CANETON FOUINEUR

Politique maghrébine et africaine de la France

Les turpitudes diplomatiques de Macron continuent
A force de vouloir occuper tous les terrains, Emmanuel Macron ne sait plus où il habite…

La France n’a plus d’ambassadeur dans les deux principaux pays du Maghreb : le Maroc et l’Algérie. Deux drôles d’affaires sont venues...

La France n’a plus d’ambassadeur dans les deux principaux pays du Maghreb : le Maroc et l’Algérie. Deux drôles d’affaires sont venues remettre en cause le réchauffement récent  des relations hexagonales avec Rabat et Alger. Emmanuel Macron vient de réussir un autre exploit diplomatique, étendre son fameux «  en même temps » au jeu ambigu de la France dans le traitement des deux frères  ennemis de l’Afrique du nord. Ce qui est rare puisque quand l’ancien colonisateur est en bons termes avec l’un il est automatiquement en froid avec l’autre. Désormais, le génie macronien, rompant le jeu d’équilibrisme traditionnel de la politique maghrébine de la France, a frappé fort en se mettant à  dos les deux pays à la fois. Bravo l’artiste, comme dirait l’autre ! Un autre succès retentissant qui fragilise davantage la France dont l’influence recule considérablement dans ses bastions africains d’où, à la faveur d’un sentiment anti-français de plus en plus fort,  son armée a été congédiée…

Cela porte un nom :  le parachèvement de la décolonisation. « Conformément aux hautes instructions royales, il a été décidé de mettre fin aux fonctions de Mohamed Benchaaboun en tant qu’ambassadeur de Sa Majesté auprès de la République française, à compter du 19 janvier 2023 », a annoncé un communiqué du ministère des Affaires étrangères publié au Bulletin officiel du 2 février et relayé vendredi par de nombreux médias. La date du 19 janvier porte une signification politique majeure : elle coïncide avec la résolution du Parlement européen défavorable au Maroc, vivement condamnée  comme un acte d’ingérence inacceptable dans les affaires du pays par l’institution législative marocaine. Rabat est persuadé que la France était à la manœuvre  sur cette résolution hostile présentée et défendue en effet par un proche d’Emmanuel Macron. Il s’agit  de l’eurodéputé, qui officie comme chef du groupe parlementaire Renew (Renaissance) Stéphane Séjourné, 36 ans,  figure influente, conseiller de la Macronie  et compagnon  du ministre français délégué aux Comptes publics Gabriel Attal. Alors que les eurodéputés du parti socialiste espagnol ont voté contre cette résolution, leurs collègues macroniens ont voté pour. Cette séquence pour le moins surprenante, qui met visiblement à mal les dernières retrouvailles maroco-françaises après la visite en décembre dernier de la cheffe de la diplomatie française  Catherine Colonna à Rabat, est à rebrousse-poil de la ligne officielle française  vis-à-vis du Royaume et  laisse penser que la France de Macron  dirige en sous-main une politique d’acharnement contre le Maroc dont les manifestations sont de plus en plus visibles. En plus de la procédure de restrictions des visas accordés aux ressortissants marocains, il y a les accusations visant le Maroc dans de supposés faits de corruption de certains eurodéputés qui ont maille à partir avec la justice. Le timing et les motivations de ce qui ressemble à une kabbale anti-marocaine ont effectivement de quoi interroger…

Cette campagne de harcèlement contre  le Maroc a fait un grand heureux : L’Algérie. Mais pas pour longtemps. Voilà qu’Alger, tout contente de s’être rabibochée avec son ancien grand occupant,  accuse nommément la France d’avoir exfiltré la militante franco-algérienne Amira Bouraoui, de Tunis vers Lyon, le lundi 6 février. Dans une note officielle du ministère des Affaires étrangères, l’Algérie a protesté fermement contre «l’exfiltration clandestine et illégale, par des personnels diplomatiques, consulaires et de sécurité relevant de l’État français en Tunisie, d’une ressortissante algérienne dont la présence physique sur le territoire national est prescrite par la justice algérienne».

Les autorités algériennes,  qui parlent de violation de sa souveraineté nationale, pointent un acte « inadmissible » qui  inflige « un grand dommage » aux relations entre les deux pays. La réconciliation franco-algérienne, scellée  lors de la visite de Macron en Algérie en août 2022 sur des bases conjoncturellement  opportunistes, n’aura duré que le temps des roses. Les accolades et les caresses ne suppriment pas les épines qui jalonnent une relation conflictuelle dont l’apaisement n'est qu’un beau mirage.

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