CANETON FOUINEUR

L’hôpital de campagne de Casablanca handicapé par des insuffisances chroniques

Le cri d’alarme des soignants
Ahmed Zoubaïr
18/3/2021 1:46
Donner les moyens aux soignants pour bien s'acquitter de leur mission...

L’hôpital de campagne de Casablanca n’est pas équipé pour prendre en charge correctement les malades du Covid...

L’hôpital de campagne de Casablanca n’est pas équipé pour prendre en charge correctement les malades du Covid qui présentent souvent des maladies chroniques. Résultat : certains patients décèdent alors qu’ils auraient pu être sauvés.

«Le ministre de la santé doit quitter son bureau ministériel et enfiler sa blouse pour venir s’enquérir de ce qui se passe dans l’hôpital de campagne de la foire de Casablanca »,  lance, excédée, une infirmière, les traits tirés et la voix fatiguée qui s’affaire auprès d’un patient visiblement en détresse respiratoire. «C’est tous les  jours comme ça », ajoute-elle, sans quitter des yeux le malade d’un certain âge. « Nous risquons de le perdre d’un moment à un autre s’il n’est pas transféré d’urgence en soins intensifs », lâche-t-elle en  esquissant une moue qui en dit long sur son désespoir.

Justement, l’hôpital de campagne de Casablanca, construit dans la foulée de la première vague épidémique  de l’année dernière pour faire face au flux des malades,  est équipé seulement d’Optiflow, un dispositif d’oxygénothérapie haut débit. Sauf que  ce dispositif s’avère insuffisant pour les formes  graves qui, présentant des comorbidités, nécessitent un transfert en service de réanimation dont l’hôpital monté près de la foire ne dispose pas ! Or,  parmi  le flux des malades casablancais que cet établissement,  par ailleurs bien alimenté  en médicaments et autres dispositifs médicaux, est le seul à accueillir tous les jours, figurent des  sujets atteints de maladies chroniques.

Résultat : depuis quelques semaines, il ne se passe pas un jour sans que cet établissement n’enregistre des morts faute de prise en charge adéquate des «covidés» souffrant de comorbidités que le personnel soignant découvre généralement sur place.  Supposés soigner des patients qui ne présentent pas des formes graves, les médecins se retrouvent du coup démunis face à des cas critiques qu’ils ne peuvent pas sauver en raison de l’inexistence  par exemple d’un système d'hémodialyse pour les insuffisances rénales ou une unité de gynécologie pour les femmes enceintes qui risquent de faire une hémorragie… Ni lits de réanimation ni dispositifs de prise en charge des malades chroniques et une certaine désorganisation. Ces dysfonctionnements assortis d’une réclamation de les corriger d’urgence ont été portés par les dirigeants de l’hôpital à la connaissance des responsables de la Santé du Grand Casablanca. Sans résultat pour l’instant. A la fatigue physique du fait d’une charge de travail épuisante s’ajoute la douleur psychologique de ne pas pouvoir sauver des vies. Le tout aggravé par une insuffisance des effectifs, 3 médecins par garde, un seul réanimateur et 7 infirmiers.  

Drame

Il faut évidemment plus de personnel pour soigner plus d’une centaine de malades du covid par jour dont la majorité souffre de pathologies graves. Malgré la difficulté extrême de leurs conditions de travail, les soignants de l’hôpital de la foire se mobilisent jour et nuit, prennent sur le temps de repos pour affronter une situation qui dépasse souvent leurs possibilités.

Un vent de découragement profond et d’épuisement général souffle sur l’établissement. Surtout depuis que la mort commence à rôder dans les services… Parmi les cas de décès, on recense ici des cas de thrombose qui ont aggravé l’état de certains malades qui ont reçu la deuxième dose du vaccin AstraZeneca. Y a-t-il un lien de cause à effet avec ce vaccin  dont l’usage a été suspendu au nom du principe de précaution  dans de nombreux pays européens  en raison de  cet effet secondaire? A l’hôpital de la foire, personne n’ose se prononcer sur ce problème en l’absence d’un lien avéré avec le vaccin britannico-suédois que le ministère de la Santé a décidé du reste de maintenir. Certains soignants éclatent en sanglots en apprenant en plein travail que le malade placé sous Optiflow est passé de vie à trépas. Le sentiment de culpabilité prend le dessus. «On aurait pu…», cette phrase hante les esprits en les torturant. Khalid Aït Taleb restera-t-il insensible aux drames qui se nouent à l’hôpital de campagne de la plus grande ville du pays ?

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