Saaid Amzazi face à plusieurs équations complexes...

Entre les cours à distance préconisés par l'Éducation nationale comme principal mode d'apprentissage...

Entre les cours à distance préconisés par l'Éducation nationale comme principal mode d'apprentissage et le mode présentiel érigé en option sous conditions, les Marocains ont fait un autre choix : celui de réprimander vertement le ministre de tutelle.

Pour une fois que le ministère du pôle Éducation a pris une décision correcte, les critiques ont fusé de partout. Sur les réseaux sociaux, nombre d'internautes, en désaccord complet avec la décision du ministre Saaïd Amzazi de donner aux parents d'élèves le choix entre l'enseignement à distance et les cours en présentiel, lui sont tombés à bras raccourcis. Plutôt que de se prononcer sur le dispositif pédagogique qui leur semble judicieux en argumentant, ils ont préféré réprimander le ministre en le mettant au piquet !  

Entre commentaires peu amènes frôlant parfois l’injure et envolées où l’excès le dispute à l’inconséquence, il y a de quoi perdre son latin et s’interroger sur les ressorts de ce déchaînement de colère qui relève parfois de l’irrationnel. Certes, dans un communiqué daté du 22 août, le ministère de tutelle a érigé l'enseignement à distance en principal dispositif d'apprentissage avec possibilité d'opter pour les cours présentiels pour ceux qui le désirent. Mais en général avoir le

choix, c’est mieux que de ne pas en avoir du tout et de devoir se rabattre sur une seule option synonyme de frustration. Telle n’a pas été la démarche du gouvernement qui, pour la rentrée scolaire 2020-2021 prévue le 7 septembre, a tenu à donner aux familles la possibilité de choisir la formule qu'elles auront jugée convenable et adaptée à leur situation dans ce contexte de crise sanitaire qui n’en finit pas de perturber tous les calendriers. La question se présente ainsi : ceux que le présentiel n'arrangent pas pour une raison ou une autre n’ont qu’à adhérer aux cours virtuels et ceux que cette école à la maison ne trouve pas grâce à leurs yeux feront en sorte que leurs enfants prennent le chemin de l'école réelle.

Or, le choix de cette formule est conditionné au renseignement par les parents d’un formulaire et au respect par les établissements scolaires concernés des mesures sanitaires requises (masque, gel hydroalcoolique, distanciation sociale...). Les mécontents ont cru lire dans ce document à remplir une responsabilisation des parents invités implicitement à assumer leur choix et ses conséquences éventuelles au cas où leurs enfants choperaient le virus… N’étant pas visiblement disposés à prendre leur part de responsabilité, ceux-là tirent à boulets rouges sur le présentiel qu'ils jugent porteur de risque pour la santé de leur progéniture. Or le risque zéro n'existe pas et il faut bien de ce fait prendre le risque de la vie (scolaire) comme beaucoup de Marocains ont pris celui des déplacements à l'occasion de la fête du sacrifice ou des vacances estivales...

Pour leur part, les détracteurs de l’enseignement à distance (EAD) le dénoncent pour cause de son inefficacité qu’ils ont eue tout loisir de constater de visu durant la période du confinement, les parents ayant été obligés de jouer les professeurs pour combler les insuffisances de cette méthode en ligne. Ces derniers sont en effet fondés à critiquer une école virtuelle qui, en plus de ne pas être au point, n’est pas adaptée surtout pour les enfants en bas âge qui ont besoin pour assimiler leurs leçons d’être devant un professeur en chair et en os, entre quatre murs. Certains enseignants ont profité de cette situation de confusion et d'incertitude, alimentée surtout par la peur surjouée du virus, pour proposer leurs services en ligne afin d'animer l’école à la maison mais en présentiel au profit des enfants des familles nanties. Là aussi, l'économie du Covid marche à plein régime…

Entre les contempteurs du présentiel en raison du risque sanitaire potentiel qu’il charrie et les détracteurs de l'école à la maison pour son inefficience avérée, il y a une troisième voix qui s’est fait entendre. Celle du report pur et simple de la rentrée scolaire à début janvier 2021, appuyé curieusement par les résultats d'un prétendu sondage réalisé du 13 au 20 août par l'Union des parents d'élèves de l'enseignement privé au Maroc auprès d'un échantillon de parents ! Autrement dit, vive la prolongation des vacances corona qui ont démarré en mars dernier! Mais il est hors de question de reporter la rentrée des classes, a répondu, droit dans ses bottes, Saaïd Amzazi devant les députés mercredi 26 août. Que ce soit dans la virtualité ou dans la réalité, amélioration ou pas de la situation épidémiologique nationale, le retour à l’école aura bel et lieu le 7 septembre. Entre la frousse et la trousse, M. Amzazi a fait, lui, clairement son choix !

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