Suite à l’annonce du confinement général, bon nombre d’entreprises ont tiré la sonnette d’alarme. Ne pouvant se convertir au télétravail...

Suite à l’annonce du confinement général, bon nombre d’entreprises ont tiré la sonnette d’alarme. Ne pouvant se convertir au télétravail, les patrons de petites, moyennes et même grandes entreprises doivent faire face à l’arrêt technique et temporaire de leur activité. Certains, toutefois, se sont vite adaptés en initiant une reconversion plutôt inattendue. C’est le cas notamment de Yassine Ndali, Jamal Bachiri et Younes Belfatmi, trois cadres de l’OCP qui ont lancé un raccord qui permet de doubler la capacité des respirateurs artificiels. L’histoire est admirable et digne d’une belle success story. Le principal objectif était à la base d’encourager les employés de l’office à proposer des idées novatrices susceptibles de soutenir l’effort collectif  durant de cette crise.

De la publicité à la confection

Yassine Ndali a eu l’idée astucieuse d’utiliser une imprimante 3D à disposition dans le FabLab de l’OCP Khouribga. Lorsqu’il publia son invention, elle attira au l’attention de Jamal Bachiri qui fera appel à Younes Belfatmi, son ancien stagiaire, afin qu’il mette en œuvre sa maîtrise de l’impression 3D.

Suite à une discussion avec un médecin réanimateur, le doigt est vite mis sur le problème: les respirateurs artificiels disponibles, tels qu’ils fonctionnent, ne sont utilisés que par un seul patient. Il est pourtant possible de brancher le dispositif  à plusieurs personnes.  Il suffit juste de créer un raccord permettant de multiplier la puissance des respirateurs artificiels. Il fallait y penser. Deux nouveaux modèles ont déjà été livrés à l’hôpital de Khouribga.

À Tanger, les exemples de reconversion ne manquent pas. Une agence de publicité a reçu la visite d’une chaîne de télévision française pour un petit reportage. Son apport positif à la crise du Covid-19 ? L’agence s’est reconvertie en confectionneur de visières en plastique dur. Les employés de l’agence sont sortis de leur confinement uniquement pour lancer cette nouvelle activité dont les médecins des quatre coins du Maroc ont extrêmement besoin. «Notre but est d’atteindre d’ici 24 à 48 heures, la production de 2.000 masque », déclare sur un ton fier Naoufal Alaoui, directeur général de Iyaa Pub. A l’instar de cette agence de publicité, plusieurs entreprises ont rejoint la chaîne de solidarité en mobilisant à titre bénévole leurs équipements (plexi glace, imprimante, machine de découpe…) au service des hôpitaux.  

Des étudiants en force face au Covid-19

Le modèle de la visière est partagé librement par les Marocains sur Facebook, permettant ainsi aux collectifs solidaires du monde entier de s’en inspirer afin de concevoir leur propre matériel de protection. Nul besoin d’être un professionnel de grande expérience pour avoir de bonnes idées. Les étudiants de l'Ecole marocaine des sciences de l'ingénieur (EMSI) l’ont prouvé. Imaginé par un groupe d’étudiants issus de cet institut, le projet « African Savirour » vise à détecter la maladie à l’aide de drones. Pour éviter la contamination, cet engin volant est muni d’un matériel de dépistage nasal. Cependant, il faudra que le corps médical prenne de grandes précautions pour éviter qu’un malade n’éternue sur le drone et disperse ainsi le virus.  «Nous voulons réduire ces risques pour pouvoir sauver les médecins et, qu'à leur tour, arrivent à sauver le maximum de personnes», a indiqué Kamal Daissaoui, directeur général de l'EMSI, dans le communiqué.

Après les drones, vient l’application. Les malades potentiels n’auront pas besoin de se déplacer. Ils devront cocher des symptômes et informer l’application de leur état afin que le médecin puisse déterminer si le patient a besoin ou pas d’une intervention et d’un prélèvement.

C’est cette application qui indique aux patients comment se servir du drone. Ce dernier sera accompagné de gel hydro-alcoolique et de gants à usage unique. L’appareil transportera alors le prélèvement à l’hôpital après être passé par un point de désinfection.

Le second projet porte le nom de « Digital System Medical Respiratory » (Système respiratoire digital et intelligent). C’est un système connecté qui communique l’état du patient aux médecins qui pourront ainsi visualiser le débit, la pression et la fréquence. Le troisième projet proposé par les étudiants de l’EMSI porte sur une autre application mobile dont la fonction est de digitaliser les ordonnances. Le médecin pourra créer son ordonnance et la valider avant de l’envoyer au patient. Cette procédure digitalisée permet d’éviter  de toucher le papier, considéré comme source de contamination au coronavirus. Chaque patient sera doté d’un code QR qu’il pourra envoyer à la pharmacie et recevoir ses médicaments sans avoir à se déplacer au risque de contribuer à la propagation du virus. Ce n’est pas encore de la grande technologie pointe. Mais ces petits projets innovants montrent encore une fois le potentiel de créativité des Marocains. Encore faut-il que les pouvoirs publics leur accordent de l’intérêt et que les industriels financent la production des idées ingénieuses made in Morocco. C’est à ce prix que le Maroc pourra instaurer sa souveraineté industrielle compromise par les importations massives des produits des autres. Le coronavirus a provoqué la fermeture des frontières internationales. Mais il est en train partout dans le monde d’induire une ouverture salutaire des esprits…

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