CANETON FOUINEUR

Attaques des partis de l’opposition contre le RNI

Les dessous d’une cabale
Ahmed Zoubaïr
28/4/2021 23:22
Une association du MUR qui fait dans la grande politique!

Derrière le communiqué commun signé par le PAM, l’Istiqlal et le PPS contre le RNI au sujet de l’association Joud,...

Derrière le communiqué commun signé par le PAM, l’Istiqlal et le PPS contre le RNI au sujet de l’association Joud,  se cache des calculs bassement politiques. Explications.

La RNI se trouve, depuis quelques temps, propulsée à son corps défendant au cœur  d’un mauvais procès politique  non dénué d’arrière-pensées politiciennes orchestrée par ses adversaires politiques. Samedi 24 avril 2021, les dirigeants des partis de l’opposition (l’Istiqlal, le PAM et le PPS) sont allés jusqu’à rendre public  un communiqué conjoint où ils accusent le parti de la colombe d’instrumentaliser la fondation Joud pour le développement et ses actions caritatives pour encarter les bénéficiaires dans le parti à leur insu. Les accusations proférées par les trois formations politiques restent à vérifier; car fondées sur des témoignages non authentifiés de citoyens, relayés à travers une vidéo qui circule sur les réseaux sociaux.  Ça sent la manip à plein nez. Les responsables du RNI, qui ne sont pas nés de la dernière pluie, dénoncent, eux, une cabale politique,  organisée à quelques mois des élections législatives, par ceux qui cherchent à discréditer leur parti en espérant freiner son ascension politique. A commencer par le patron du PAM, Abdellatif Ouahbi, qui a été le premier à soulever ce faux lièvre lors d’une intervention dans une conférence à la Fondation Fquih Tetouani, samedi 17 avril. Pour ceux qui connaissent les dessous des cartes, savent que l’intéressé agit en service commandé au profit des islamistes qu’il n’arrête pas de draguer. En agissant ainsi, il espère atteindre un double objectif: Fragiliser le principal adversaire du PJD, donné favori pour remporter les prochaines législatives, et obtenir en échange quelques strapontins dans le prochain exécutif s’il est dirigé de nouveau par les islamistes. L’Istiqlal et le PPS nourrissent la même ambition secrète. Siéger dans un gouvernement dirigé de préférence par le PJD. Autrement, en s’attaquant au RNI, le triumvirat de l’opposition œuvre et manœuvre en coulisse pour aider le PJD à se maintenir au pouvoir, dans l’espoir de lui servir de force d’appoint pour boucler le tour de table politique nécessaire. Telle est l’arrière-pensée de cette conjuration. Se liguer contre le RNI pour l’empêcher de former le prochain gouvernement en jetant l’opprobre sur son action. Un acte de nuisance que le trio fait par procuration au profit du PJD qui, lui, n’a pas besoin de se mouiller…

Or le PJD est le champion toutes catégories de la charité politico-électorale qu’elle pratique à grande échelle pour s’assurer le vote des couches défavorisées et qui lui a permis de conquérir le pouvoir. Or curieusement, le PAM, l’Istiqlal et le PPS ont soigneusement évité de critiquer l’instrumentalisation par le PJD du caritatif politique alors qu’ils avaient cosigné avec le RNI, l’UC, le MP et l’USFP en mai 2019 un communiqué commun où ils ont accusé  les islamistes de « diffuser et de colporter des allégations à caractère dangereux dans le but d’induire la population en erreur ».  Ce front commun, qui a dénoncé la préférence accordée par les élus communaux PJD aux associations qui lui sont inféodées, en matière de distribution de subventions, fait suite à un communiqué diffusé par le PJD  dans lequel il accuse les pouvoirs publics  d’entraver l’action des associations qui lui sont proches. Mais qu’est-ce qui a donc changé pour que les trois partis de l’opposition reviennent aujourd’hui à de meilleurs sentiments à l’égard des islamistes? Attitude suspecte, car s’il y a un parti à dénoncer c’est bien le PJD qui  a toujours fait  de l’associatif électoral sous couvert d’actions de bienfaisance désintéressées dans les milieux défavorisées. Or rien n’est gratuit chez Al Othmani et ses amis.

Tout ce qu’ils rendent comme service ou fournissent comme prestation aux plus démunis, via les associations du  parti ou de son bras idéologique qu'est le MUR (Mouvement Unicité et Réforme),  ils le récupèrent sous forme de dividendes électoraux. La galaxie associative made in PJD affiche des objectifs d’animation sociale, à caractère culturel ou artistique. Pur leurre !  Derrière ces énoncés, plutôt flous, se cache en vérité une véritable action multiforme sur le terrain visant à faire des obligés parmi les bénéficiaires de leur pseudo-charité. Toutes les occasions sont bonnes pour le PJD qui profite de la démission de l’État et de l’absence des autres partis de se porter au secours des plus démunis : achat des fournitures scolaires à l'orphelin, prise en charge des frais de la circoncision d'enfants de pauvres, achat du mouton d'Al Aïd Al Adha à la veuve, paiement des frais d'un enterrement, pris en charge de soins médicaux… Une machine bien rôdée qui se déploie là où il y a un besoin social pressant…  Soit par ignorance ou reconnaissance du ventre, les bénéficiaires de la charité islamiste, les élections venues, glissent en guise de reconnaissance dans l’urne le bulletin de la lanterne. Ce travail de proximité terriblement efficace et politiquement rentable, une forme bien élaborée du clientélisme politico-électoral, le PJD le pratique à plein temps, en permanence,  tout au long ce l’année tandis que les autres formations ne se signalent aux citoyens qu’à l’approche des élections. Résultat : les candidats estampillés PJD n’ont pas besoin de faire campagne, d’investir les rues, faire distribuer des tracts ou organiser des banquets pour s’assurer le soutien du chaland électoral. Pour eux, le scrutin ne représente pas plus qu’une formalité qui leur permet en guise de récompense  de récolter ce qu’ils ont semé comme graines de la charité bien calculée 12 mois sur 12.  Dans ces conditions, les autres enseignes politiques adverses, victimes en quelque sorte d’une concurrence déloyale, sont fatalement perdantes, car ne se battant pas à armes égales avec une formation en campagne permanente. Comment en effet battre une nébuleuse qui sous couvert de religion et de « charity tbizniss assiassi » fait commerce de tout pour arriver au pouvoir et s’y maintenir ? Le caritatif que les islamistes pratiquaient dans l’underground avant leur avènement au pouvoir s’y livrent une fois aux affaires à visage découvert, légalement et avec les moyens de l’État Les collectivités locales qu’ils contrôlent dans leur majorité depuis le scrutin communal leur offrent une occasion inespérée de renforcer leur ancrage dans les milieux populaires.  La commune étant un acteur social par excellence, ils en profitent à (fonds) pour privilégier les associations locales qui leur sont inféodés dans le partage des subventions publiques.

Tout au long de leurs 10 années au pouvoir, les islamistes ont montré qu’ils n’ont ni programme politique, ni vision pour le développement du pays, ni cadres compétents capables d’impulser des réformes ou d’accompagner les différents chantiers initiés par le Royaume. La charité politico-électorale  représente leur seul capital et unique investissement dont ils touchent le bénéfice à chaque rendez-électoral.

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