Les auto-entrepreneurs, bâtisseurs du nouveau modèle de développement du pays et au-delà de l’Afrique

La voie de l’avenir
29/7/2022 12:15
Les auto-entrepreneurs ont besoin du soutien des entreprises du secteur formel pour réussir…

La création d’une entreprise est un long chemin parsemé d’obstacles.

La création d’une entreprise est un long chemin parsemé d’obstacles.

De nombreux efforts ici et là doivent urgemment être consolidés pour agir en écosystème tourné vers l’auto-entrepreneur et non pas en « ego système» où triompherait la devise : Qui perd perd.

Je pense qu’il faut promouvoir l’Acte d’Entreprendre en amont à l’école et surtout ne pas le confondre avec Création en « green field » c’est-à-dire de 0, mais plus tôt en reprenant une affaire existante.

Il est vrai que c’est plus long, mais il n’en est pas moins puissant pour créer du lien social entre les générations et surtout sauver de la fermeture toutes les très petites entreprises, plus de 80% de notre tissu économique, essentiellement dans l’informel où le capitaine a plus de 70 ans et continue de travailler car il n’a pour seule retraite que de monter le rideau de son magasin tous les jours. Juste pour information, en parallèle, 300 000 jeunes sortent du système scolaire sans aucune perspective que de broyer du noir. Monter un projet global intégré qui crée de la valeur immatérielle pour l’entrepreneur qui veut transmettre en mettant en place une académie d’accompagnement et de formation de  tous nos jeunes pour prendre le relais et monter une auto-entreprise en 3 clics… dans le formel avec un filet social pour lequel nous avons milité depuis des années : c’est la CLE.

Cette connexion générationnelle va mécaniquement accélérer le digital, afin de faciliter la promotion, mais aussi les outils d’exercice et d’évolution pour les autoentrepreneurs. Idem pour le financement, nous devons être smart et surtout ouverts pour ramener l’argent et ses ingrédients (le réseau et l’accommagnement) en déployant rapidement le Crowdfunding sur ses trois dimensions (capital, don et prêt) et en accélérant le vote de la loi sur les business angels. Et tout ça doit être porté par le Small business act (SBA), que nous estimons être un cadre qui va solutionner de nombreux problèmes liés à l’entrepreneuriat. Je plaide pour que le SBA soit mis en place au Maroc (hier !!!) et soit dupliqué ailleurs sur le continent. Il y a de l’urgence en parallèle à implémenter le statut d’autoentrepreneur sur le continent pour donner aux gens de la dignité, surtout montrer que c’est un système qui est agile avec des taux d’imposition fiscal et social tellement faibles qu’il n’y a pas d’équivalent pour désarmer l’informel.

Je pense que le Maroc doit prendre ses responsabilités de leader et être chef de file pour porter ce projet devant l’Union Africaine. Cette dernière doit avoir un rôle de chef d’orchestre et cartographier le projet de SBA en scindant la partie transverse commune à tous les pays et celle spécifique pour mieux drainer les ressources nécessaires propres ou externes vers nos besoins de façon optimale.

L’Union des auto-entrepreneurs à travers tous ses membres associatifs et entreprises lancent sans cesse des plaidoyers pour être entendus et assoir ce statut pour aider nos concitoyens à sortir de l’informel ou à démarrer un projet dans le formel. Elle a mis en place une plateforme digitalisée DATI CONNECT, disponible sur Apple store et sur Android pour leur apporter de la formation, information et du lien dans la communauté pour rompre l’isolement.

Hub Africa avec l’appui de l’Afrique qui ose et BDO forment les jeunes africains Marocains inclus sur des cycles de 5 jours sur l’Esprit d’Entreprendre.

Nous avons mis en place une plateforme d’intelligence économique, en partenariat avec l’École de guerre de Paris. Pour le moment, nous avons soumis notre SBA 4 Africa à l’Union Africaine, la BAD, l’UNICA pour ne citer que ces derniers pour le plaidoyer, et ça prend du temps. Mais il y a la confiance qui existe entre nous. C’est le début du chemin de la réussite. La clé et la finalité, c’est de mettre l’Afrique sur la première marche du podium pour les entrepreneurs et exerçant cette fois-ci dans le formel. Nous devons donner du sens, cela passe par asseoir une confiance mutuelle et des quick wins pour ne pas décourager et surtout attirer les indécis et faire taire les récalcitrants qui croient à tort que l’informel c’est le paradis du business

Dans ce « New Normal » qui ne dit pas son nom, il faudra profiter de cette période où l’on fait un peu d’introspection, pour réfléchir comment apporter un bien indispensable à tous ces « hors la loi » malgré eux, ces entrepreneurs de l’informel qui travaillent à mi-temps (12 heures par jour) sans aucune couverture sociale. Leur vraie assurance et précieux capital c’est leur santé. Nous devons agir vite et répondre à leur attente légitime. Et en parallèle, les auto-entrepreneurs, artisans et assimilés souvent dans l’informel doivent être soutenus par les entreprises (du formel) pour qui ils travaillent. Ces derniers doivent accepter d’être dans cette période exceptionnelle leur « banquier ou assureur » en leur accordant des avances remboursables sur opérations futures.

L’objectif c’est de permettre à celles et ceux qui ont osé entreprendre ou créer une entreprise de pouvoir aussi avoir un ballon d’oxygène à l’instar des salariés (indemnité perte d’emploi) et ne pas mettre la clé sous le paillasson. Cette période de pseudo normalité est critique.

L’Union des auto-entrepreneurs veut pousser sa communauté à donner l’exemple sur deux points.  Primo, payer au minimum du Smig ses employés de maison opérant à plein temps et secundo leur garantir une couverture sociale.

Soyons égoïstes, partageons et donnons à cette population fragile la dignité qu’elle mérite. L’utilisation du véhicule juridique qu’est l’Auto-Entrepreneur est une aubaine pour leur offrir un cadre pour sortir de l’informel et bénéficier de tout le dispositif de relance initié par l’État, Tamwilkoum et les banques.

Tout ça pour dire, que cet arrêt sur image (le ou la Covid) qui nous a tous cloué au sol pendant près de deux ans, c’est aussi l’occasion de se rappeler que Dieu existe et que la frugalité n’est pas l’apanage des pauvres mais le flambeau des patriotes qui veulent réussir ensemble !!!

Notre pays a réalisé de belles choses, nous attendons beaucoup de notre plan de relance qui doit mettre à sa juste place l’auto-entrepreneur. Nous espérons que le nouveau statut de Tamwilkoum (ex-CCG), sa transformation en SA et le rappel dans son appellation le « financement de l’Entreprise » apportera avec lui plus d’agilité et de flexibilité pour nos auto-entrepreneurs, pas souvent très souvent pas préparés à négocier avec la banque.

Nous sommes prêts à être acteurs du changement positif attendu des résultats de la commission sur le nouveau modèle de développement mis en place sur hautes instructions Royales.

C’est possible de sortir par le haut avec un cadre structurant qu’est le nouveau modèle social en ayant une posture du Colibri. Le Maroc a tous les atouts pour mettre au point et déployer un projet de société inclusif exemplaire à l’échelle du continent qui mettra en avant stabilité, vision et intelligence collective.

Alors, à nous de jouer et de faire entendre notre voix déterminée et donner une chance nos actions win-win pour une Performance Globale.

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