Abdellah Chankou
25/6/2020 12:46
Mohamed Amekraz et Mustapha Ramid

Le mieux qu’ils puissent faire au lieu de continuer à se cramponner à leur siège gouvernemental qu’ils ne méritent...

Le mieux qu’ils puissent faire au lieu de continuer à se cramponner à leur siège gouvernemental qu’ils ne méritent plus  c’est  de déposer leur démission.  Ils sont discrédités. Carbonisés. Politiquement morts. Et moralement déchus.

D’habitude, il est réactif, faisant feu de tout bois,  réagissant au quart de tour via les réseaux sociaux sur des sujets en relation avec la religion, les mœurs ou la moralité. Autant de thèmes  qui permettent à ce dirigeant influent du PJD d’exprimer ses positions radicales en s’érigeant en donneur de leçons. Mais cette fois-ci, silence radio. Mustapha Ramid, la grande gueule islamiste, ce provocateur à souhait, s’est emmuré dans un silence pesant, attendant peut-être, en homme madré, que l’orage passe. Mais la tempête qui le menace, l’affaire qui le touche au cœur, démolissant tout l’argumentaire religieux et moralisateur dont il a excipé des années durant pour arriver au pouvoir lui et ses congénères, n’est pas près de s’estomper. Bien au contraire. Le dossier d’immatriculation à la CNSS de Jamila Bichr, son assistante bosseuse, dévouée et fidèle, décédée le 15 juin dernier des suites d’une maladie chronique après une vingtaine d’années de bons et loyaux services, est un méga-scandale aux enseignements multiples que l’on n’oublie pas facilement.

La défunte officiait dans son cabinet d’avocat à Casablanca géré par sa fille depuis qu’il est monté en grade dans la hiérarchie politico-sociale. Ne pas déclarer son employé à la CNSS, un droit inaliénable et une obligation légale, est pire qu’un forfait. Un crime. Celui-ci prend une charge particulièrement lourde pour le ministre d’Etat chargé des Droits de l’homme qu’il est aujourd’hui et celui de la justice qu’il a été il y a quelques années. Comment un haut responsable, figure importante du parti-locomotive du gouvernement, avocat de profession, censé connaître bien la loi, qui occupe une fonction du droit, censé défendre les plus vulnérables, a-t-il pu s’autoriser une telle hérésie? Par quel cheminement intellectuel ou spirituel est-il arrivé à la conviction que sa secrétaire ne méritait pas le droit d’être socialement protégée ? C’est juste ahurissant ! Sauf à être un champion de la duplicité, adepte du « faites ce que je dis, pas ce que je fais », rien a priori ne saurait expliquer ni justifier cette violation d’un droit qui fait partie de la déclaration des Droits de l’homme…

Plus graves et condamnables encore sont ses contorsions de l’ombre pour étouffer le scandale qui lui a pété  à la barbe et espérer s’en tirer à moindres frais. N’a-t-il pas poussé le père de la défunte à lui concocter une espèce de certificat de moralité et de générosité légalisée à sa gloire, où les deux hommes accusent carrément Jamila Bichr d’avoir refusé d’être inscrite à la CNSS alors que personne ne peut s’opposer à cette obligation, pas même le salarié ? Dans ce document  de la honte qui insulte l’intelligence des Marocains, le droit et la mémoire de la défunte, le papa est allé jusqu’à attester que le grand Ramid «a versé à la fin de l’année dernière avant qu’elle ne tombe malade  la somme de 230.000 DH sur son compte bancaire» tout en prenant «en charge à hauteur de 67.000 DH les frais de  ses soins médicaux ».

Ne pas déclarer son employé à la CNSS, un droit inaliénable et une obligation légale, est pire qu’un forfait. Un crime.

Il suit de là que ce personnage troublant est capable de tout pour se blanchir d’un délit grave dont il s’est rendu coupable, profitant du fait que feu Bichr n’est plus là pour contester quoi que ce soit. Il est honteux pour un ministre d’Etat en charge des Droits de l’homme de confondre sciemment la générosité- à supposer qu’il ait versé réellement de l’argent à la défunte et pris en charge ses frais de soins médicaux- qui relève d’une affaire privée avec le respect du droit à une protection sociale qui, elle, est une obligation légale qui s’impose à tout employeur.

Compte tenu de la gravité de son acte relevant en plus du pénal, l’homme public qu’il est doit au moins des explications aux Marocains. Le mieux qu’il puisse faire au lieu de continuer à se cramponner à son siège gouvernemental c’est de déposer sa démission. Il est discrédité. Carbonisé. Mort politiquement. Et moralement déchus. Sinon, comment un homme de son acabit peut-il faire comme si de rien n’était, continuer à prendre la parole, à ramener sa fraise sur les Droits de l’homme et représenter le Maroc à l’étranger alors que sa moralité a été gravement mise en cause ? Quel visage peut-il encore arborer et quel idéal peut-il encore défendre? Courage monsieur Ramid, démissionnez! Personne ne vous regrettera. Vous ne méritez plus la confiance royale ni celle des électeurs. Dans sa déchéance politique, face à sa conscience si tant il en a une, il ne sera certainement pas seul.

Dans le purgatoire qui est désormais son destin immédiat, il aura comme compagnon le ministre du Travail Mohamed Amekraz fâché comme lui avec la Sécurité sociale puisqu’il n’a déclaré les deux employés de son étude d’avocat à Agadir que le 19 juin, lorsque le scandale de son aîné du parti éclata comme une bombe à neutrons ravageuse pour l'image déjà ternie de l'islamisme au pouvoir. Le comble du comble c’est que le ministre du Travail, qui accéda subitement à la célébrité  après avoir été inconnu du citoyen lambda, se trouve être aussi le président du conseil d’administration de la CNSS. Incroyable mais vrai ! Quel gag politique ! Petit lot de consolation pour M. Ramid, ses longues années de fausse militance habillée des oripeaux d’une religion à mille lieues de son comportement déshonorant n’ont pas été vaines. Le ministre d’Etat d’affaires a eu d’après ce que l’on voit le temps de former de bons disciples qui comme lui piétinent allégrement les droits de leurs employés et des plus faibles qu’ils prétendent défendre.

Là où l’ont voit que le PJD, fort en rhétorique trompeuse, prospérant sur le terreau de l’ignorance et du dénuement, est une pépinière féconde du double jeu et de la tartufferie aggravée par un manque sidérant de compétence et d’expertise dans la gestion des affaires du pays. Un parti dont les ténors n’arrêtent pas d’être punis là où ils ont péché (scandale de mœurs en série et maintenant affaires d’atteinte aux droits sociaux de leur personnel). Les masques du mensonge sont encore une fois tombés. Sacrés marchands de religion et de la vertu illusoire !

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