CANETON FOUINEUR

Les autorités marocaines inquiètes face au rebond des cas positifs

Le Covid ou les devises…
La rédaction
7/7/2021 1:55
Khalid Aït Taleb, ministre de la Santé.

Tant que le Maroc était fermé aux flux touristiques, la situation épidémiologique était stable avec des cas de contaminations et de décès quotidiens minimes.

Et voilà le Covid en train de revenir en force au Maroc après plusieurs semaines de stabilisation des indicateurs (1279 cas positifs enregistrés le mercredi 7 juillet)... Ce qui fait craindre le pire aux autorités qui ont donné des consignes aux forces de l’ordre de durcir les contrôles… En fait, ce rebond épidémique n’a rien de surprenant. Il était prévisible dès lors que les autorités ont fait le choix de rouvrir depuis le 15 juin les frontières nationales (terrestres, maritimes et aériennes) aux voyageurs internationaux. D’ailleurs, le chef de la division des maladies transmissibles, Abdelkrim Meziane Belfkih, qui a présenté il y a quelques jours le bilan sanitaire, a situé à la mi-juin la reprise de la propagation des infections…Tant que le pays était fermé aux flux touristiques, la situation épidémiologique était stable avec des cas de contaminations et de décès quotidiens minimes.  

Il faut savoir ce qu’on veut. On ne peut pas avoir les devises sans le virus. Ils circulent ensemble. Comme dit un adage bien de chez nous, celui qui veut le miel doit accepter les piqures des abeilles. Il suit de là que le ministère de la Santé doit gérer la situation sur le terrain, prendre en charge les cas graves au lieu de chercher de faire de la population « qui a tombé le masque et ne respecte pas les gestes barrières » le bouc émissaire de la dégradation des indicateurs sanitaires en menaçant les Marocains d’un nouveau durcissement des restrictions, voire d’un retour du confinement.

Or, le Maroc est loin d’être un cas isolé.  Tous les pays- y compris ceux ayant fait vacciner la majorité de leur population- ayant décidé de lever les restrictions devant les flux des voyageurs étrangers (France, Grèce Grande-Bretagne, Portugal, États-Unis, Israël…) sont dans la même barque qui tangue. Confrontés aux signes inquiétants d’une nouvelle vague... Depuis qu’il a décidé de débarquer sur la planète, le Covid a suffisamment démontré qu’il ne s’épanouit et ne se propage à grande échelle que dans la circulation des hommes qui en bougeant le font voyager à leur insu aux quatre coins de la planète. Un globetrotter invisible qui à l’inverse des humains ne prend pas de vacances. Le virus, en perpétuelle transformation depuis son apparition en Chine en décembre 2019, a muté désormais en Delta- en formulant l’espoir qu’il vire en epsilon- se moque des frontières et des listes que l’on établit ici et là pour espérer le contrer. Vaine entreprise. Tentatives illusoires.

L’envolée des contaminations au Maroc coïncide avec la fête du sacrifice, le fameux Aïd El Kebir, qui rime avec déplacements massifs d’une bonne partie de la population. Du coup, ressurgit la peur de disséminer le virus dans toutes les régions du pays et de faire flamber la courbe des contaminations, comme ce fut le cas lors de la même célébration de l’année dernière. La crainte de voir les services de réanimation arrivés à saturation sous l’afflux des malades est aussi dans l’air…Un scénario en principe peu probable étant donné que le pays a vacciné depuis plusieurs mois la population âgée et souffrant de comorbidités. En principe car être vacciné - des exemples existent - ne fait pas éviter le risque de choper ou de transmettre le virus mais protège selon, certains experts, des formes graves. Cela dit, plus d’une année et demie après son apparition, l’on voit bien que le Covid n’a rien perdu de son mystère ni de son imprévisibilité, décidé qu’il est à donner encore du fil à retordre aux humains…Seule alternative : apprendre à vivre avec…Vive le vivre-ensemble !

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