CANETON FOUINEUR

Ils appellent leur gourou déchu à la rescousse...

Le dernier baroud d’honneur des islamistes aux abois
Abdellah Chankou
6/9/2021 0:26
Benkirane, la mauvaise foi et la roublardise comme seuls arguments...

Conscients qu’ils ont perdu la confiance populaire qui leur a ouvert les portes du pouvoir, les islamistes légalisés ont fait appel à Benkirane et ses boniments dans l’espoir de décrocher un troisième mandat. Mais la messe semble être dite.

Au secours !, les islamistes du PJD sont aux abois. Fébriles. Hargneux. Égarés comme un troupeau sans berger ! Ayant senti au contact de la population  sur le terrain électoral que les vents de la politique ont tourné en leur défaveur et que la popularité qui  leur a permis d’être portés  au pouvoir il y a une décennie s’est considérablement érodée, ils ont appelé à la rescousse leur gourou déchu, envoyé aux oubliettes après avoir montré son vrai visage et perdu son influence jusqu’au sein de son propre parti : Abdelilah Benkirane. Mais malgré sa perte de crédibilité aux yeux des siens, celui-ci peut servir la bonne cause des islamistes : leur maintien au pouvoir dont ils veulent prolonger à tout prix le bail ; il fait figure de leur dernière carte à jouer avant le verdict des urnes, l’espoir infime auquel ils s’accrochent pour éviter une déroute annoncée lors des élections du 8 septembre.

Enveloppé dans une gandoura blanche, le visage impavide, Benkirane s’est mis en scène deux jours avant le jour du vote dans une vidéo (postée sur son compte Facebook), dirigée exclusivement contre l’homme à abattre qu’il cite nommément dans un exercice qui frôle la diffamation et l’injure.  Le seul de taille à botter les islamistes hors du pouvoir et qui les empêche depuis plusieurs mois de « siester » tranquillement : Aziz Akhannouch. Avec un art consommé du boniment dont il a abreuvé les Marocains pendant son mandat à la primature et qu’il croit pouvoir encore tromper aujourd’hui, l’ex-patron du PJD a martelé pendant 12 minutes, un seul et même faux argument : Aziz Akhannouch n’est pas un homme politique ; il « n’a jamais milité au sein d’un parti » et ne mérite pas de ce fait d’être chef de gouvernement, assène-t-il en substance ! Benkirane persiste avec ses lunettes déformées par sa propre mystification  à ne voir dans le président du RNI qu’un homme d’affaires « qui a beaucoup d’argent »-comme si le fait d’être opérateur économique était une étiquette infâmante qui ne qualifie guère à assumer une telle charge - alors que le président d’Akwa Group a fait montre, de l’avis de tous, de ses grandes capacités gestionnaires en tant que ministre de l’Agriculture, des Pêches maritimes et développement rural. La même expertise a été déployée, n’en déplaise à Benkirane et ses  congénères, par les ministres RNI qui ont sans conteste sauvé la mise aux gouvernements islamistes dirigés successivement par Abdelilah Benkirane et Saaeddine Al Othmani.

De l’avis de tous aussi, le Maroc dans la phase décisive actuelle a besoin impérativement de rompre avec l’ère des vieux briscards de la politique à la sauce Benkirane pour renouer avec des profils experts et expérimentés  dans le domaine économique où se joue essentiellement l’avenir du Maroc post-covid. Mais, vous l’aurez compris, l’objectif poursuivi par Benkirane est clair: En attaquant bille en tête, il dévoile ses intentions au grand jour : désigner Aziz Akhannouch à la vengeance des électeurs pour le discréditer et empêcher ainsi l’arrivée du RNI en tête des législatives... Et puis, un Premier ministre dans la vision fantasmée benkiranienne  doit avoir son profil ou celui de son successeur  qui ont dévalorisé la fonction sans avoir apport, l’un comme l’autre, la moindre valeur ajoutée au pays. Ni montré, ainsi que tous les autres ministres PJD, une quelconque compétence dans la gestion des affaires publiques.  

