CANETON FOUINEUR

Le gouvernement provoque un désordre mortel sur les routes en mettant en quarantaine à la dernière minute plusieurs villes du pays

Le Maroc frappé par la première vague d'improvisation
Ahmed Zoubaïr
28/7/2020 13:34
Abdelouafi Laftit chuchotant dans l'oreille de Saad Eddine Al Othmani.

La reprise épidémique tant redoutée touche actuellement de nombreux pays dans le monde. Le Maroc qui ne fait...

La reprise épidémique tant redoutée touche actuellement  de nombreux pays dans le monde. Le Maroc qui ne fait pas exception vient de connaître sa poussée épidémique spectaculaire après une évolution très lente de la courbe des contaminations.  

C’est un nouveau record que le Maroc a battu samedi  25 juillet : la courbe des contaminations au nouveau coronavirus a affiché 811 cas en 24 heures, portant le cumul, depuis mars dernier,  à 19.645 cas confirmés. C’est une première poussée épidémique qui a inquiété les Marocains aux quatre coins du Royaume. Jamais le pays n’a  connu en effet un tel pic depuis l’apparition du virus le 2 mars dernier. Le nombre de morts, qui a dépassé la barre des 300, a augmenté sensiblement à son tour avec une moyenne de 5 à 7 par jour alors qu’il était de 2 à 3 par semaine jusqu’à une date récente (les victimes sont principalement des séniors souffrant de comorbidités). Le taux d’incidence (le nombre de personnes positives sur 100.000 habitants) connaît également une légère hausse. Même progression du côté des malades admis en réanimation : 46 à l’échelle nationale dont 7 placés sous respiration artificielle. Le ministre de la Santé Khalid Aït Taleb a écarté l’éventualité d’une mutation du virus comme cela a été avancé par la rumeur. Ce qui est certain, en revanche c’est que cette forte poussée marque le démarrage de la première vague au Maroc (et non de la deuxième), sachant que cette flambée épidémique n’a jamais été enregistrée pendant plus de trois mois de confinement général de la population.

Ce qui accréditerait la thèse d’une erreur d’appréciation de l’évolution épidémiologique nationale: Les autorités ont confiné les gens avec 8 à 15 cas par jour et décrété  le déconfinement progressif  à plus de 500 cas quotidiens (le foyer de Lalla Mimouna qui marque le début de la progression de l’épidémie)! Autrement dit, le confinement de la population devrait logiquement intervenir aujourd’hui et non en mars dernier ! C’est un retour à la case départ - ou nulle part - avec plusieurs centaines de cas par jour qu’au début de la pandémie avec une population déconfinée de surcroît. De quoi susciter bien des inquiétudes surtout que ce rebond épidémique coïncide avec la période des vacances d’été et de la fête du sacrifice connues pour être propices aux déplacements de la population. Ce qui a nourri la crainte  de la dissémination du virus et l’apparition de nouveaux foyers.

Plus inquiétant encore, à l’heure qu’il est,les responsables du ministère de la Santé n’ont aucune idée sur la phase de la pandémie: Sommes-nous en début, au milieu ou en fin de la pandémie?Jusqu’où la courbe nationale qui évolue en dents de scie peut-elle encore aller avant un amorçage de la décrue? Où se trouve le point d’inflexion qui détermine généralement la décision du déconfinement? Cette gestion très approximative de la crise sanitaire, visiblement non soutenue par des  données scientifiques claires, a poussé le ministère de l’Intérieur et celui de la Santé à annoncer en début de soirée du dimanche 26 juillet l’interdiction de se déplacer à partir de ce jour minuit de et vers huit villes : Casablanca, Tanger, Tétouan, Marrakech, Settat, Berrechid, Fès, Meknès. Le communiqué conjoint des deux départements ministériels est tombé comme un couperet. De nombreux citoyens, qui ont planifié  de voyager dans les jours à venir (fête du mouton ou vacances estivales) ont été scandalisés par le niveau élevé de l’improvisation gouvernementale. «Pourquoi attendre la dernière minute pour interdire aux gens de se déplacer entre les villes alors que beaucoup de personnes ont planifié leur séjour et acheté leurs tickets de transport », s’interroge, indigné, un cadre d’une entreprise.

L’extension  de l’épidémie a fait ressurgir  chez les officiels la grosse crainte des premiers jours : le débordement de la très modeste capacité sanitaire nationale face à l’afflux ides malades. Dans les villes les plus touchées comme Casablanca et Tanger, les hôpitaux commencent à recevoir plus de patients que d’habitude. Pour faire face à la progression de l’épidémie, le ministère de l’Intérieur a décrété de nouveau l’obligation de porter le masque dans la rue sous peine d’encourir des sanctions. De quoi étouffer par ce temps caniculaire.

Seule consolation, le Maroc reste, malgré la hausse exponentielle  des cas, beaucoup mieux loti que beaucoup de pays où le Covid-19 continue à faire des ravages avec l’arrivée d’une deuxième vague en France en Espagne et ailleurs. La situation est telle que le reconfinement de la population a commencé en Catalogne. Les divers indicateurs épidémiques du Royaume, nombre de morts et  d’infections, taux de létalité (autour de 1,6 %) et taux de positivité, restent relativement faibles. Mais devant un virus mystérieux et imprévisible, dont personne ne connaît encore le mode opératoire, ces acquis ne sont pas durables…

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