CANETON FOUINEUR

Élections législatives de 2021

Les petits calculs du PJD
Ahmed Zoubaïr
17/9/2020 12:48
Le PJD est-il en train d'anticiper une déroute électorale ?

Les islamistes ne veulent pas couvrir la totalité des circonscriptions pour éviter éventuellement d’arriver...

Les islamistes ne veulent pas couvrir la totalité des circonscriptions pour éviter éventuellement d’arriver en tête du scrutin. Décryptage d’une stratégie non dénuée d’arrière-pensées...

Pour les élections législatives prévues l’année prochaine, les partis essaient de se mettre en ordre de bataille. Chacun à sa façon. Les islamistes, eux, envisagent l’option d’une participation à minima qui ne couvre pas toutes les circonscriptions électorales. Au sein du PJD, le débat fait rage entre les partisans et les opposants à cette stratégie que les islamistes ont déjà mise en œuvre au tout début de leur normalisation politique. Derrière la volonté  de ne pas placer des listes dans toutes les circonscriptions se cacherait le souci des islamistes d’éviter d’occuper éventuellement la première position en termes de sièges comme ce fut le cas lors des deux précédents scrutins qui leur ont permis de former le gouvernement. Revoir à la baisse leurs ambitions électorales présente aussi l’avantage de masquer une défaite éventuelle que les perdants, qui se savent décrédibilisés dans l’opinion, feraient passer pour une politique délibérée de leur part pour reconquérir moins de sièges…

Il y a aussi une autre explication à leur autolimitation électorale. Conduire de nouveau l’exécutif et en être le parti-locomotive est considéré, d’après leur expérience de 10 ans dans les affaires, par Al Othmani et ses amis, comme un cadeau empoisonné dans la mesure où cela les a mis directement dans un face-à-face permanent et pénible avec le pouvoir dans un jeu plus ou moins subtil qui s’est déroulé à leur détriment.

Un jeu qui selon eux a entamé sérieusement leur capital confiance vis-à-vis de la population à force d’être comptables de décisions impopulaires prises dans d’autres sphères politiques. Les islamistes légalisés ont trouvé ce faux-fuyant pour justifier leur incompétence criante au pouvoir et leur ignorance chronique jusqu’aux règles basiques de le gouvernance publique. Or, le parti qui se targue d’être la parangon de la vertu et de la probité (on en a vu l’exemple avec le scandale de la CNSS impliquant les ministres Ramid et Amekraz !) est censé avoir un minimum d’honneur et de dignité : démissionner du gouvernement s’il estime que ses responsables sont réduits à des marionnettes et que les décisions prises ne sont pas le fruit de leur volonté. Non, nos islamistes ont pris trop goût au confort des fauteuils pour démissionner avec honneur et fracs ou du moins frapper du poing sur la table en guise de protestation.

Pas question non plus pour eux de revenir à l’opposition puisqu’ils n’ont fait que ça tout au long de leurs deux mandats au pouvoir selon le principe : un pied dedans et un pied dehors ! Partant de leur conviction d’avoir fait une mauvaise affaire en devenant, à grand renfort de populisme et d’instrumentalisation de la religion à leur profit politique, la première force électorale du pays (!), les islamistes cherchent donc le meilleur moyen de se maintenir aux affaires en jouant les seconds rôles sans y perdre davantage de plumes… L’astuce est toute trouvée : aider l’Istiqlal à arriver en tête des prochaines législatives, ce qui lui ouvre la voie de la primature en vertu de la Constitution. De cette façon, le PJD pourra se cacher derrière son allié naturel avec lequel il a formé le premier gouvernement islamiste dirigé par l’inénarrable Abdelilah Benkirane. Avant que le leader istiqlalien de l’époque le non moins guignolesque Hamid Chabat ne détruise cette alliance en claquant brutalement en juillet 2013 la porte de l’exécutif après s’en être pris vertement aux islamistes. Depuis, le parti fondé par Allal El Fassi, qui s’est fait expédier pour la première fois de son histoire dans le désert de l’opposition, a du mal à retrouver sa place dans le temple gouvernemental.

L’Istiqlal dans le rôle du paratonnerre permettrait ainsi de protéger le PJD qui n’aurait plus à être tenu responsable de quoi que ce soit. La belle vie politique, quoi ! Profiter des délices du pouvoir sans être en première ligne et ni en assumer ni les actes ni les conséquences. Ce sera le confort total pour Al Othmani et ses amis dont la base et une partie des ténors ne sont plus chauds pour gouverner avec les partis de la coalition sortante, principalement le RNI qu’ils considèrent comme l’ennemi politique à abattre. Quant au PAM, il n’a pas réussi à se faire absoudre malgré les avances insistantes de son patron Abdellatif Ouahbi de contracter avec le PJD un mariage de raison en 2021. Le retour de l’alliance des islamo-conservateurs au pouvoir ! C’est cette configuration que nos islamistes démasqués et carbonisés appellent de leurs vœux. Objectif : continuer à tirer les dividendes de leurs turpitudes au pouvoir en espérant tromper encore une fois les électeurs lambda !

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