CANETON FOUINEUR

L’enseignement supérieur croule sous les demandes de retraite anticipée et de démissions

Miraoui confronté à l’exode universitaire
Ahmed Zoubaïr
13/10/2022 0:25
Abdellatif Miraoui reçoit en boomerang les maux de l'université marocaine...

Au lieu de tirer les leçons qui s’imposent de cette vague de départs sans précédent pour la freiner, le ministre de tutelle a fait...

Au lieu de tirer les leçons qui s’imposent de cette vague de départs sans précédent pour la freiner, le ministre de tutelle a fait d’autres propositions aux chefs hiérarchiques des candidats au départ…

L’hémorragie qui commence à frapper l’enseignement supérieur public a provoqué un vent de panique  dans les couloirs du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation. La situation est telle que le ministre en charge du secteur, le PAM Abdellatif Miraoui, s’est senti obligé d’envoyer une lettre d’alerte datée du 6 octobre  aux responsables concernés dont l’inspecteur général-adjoint du ministère et les présidents des universités. Objet de la correspondance : attirer leur attention sur la «hausse croissante » des demandes de retraite@ anticipée ou de démission déposés par enseignants-chercheurs, cadres administratifs et techniques et qui pour la plupart obtiennent l’accord de leurs chefs hiérarchiques. Et le ministre d’indiquer que l’approbation en dernière instance par le ministère de ces demandes de départs avant l’heure  conduira  sans conteste  à une « grande pénurie » en enseignants et fonctionnaires dans les universités et leurs départements administratifs tout en évoquant la possibilité pour ceux dont les dossiers essuieront un refus ministériel de recourir aux tribunaux administratifs pour obtenir gain de cause.  

Défaut d'attractivité

S’il n’est pas enrayé, ce phénomène rejaillira  négativement, ajoute le ministre,  sur l’encadrement pédagogique et administratif des institutions universitaires concernées. Le moment est mal choisi surtout que cet exode intervient à la veille, rappelle-t-il, de la mise en œuvre du «  plan national d’accélération de la transformation de l’enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de  l’Innovation ». Pour le ministre pris de panique, la solution est simple : Les chefs hiérarchiques n’ont qu’à freiner cette forte vague de  démissions en ne donnant « leurs accords qu’aux cas « extrêmes et justifiés ». Débordant d’idées innovantes,  M. Miraoui a oublié de mentionner une méthode radicale: enchaîner les candidats au départ à leurs bureaux ! Comme ça, ils ne pourront jamais quitter leur travail et leurs patrons  n’auront pas à leur signer quoi que ce soit ! Or, l’affaire est trop sérieuse pour être expédiée via une correspondance administrative. Compte tenu de la gravité de la situation, elle nécessite  de la part du ministre la convocation d’une réunion d’urgence avec l’ensemble des acteurs concernés pour débattre de ce problème dont la solution n’est pas seulement administrative. En fait, cette vague de départ du monde universitaire marocain traduit son défaut d’attractivité qui pousse enseignants et cadres administratifs à mettre fin à leur carrière après s’être interrogés sérieusement sur leur avenir pour mettre leur expertise et expérience au service des écoles et universités  privées. Continuant à pousser comme des champignons, ces dernières ont besoin de personnel enseignant qu’elles puisent généralement dans le vivier du public en offrant des conditions matérielles et morales motivantes pratiquement inexistantes dans les institutions d’État.

Un enseignant du supérieur en milieu ou en fin de carrière a besoin d’être rassuré sur un certain nombre de choses liées à leur avancement à la fois salarial et professionnel que de nombreux enseignants trouvent insatisfaisant. Sans oublier les conditions de travail qui laissent beaucoup à désirer pour les enseignants-chercheurs… Au bout de 30 ans de service, un enseignant d’université arrive au plafond avec le grade C qui correspond à un salaire  29.000 DH par mois. Les plus ambitieux qui sont souvent les plus capés sont souvent tentés de pantoufler…    

D’où l’urgence de revoir le statut, figé toujours à l’état de projet, de cette catégorie pour le rendre plus attrayant.

En attendant, la vague des départs des universités et des écoles et instituts qui leurs sont rattachées  risque de ne pas être ponctuelle. Elle risque de se poursuivre si M. Miraoui et ses équipes  paient leurs interlocuteurs juste de mots pour stopper l’exode universitaire. Sans tirer les leçons qui s’imposent de cette grosse alerte…

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