Driss Chraïbi, député du RNI de Hay Hassani à Casablanca.

Député du RNI de Hay Hassani à Casablanca, Driss Chraïbi explique dans cet entretien les mesures concrètes prises par le gouvernement...

Député du RNI de Hay Hassani à Casablanca, Driss Chraïbi explique dans cet entretien les mesures concrètes prises par le gouvernement pour atténuer   les effets de la crise sanitaire sur les couches socialement vulnérables.

Un certain nombre d’appels fleurissent depuis quelques jours sur les réseaux sociaux pour manifester dans plusieurs villes du Maroc contre la hausse des prix et la vie chère à l’occasion du 11ème anniversaire du mouvement du 20 Février. Le gouvernement et son chef sont la première cible de ce qui ressemble à un ras-le-bol social qui monte. Quelle lecture faites-vous de cette situation ?

En effet, le Maroc connaît depuis quelques mois une augmentation des prix de certaines denrées alimentaires de première nécessité conjuguée à une hausse significative du prix des carburants et du gaz. Au gouvernement et au sein du RNI, nous avons entendu cette exaspération sociale qui exprime sans nul doute une souffrance d'une large frange de la population et nous œuvrons pour en atténuer l'intensité.


Certains accusent l’Exécutif d’être à l’origine de la vie chère. Que leur répondez-vous ?

Ce n'est pas vrai. Le gouvernement n’a pris aucune décision ayant favorisé le renchérissement des prix des denrées alimentaires de première nécessite et ceux des carburants dans les stations d’essence.

Bien au contraire. Il est récemment intervenu pour stopper cette spirale des augmentations en empêchant les transporteurs de marchandises d’augmenter les tarifs de leurs prestations en guise de réponse à la hausse des prix des carburants à la pompe. Ce qui aurait contribué davantage à la détérioration du pouvoir d’achat de la population.

Le gouvernement n'est donc nullement responsable de cette envolée des prix due en vérité à la perturbation des chaînes d’approvisionnement mondiales provoquée essentiellement par la crise sanitaire.


Mais quelles sont les mesures concrètes prises par le gouvernement pour sauvegarder le pouvoir d’achat des plus fragiles ?  

Pour atténuer les effets de cette tension sur les prix des principaux produits de consommation courante et préserver le pouvoir d'achat du grand nombre, je dois rappeler que le gouvernement a déjà pris une batterie de mesures. Parmi ces mesures, la suspension des taxes d'importation sur le blé dur et sur le pain pour assurer l’approvisionnement normal du marché national, le règlement de 8 milliards de dirhams d’arriérées aux fonctionnaires et l'injection de 16 milliards de dirhams dans la caisse de compensation pour 2022 afin d'éviter toute hausse des prix des produits subventionnés.


Mais il y a une urgence sociale forte qu’expriment ces appels à manifester...

En tant que parti-locomotive du gouvernement, le RNI et ses dirigeants sont sensibles au quotidien difficile de nombre de nos concitoyens imputable à plusieurs facteurs exogènes notamment la crise sanitaire que le Maroc, sous la conduite de son souverain, a du reste bien géré en protégeant les plus fragiles.

Nous sommes en même temps conscients de l’ampleur de l’héritage en termes de déficits socio-économiques accumulés depuis plusieurs décennies. Ce qui fait  que beaucoup de choses restent à faire pour améliorer de manière significative les conditions de vie des petites gens, de ce Maroc des villes et des campagnes qui travaille dur et aspire naturellement au meilleur.


Mais cette colère sociale qui monte ne traduit-elle pas selon vous une certaine déception des lésés de la croissance par rapport au gouvernement qui a soulevé bien des espoirs ?

Oui, le pouvoir d’achat du citoyen marocain n’a pas encore augmenté.  Oui, le monde agricole souffre. Oui, la pire des sécheresses de ces 30 dernières années frappe actuellement le Maroc.

Si le RNI a été choisi par les Marocains pour diriger le pays avec le PAM et l’Istiqlal c'est pour apporter justement des solutions à leurs problèmes essentiels. Et c’est sur quoi le RNI s’est fortement engagé vis-à-vis des Marocains.

Le RNI, ses militants, ses dirigeants et ses sympathisants sont conscients de l'importance de cette urgence sociale et de l'immensité des défis posés. La généralisation de la couverture sociale, devenue aujourd’hui une réalité tangible, est un grand acquis pour la population qui n’avait pas accès aux soins et à leur remboursement.

Non, le RNI et ses partenaires du gouvernement ne se déroberont pas à leurs responsabilités ni ne se cacheront derrière la flambée mondiale du prix du gaz et du pétrole pour justifier l’augmentation de leur prix.


Le souverain vient de donner ses instructions pour que le gouvernement alloue 10 milliards de DH dans le cadre d'un plan anti-sécheresse en faveur du monde rural. Est-ce suffisant face à l'étendue de la détresse des petits fellahs ?

Je pense que ce plan à 10 millards DH décidé par notre souverain est une bonne bouffée d'oxygène pour les petits agriculteurs et éleveurs. Je dois rappeler à cet égard la mise en place par le gouvernement du registre national agricole qui est bénéfique pour les travailleurs de la terre.

Cependant, le RNI ne se cachera pas derrière le manque d’anticipation des gouvernements précédents dans la mise en place de projets structurels dans le domaine hydrique pour ne pas assumer ses responsabilités. Notre parti ne se cachera pas non plus derrière la pandémie de la covid et de ses immenses répercussions économiques en interne pour ne pas poursuivre son calendrier de réforme du pays et de poser les jalons d’un vrai État social conformément à l’engagement du chef du gouvernement.

Non, le RNI est décidé à respecter ses engagements consignés dans la déclaration gouvernementale malgré une conjoncture très difficile qui implique de multiples contraintes.


Ne craignez-vous pas que cette exaspération sociale ne soit instrumentalisée par les milieux hostiles au pays qui poursuivent des objectifs inavoués ?

C'est pour cela qu'il ne faut pas se laisser influencer par les messages dont les auteurs anonymes cherchent à diviser le pays. Manifester sa colère est un droit légitime mais dans le respect et la responsabilité.

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