Abdellah Chankou
8/4/2021 3:59
Une stratégie porteuse de développement…

Il ne fait aucun doute que le Maroc, pays faiblement émetteur de gaz à effet de serre, est engagé, résolument et sérieusement...

Il ne fait aucun doute que le Maroc, pays faiblement émetteur de gaz à effet de serre, est engagé, résolument et sérieusement sur la voie des énergies renouvelables avec une certaine longueur d’avance qui lui permet d’envisager l’avenir avec optimisme. Cette anticipation procède d’une démarche volontariste et perspicace du souverain qui a abouti à la construction du plus grand complexe solaire au monde et à l’émergence de plusieurs centrales éoliennes. La démarche marocaine a ceci de particulier qu’elle va au-delà d’une simple volonté de réduire la dépendance nationale vis-à-vis des combustibles fossiles qui pèse lourd sur le budget de l’État. Elle projette de fait le pays dans l’après-pétrole qui a déjà commencé et qui concerne tous les secteurs d’activité. Pour ne pas être à la traîne, les géants de l’or noir européens investissent à coups de milliards dans l’énergie verte. De leurs choix dépendra la mobilité de demain et elle se déploie déjà sous nos yeux avec l’essor des voitures électriques et l’arrivée dans les années à venir d’avions sans CO2. L’objectif fixé par les Européens à l’horizon 2050 est très ambitieux. Atteindre la neutralité carbone. Cette dynamique vertueuse, appelée à se développer, valide la stratégie marocaine qui allie efficacité énergétique et protection de l’environnement. Ces deux préoccupations rejoignent les objectifs de l’économie circulaire qui peut être une excellente alternative à l’enfouissement des déchets qui pèche par son caractère à la fois polluant et onéreux. Dans un pays qui produit près de 6 millions de tonnes de déchets ménagers par an, il va sans dire que la valorisation énergétique de ces détritus permet une réduction assez substantielle des énergies fossiles. Les partis politiques gagneraient à s’approprier la question écologique en la transformant au moins en outil de gouvernance locale où il y a tant de choses à faire et à promouvoir (éclairage public, transport, etc.).  

Un effort considérable reste à déployer par les pouvoirs publics pour pousser certains industriels à accélérer leur transition vers des processus industriels plus respectueux de la biodiversité en les obligeant à se doter de stations d’épuration.

C’est bien beau de verdir sa politique, de s’autoproclamer défenseur de la nature et de faire semblant de prendre conscience des dangers qui la menacent du fait des activités humaines. Quelque chose de concret et de salutaire manquera toujours au dispositif si les gros pollueurs, qui portent atteinte tous les jours à l’environnement, continuent à le massacrer sans qu’ils soient inquiétés. Le dernier épisode fâcheux en date concerne la pollution de l’Oued Bouregreg par une substance toxique sans que le gouvernement ne sévisse contre les responsables de ce drame écologique… Un effort considérable reste à déployer par les pouvoirs publics pour pousser certains industriels à accélérer leur transition vers des processus industriels plus respectueux de la biodiversité en les obligeant à se doter de stations d’épuration. Objectif : éviter les rejets dangereux comme les métaux lourds dans les oueds, fleuves et rivières.

La même indifférence prévaut à l’échelle internationale face à l’urgence climatique. À cet effet, force est de constater que les dirigeants de la planète tardent à adopter des actes forts à la hauteur de la gravité de la situation comme l’avait si bien rappelé le souverain dans son plaidoyer à l’occasion de la COP 22 organisée en novembre 2016 à Marrakech, où il a souligné que l'humanité entière place de grands espoirs dans les décisions qui seront prises au cours de cette conférence dont les ardeurs seront toutefois refroidies avec l’annonce du retrait des États-Unis de Donald Trump des Accords de Paris sur le climat (que le nouveau président Joe Biden a réintégrés dès son élection). Aujourd’hui, de plus en plus d’entreprises d’ici et d’ailleurs, cherchent à « verdir » leur image pour se donner bonne conscience. Mais on est encore loin du compte. Subsistent encore des comportements, lourdement préjudiciables  à la biodiversité, qui font rougir de honte.

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