CANETON FOUINEUR

Le PJD en dehors du consensus politique autour du cannabis médical

Les islamistes malades de leur idéologie...
Jamil Manar
27/5/2021 2:10
Saâd Eddine Al Othmani.

Récemment légalisé par le Maroc, le cannabis médical représente un immense espoir pour de nombreux malades dont les douleurs résistent, par exemple, aux médicaments classiques comme les antalgiques.

Le projet de loi 31.21 portant sur l’usage du cannabis à des fins thérapeutiques a franchi, vendredi 21 mai, une étape cruciale. Celle de son adoption à la majorité en commission de l’Intérieur à la première Chambre : 20 pour, 3 contre.  Fidèle à sa ligne anti-cannabis quelqu’en soit l’usage, le PJD était le seul parti à voter contre. La même position a été exprimée par les islamistes qui ont fait le choix de se mettre en dehors du consensus politique sur ce dossier, à l’occasion du vote lundi 24 mai en séance plénière de ce projet de loi. Se considérant peut-être comme le seul opium du peuple qui ne doit pas avoir de concurrent, le PJD a préféré, sous l’influence de son gourou à la retraite Abdelilah Benkirane, passer, pour des considérations populistes, à côté d’une dynamique vertueuse qui va bien au-delà du Maroc. En effet, le cannabis, dans sa dimension médicale, est revenu en grâce dans de nombreux pays. Or, sur ce dossier, les impératifs de santé doivent normalement primer sur les considérations politiques ou idéologiques. Il convient juste de faire remarquer que le discours répressif sur le cannabis et l’interdiction qui le frappe n’a nullement empêché le développement continu du trafic de drogue ni contribué à la réduction de sa consommation. Bien au contraire. Si les barons de drogue des deux rives de la Méditerranée arrivent à introduire clandestinement cette « came douce » sur le territoire européen c’est pour satisfaire une demande grandissante pour un produit très prisé. Trêve donc d’hypocrisie !  

Les premières traces d’utilisation du cannabis à des fins thérapeutiques ont été retrouvées 3.000 ans avant notre ère. En Chine, en Inde et en Égypte. En Europe et aux États-Unis, où il sera même produit par des compagnies pharmaceutiques, il a fait son entrée dans la pharmacopée au 19ème siècle. Sa disgrâce sera impulsée par les États-Unis qui déclarent la guerre à la marijuana après avoir perdu la bataille de la prohibition contre l’alcool dans les années 30. Venue du Mexique, son usage récréatif s’est répandu principalement chez les Latino-américains et Afro-américains. Taxée de drogue malfaisante qui menace la sécurité de la population, « l’herbe du démon », dénigrée dans les médias, finira par être retirée des pharmacies d’officine américaines en 1941. Dès lors, l’ONU juge que le cannabis est sans aucune utilité médicale en 1950. Onze plus tard, soit en 1961, Washington fait pression sur l’ONU qui intègre le cannabis dans la liste des drogues dangereuses. Mais dans les faits, son usage médical, opéré dans l’ombre, ne sera jamais suspendu. En 1964, le professeur israélien Raphaël Mechoulam, un chimiste de formation, identifie le THC qui est le principal composant du cannabis ; mais découvre aussi que le corps humain peut produire des effets semblables en fabriquant des molécules similaires baptisées endocannabinoïdes.


Fumette

« Le cannabis est une plante très complexe, il en existe plusieurs milliers de variétés, explique, un expert. On est encore loin d’en avoir percé tous les secrets. Et pour cause : elle contient 500 molécules actives dont des phyto-cannibinoïdes qui en se reliant à des récepteurs dans notre organisme, peuvent les activer ». Deux de ses composants majeurs sont les mieux connus jusqu’à ce jour : le THC et le cannabidiol. Celui-ci est réputé moins pour son effet relaxant musculaire antalgique ou inflammatoire que pour son action psychotrope qui engendre l’effet « planant », très recherché par les adeptes de la fumette (cannabis récréatif). Le second composant s’est vu attribuer de nombreuses vertus thérapeutiques par la communauté scientifique comme la réduction de l’anxiété, les crises d’épilepsie, l’inflammation et les nausées associés. Le cannabis médical peut se présenter selon différentes concentrations. Lorsque le THC domine, il est généralement indiqué pour les douleurs neuropathiques, en soins palliatifs et pour les effets secondaires de traitement anticancéreux. A CBD dominant (deuxième cannabinoïde le plus influent du cannabis), il est peut-être adapté à des formes rares et sévères d’épilepsie et lorsque le ratio THC-CBD est équilibré, aux spasticités douloureuses.  Susceptible d’être modulée pour chaque patient, l’action thérapeutique dépend de la proportion entre les deux molécules.

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