CANETON FOUINEUR

Le Maroc et l’Espagne décident de relancer le GME fermé par l’Algérie

Le gaz pour réchauffer les relations maroco-espagnoles ?
Jamil Manar
17/3/2022 1:45
Le Premier ministre socialiste espagnol Pedro Sanchez.

Le Maroc pourra commencer à importer du gaz naturel liquéfié (GNL) dès le début du mois d’avril via le Gazoduc Maghreb-Europe (GME)...

Le Maroc pourra commencer à importer du gaz naturel liquéfié (GNL) dès le début du mois d’avril via le Gazoduc Maghreb-Europe (GME) que le pouvoir militaire algérien, tout à sa haine contre le Maroc, a décidé de manière unilatérale de condamner fin octobre 2021.

C’est la ministre de la Transition énergétique Leila Benali qui en a fait l’annonce lors de la 15e édition du Forum de l’énergie, qui s’est ouvert lundi 14 mars à Rabat. Jeudi 3 février déjà, le gouvernement espagnol avait rendu public un communiqué où il a fait état de sa décision d’aider le Maroc à « garantir sa sécurité énergétique » en lui permettant d’acheminer du gaz à travers le GME. Cette décision est une gifle aux autorités algériennes qui ont fait pression sur Madrid pour empêcher l’inversion des flux gaziers dont le Maroc a besoin pour alimenter ses centrales électriques. « Le Maroc a demandé un soutien pour garantir sa sécurité énergétique sur la base de [nos] relations commerciales, et l’Espagne y a répondu favorablement, comme elle l’aurait fait pour tout partenaire ou tout voisin », a expliqué le ministère espagnol de la transition écologique dans son communiqué qui ajoute :  « Le Maroc pourra acquérir du gaz naturel liquéfié (GNL) sur les marchés internationaux, le faire livrer dans une usine de regazéification de l’Espagne péninsulaire et utiliser le gazoduc du Maghreb (GME) pour l’acheminer vers son territoire ». Les volumes importés viendraient en complément des quelque 350 millions de mètres cubes par an, fournis depuis le gisement de Tendrara à l’est du Maroc par le britannique Sound Energy en vertu d’un accord signé en novembre dernier avec l’ONEE. Ce gaz marocain transitera à son tour par le GME.  

Depuis la fermeture du GME le 1er novembre 2021-, entré en service en 1996- l’Espagne est approvisionnée en gaz algérien via le gazoduc sous-marin Medgaz dont la capacité est de 10 milliards de m3 par an contre 13,5 milliards de m3 pour le GME. La coopération gazière maroco-espagnole est de nature - c’est le cas de le dire - à réchauffer les relations entre les deux pays en froid depuis plusieurs mois à cause de l’affaire Brahim Ghali.

Le pipeline de l'avenir Afrique-Europe

Sur le long terme, la solution idéale réside dans la concrétisation du projet de gazoduc Nigeria-Maroc dont la convention a été signée en décembre 2016 à Abuja entre S.M le Roi Mohammed VI et le président nigérian Mohammadu Buhari. Pharaonique, ce projet offshore, long de 5.000 km, reliera le Nigeria, troisième producteur de GNL en Afrique, au Maroc et à l’Europe en passant par plusieurs pays africains qui peuvent s’approvisionner en gaz en cours de route. Cet investissement colossal revêt une dimension toute particulière dans le contexte actuel marqué par l’invasion russe de l’Ukraine. Ce conflit a engendré entre autres conséquences économiques une déstabilisation sans précédent du marché gazier international préjudiciable, essentiellement aux intérêts de l’UE dont les membres sont très dépendants du gaz russe. La sécurité énergétique européenne passe assurément par l'axe Rabat-Abuja.

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