabilisation, depuis quelques semaines, de la situation épidémiologique nationale  avec une amélioration notable de la plupart des indicateurs a fait revenir  l’autosatisfaction du gouvernement, un temps anesthésié par la flambée de la courbe des contaminations et la hausse du nombre des morts.  Brandissant ce recul du virus comme un trophée, le Premier ministre Saad-eddine Al Othmani n’a pas résisté à l’envie de répéter que «nous avons vaincu le coronavirus ». Sans dire avec quelles armes… Même satisfaction du côté du ministre de la Santé Khalid Ait Taleb qui s’est félicité du franchissement par le Maroc du cap des 300 000 vaccinés en l’espace de 6 jours et de l’adhésion remarquable des Marocains à l’opération de vaccination. Sans dire lesquels.

En vérité, le pays a même contracté un peu trop d’enthousiasme au vu du nombre de pistonnés du vaccin-dont certains ont été attrapés en flagrant délit- qui se sont arrangés pour se faire piquer alors qu’ils ne font partie du personnel de première ligne comme les enseignants et les soignants. La fièvre de la vaccination a gagné le cercle de certains privilégiés qui, désireux de renouer avec des ailleurs qui leur manquent terriblement et de reprendre au plus vite une vie normale, ont joué de leurs appuis dans l'établissement pour recevoir leur dose. Ceux-là en ont eu leur dose d’être scotchés au sol national et ont hâte de profiter de la vie. Mais y a-t-il du plaisir à prendre dans un contexte toujours aussi covidé notamment en Occident aux prises avec de méchants variants ? Reste que le Maroc ne fait rien comme les autres. Toujours cette envie de se démarquer qui lui a fait réussir l’exploit international d’introduire de la concussion et du favoritisme dans une opération où  tous les citoyens, quel que soit leur rang social, sont censés être égaux. Une autre exception marocaine.

Le Marocain lambda, qui n’est pas pressé de se faire inoculer l’AstraZeneca ou du Sinopharm dans le bras, attend pour voir, convaincu que rien ne vaut une bonne dose de prudence. Pour une fois, monsieur tout le monde aura le recul nécessaire sur une affaire qui ne manque pas de piquant puisqu’elle suscite des avis scientifiques contradictoires… Sûr de son fait, vacciné contre le pessimisme, M. Ait Taleb, qui a omis de compter le retard inscrit désormais dans l’ADN des laboratoires, a promis le reste des flacons pour les deux prochains mois, sachant que le pays, après plusieurs mois d’attente qui ont tourné au psychodrame national, n’a réceptionné jusqu’ici que 2.500.000 doses. Allez, soyons optimistes et croisons... les bras !

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