Royal Air Maroc. Une visibilité très faible...

Une nouvelle RAM, moins plombée financièrement, devrait émerger du plan social proposé par le top management...

Une nouvelle RAM, moins plombée financièrement, devrait émerger du plan social proposé par le top management au personnel. Mais ce plan, rejeté par les représentants syndicaux du personnel, ne va pas passer comme des gouttelettes dans l’air.

La survie de la compagnie dépend de l’adoption d’une grande cure d’amaigrissement compte tenu des pertes colossales, se chiffrant à plusieurs dizaines de milliards de DH, qu’elle a accumulées depuis le début de la crise sanitaire en mars dernier. Pour retrouver sa ligne et échapper à la faillite, le transporteur, dont la flotte est toujours immobilisée au sol, devra recourir à 858 licenciements et plan de départs volontaires en faveur des collaborateurs âgés de plus 57 ans et justifiant de 15 ans d’expérience.

La suppression de postes vise principalement le personnel navigant technique et commercial, soit un total de 600 pilotes et quelque 1 200 stewards et hôtesses. Sont également concernés près de 500 employés au sol ou travaillant au siège ou dans les agences RAM… Pour réduire ses coûts, l’entreprise devra se séparer de 30% de ces effectifs. Ce qui est énorme. Cette charrette risque de provoquer des drames sociaux dans un contexte de crise très peu propice aux recrutements ou aux reconversions. Bonjour la précarité. Ce plan d’économie comprend aussi   la cession ou la location de 20 appareils (dont 4 Boeing 787), et la suspension provisoire de nombreuses liaisons.

L’État a conditionné son soutien financier à la compagnie à la mise en œuvre de ce plan social aussi douloureux soit-il que de nombreuses compagnies aériennes de par le monde ont adopté pour rester en vie.

Mais le principal syndicat, l’UMT, qui dénonce la politique du fait accompli, ne l’entend pas de cette oreille. Il compte en découdre avec l’employeur pour défendre les intérêts des employés syndiqués.  L’UMT a déjà annoncé la couleur en refusant de prendre part au comité d’entreprise convoqué à l’initiative de la direction le jeudi 2 juillet. « Il est hors de question pour nous de dire amen au plan de relance de la RAM qui est porteur de précarisation pour les 858 collaborateurs qui sont dans le viseur. », explique une source syndicale. Même son de cloche du côté des pilotes et des stewards qui réclament un plan social identique à celui de 2011, élaboré sous la présidence de Driss Benhima, qui sauvegarde leurs intérêts. « Les licenciements économiques, secs et brutaux, ne passeront pas », assène-t-on du côté de l’association des pilotes.  

Ces critiques dessinent les contours d’un bras de fer entre le top management et les représentants du personnel. Les négociations s’annoncent très difficiles dans un climat tendu. Le président Abdelhamid Addou est appelé à déployer des trésors d’énergie et de diplomatie pour faire passer son plan de redécollage pour une nouvelle RAM qui, débarrassée d’une bonne partie de ses ressources humaines, ne sera plus comme la précédente.  À moins qu’un partenaire étranger solide ne manifeste d’ici là son intérêt pour une prise de participation dans le capital de la compagnie. Ce qui lui permettrait de quitter la zone de turbulences qui menace…

Pilotes : La fin d’une époque

Les pilotes de la RAM seront placés dorénavant sous la tutelle des Forces armées royales. La décision a été prise en conseil des ministres présidé lundi 6 juillet par le souverain qui a approuvé, en sa qualité de chef suprême et chef d’État-major général des FAR, le projet de décret relatif à la réorganisation de l’École royale de l’air. La mission de formation du personnel navigant technique était assurée jusque-là par l’Académie internationale Mohammed VI de l’aviation civile depuis que l’ex-président de la RAM Driss Benhima a décidé en 2011 de fermer l’école des pilotes de la compagnie dans le cadre de la restructuration de l’entreprise.

En plus de permettre aux compagnies aériennes nationales de bénéficier de la technicité reconnue des FAR dans le domaine de l’aviation, cette nouvelle réforme, voulue par le chef de l’État, est un coup dur pour l’association marocaine des pilotes de ligne (AMPL).  Les patrons qui se sont succédé à la RAM se sont tous plaints des agissements en lobby puissant de cette association qui arrivait à imposer ses décisions au top management de l’entreprise. « Pour ne pas perturber la bonne marche de la RAM, les présidents n’avaient d’autre choix que de composer avec les pilotes qui en profitaient pour dicter leurs conditions qui sont souvent abusives », explique une source interne. On leur a coupé les ailes pour ne plus voler très haut ?

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