Dans une énième tentative désespérée de manipulation des esprits, Benkirane espère infliger encore au Maroc et aux Marocains un troisième mandat islamiste sous la férule peut-être de  Idriss El Azami Idrissi,  le ministre « biliki » qui a fait long feu,  l’obligé de Benkirane, qui, il y a quelques jours, s’est lâché également dans une longue diatribe hystérique contre Aziz Akhannouch sur son ambition de devenir Premier ministre.  

Au fait, de quel militantisme politique se prévaut Abdelilah Benkirane et de quelle compétence peut-il se targuer ? Celle de quémandeur, après son échec en 2017 à former un gouvernement, d’une pension de retraite exceptionnelle à 90.000 DH ?  Une demande qu’il avait justifiée par son appauvrissement tout en soutenant presque les larmes aux yeux qu’il ne possédait même pas de maison et qu’il habitait chez sa femme…A la faveur de cette affaire sulfureuse, les Marocains y compris le citoyen lambda ont découvert le vrai Benkirane. Dans le rôle pour le moins inattendu de celui qui « a vendu le singe et s’est moqué de son acheteur »…

Dix années de pouvoir du PJD auront été édifiantes à plus d’un titre.  Jamais parti politique n’a fait subir au Maroc - en accréditant pour l’exercice du pouvoir des profils sans expérience ni sens de l’initiative - une gestion aussi désastreuse des affaires publiques. Pendant une décennie, le changement, il faut le reconnaître, a eu lieu. Mais pas celui promis à la population par Benkirane et ses amis. Ce changement s’est manifesté principalement dans le train de vie des ministres islamistes, les Rabbah, Khalfi, Amara, Ramid et autres Yatim.  Sans parler des divers scandales de mœurs qui ont entaché l’image du parti, tous ont changé de standing social, de voiture, de maison et même de femmes pour certains d’entre eux…  Le PJD des années du dénuement s’est embourgeoisé à vue d’œil en s’éloignant des couches défavorisées qu’il prétendait défendre sur les travées de l’opposition à grands renforts d’envolées lyriques populistes.  

Citez-moi un seul ministre PJD qui a changé la face du secteur dont il avait la charge !  Il n’y en a pas.  Et pourtant, ils ont produit du changement, Rabbah et ses amis. N’ont-ils pas changé de look (la barbe fournie à la talibane a cédé la place à une autre tendance finement ciselée) et troqué leur gandoura et sandales contre des costumes-cravates de marque ? Que veut le peuple ? A défaut de pouvoir changer le pays, le pouvoir les a changés. Et pas qu’un peu…

Après le mandat guignolesque de Benkirane et son esprit retors, les Marocains ont eu droit, pour changer, à Al Othmani qui est brut de décoffrage. On a eu droit avec le psychiatre de la primature, qui n’en revient toujours pas d’avoir accédé à cette fonction, aux inepties débitées de manière sincère et sans arrière-pensée politiques avec de temps en temps des lapsus d’un comique extravagant.  Contrairement à ce que d’aucuns peuvent penser,  les islamistes marocains légalisés n’ont pas été victimes de l’usure du pouvoir pour la simple raison qu’ils n’ont pas su l’exercer alors qu’ils ont réussi à le conquérir à la faveur d’un pur concours de circonstance  qu’est le fameux et néanmoins fumeux Printemps arabe. Mais pourquoi, diantre, cherchent-ils à se maintenir encore aux affaires alors qu’ils ont administré de façon klaxonnante la preuve de leur incompétence ? Pas d’autre explication que leur addiction au confort du pouvoir et le goût qu’ils ont pris pour les  lambris et les ors du Royaume.  Rein ne leur fait en effet peur que la perspective d’un retour dans l’opposition qu’ils savent aura d’avance pour eux l’allure d’un purgatoire…

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