CANETON FOUINEUR

Une fin d’année qui tourne à du grand n’importe quoi

Les cadeaux du Pire Noël
24/12/2020 19:00

Invisible et imprévisible, le Covid continue à se jouer de toutes les règles, obligeant les responsables à en rajouter à chaque...

Invisible et imprévisible, le Covid continue à se jouer de toutes les règles, obligeant  les responsables à en rajouter à chaque fois sur le registre des mesures incompréhensibles du commun des mortels. Jusqu’à quand ?

A près le virus chinois, le virus anglais ? Cette fin d’année 2020, qui s’annonce peu rassurante malgré la découverte du vaccin et son début d’utilisation, rappelle celle de 2019 empoisonnée par l’apparition dans la province de Wuhan du coronavirus qui a provoqué les ravages que l’on connaît… « J’ai chopé le virus chinois et ma femme le virus anglais», pouvait-on bientôt déclarer sur un ton ironique.  

Deux variantes ou les faces d’un même fléau qui poursuit son action destructrice en dépit du confinement et les mesures restrictives : le port du masque et le respect des gestes barrières. Le coronavirus, par son caractère invisible et imprévisible, sa capacité de rebond et de diffusion extraordinaire, défie l’humanité, et comme dirait un senior sage pétri de sagesse l’humilie. « Le masque est une humiliation pour l’homme, il le défigure et cache ce qu’il a de meilleur, le sourire», explique-t-il.

Face à sa toute-puissance redoutable, le savoir que les hommes ont accumulé pendant plusieurs siècles dans le domaine de la médecine a montré ses limites même si le vaccin développé par les laboratoires est présenté comme la promesse d’une arme efficace contre sa propagation.

En attendant que l’humanité sorte de ce cauchemar qui n’en finit pas et l’empêche de rêver de lendemains qui chantent, le Maroc comme les autres pays du monde, se protège comme il peut, poussant les autorités à prendre une batterie de mesures Covid de sens. Allez-y comprendre pourquoi les cafés sont autorisés à ouvrir et non pas les salles de sport et les hammams, condamnés depuis le mois d’août à rester portes closes? S’attabler dans un café du matin au soir dans une ambiance pestant la cigarette serait-elle une activité essentielle et superflue de se rendre un club de fitness pour se maintenir en forme ou dans un bain maure pour se faire propre ?

Visiblement, les responsables, qui ne cherchent que le bien de la population, ont des informations dont le vulgum pecus que nous sommes ne dispose pas. Ils savent, par exemple, sur la foi des recommandations d’une mystérieuse commission scientifique et technique, que le coronavirus se fortifie dans les salles de musculation et s’offre des bains de jouvence dans les hammams et qu’il fallait de ce fait décréter leur fermeture pour l’empêcher de se revigorer. Le coronavirus débarque à 15 heures tapantes dans les souks et autres marchés de Casablanca qui doivent absolument baisser le rideau à cette heure indiquée. Pour les restaurants et autres supermarchés, le virus y descend au-delà de 20 heures pour se gaver.

A l’approche des fêtes de fin l’année, c’est le couvre-feu pour tous, pour trois semaines, de 21 heures à 6 heures. Comme cadeau de fin d’année, il est difficile d’être plus inventif… Les festivités de fête de fin d’année ?  Annulées. Faire bombance est dangereux. Le gouvernement le tient de source sûre. Pas de polémique là-dessus ! Quant aux restaurants et aux cafés de Casablanca, Marrakech, Agadir et Tanger, les principales villes touristiques du pays, ils doivent fermer leurs portes pendant 21 jours. Et les touristes nationaux et étrangers qui ont déjà réservé leurs séjours ? Ils n’ont qu’à se rabattre sur le fameux club « soulaâbana » (sous la couverture qui signifie rester bien au chaud chez soi) qui ne demande, lui, ni déplacement ni dépenses. Et les hôtels et les boites de nuits qui misaient sur cette période festive de l’année pour relancer un peu leur activité dévastée depuis mars dernier ? Ils n’ont que leurs yeux pour pleurer. Ce tour de vis administratif à la veille de la fin d’année est a priori surprenant surtout que les indicateurs épidémiologiques connaissent une amélioration notable depuis plusieurs semaines. «C’est une action destinée à anticiper la déferlante éventuelle du virus anglais », croit savoir une source médicale. Face à ce virus très malin, tout le monde étale sans gêne sa science confuse…

Surréaliste

En France, qui vit au rythme de la crainte d’une troisième vague après Noël, le gouvernement s’est montré encore plus entreprenant en décrétant l’interdiction d’être plus de six à la table familiale autour de la dinde et du foie gras. Au-delà de ce chiffre très précis, c’est le virus qui s’invite dans la fête pour la gâcher !  C’est surréaliste ? Mais non, c’est le bon sens qui bat son plein, voyons ! La Belgique, elle, s’est surpassée en obligeant en raison de l’envolée de la courbe des contaminations les familles à inviter mamie ou papy, tonton ou tata. Un seul invité. Pas plus. « Nous fêterons Noël en famille, peu nombreux, ce sera plus intime », a déclaré sans rire le premier ministre Alexander De Croo. Et si les trois invités ont en même temps envie d’aller au petit coin ? Ah non, ce n’est pas possible ! Une seule personne est autorisée de se soulager la vessie. Et les autres ? « Ils sont obligés de rentrer chez eux », a expliqué la porte-parole de l’Intérieur.  Voilà des responsables qui mouillent la chemise.

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