Le Programme d'appui et de financement des entreprises mobilisera 8 milliards de dirhams sur les trois prochaines années. Toutefois, l’inves

Il s’agit sans doute de la plus grande opération de soutien à l’entreprenariat jamais lancée au Maroc. Emanation d’une forte volonté royale exprimée dans son discours d’ouverture de la session parlementaire du 11 octobre 2019, ce programme vise à booster la création à la fois des richesses et de l’emploi dans un pays,  confronté de plus en plus à la montée continue du chômage des jeunes, diplômés ou pas.  « Nous invitons le gouvernement et Bank Al-Maghrib, en coordination avec le groupement professionnel des banques du Maroc, à œuvrer à la mise au point d’un programme spécial d’appui aux jeunes diplômés, de financement des projets d’auto-emploi », a déclaré le souverain. 

Ainsi mobilisés, les représentants du secteur financier, le ministre de l’Économie, des finances et de la réforme de l’administration, Mohamed Benchaâboun, le wali de Bank Al-Maghrib, Abdelatif Jouahri, et le président du Groupement professionnel des banques du Maroc (GPBM), Othman Benjelloun, ont présenté au souverain le 27 janvier dernier à Rabat un programme intégré de financement des entreprises. Ce dernier est le fruit de nombreuses réunions organisées   entre le gouvernement, la banque centrale et le secteur bancaire. Les taux d’intérêts auraient été certainement au-dessus des 2% en milieu urbain et 1,75% dans monde rural si S.M le Roi Mohamed V ne s’était pas impliqué personnellement pour fixer des modalités de crédit aussi incitatives. C’est que le souverain veut que le taux d’intérêt des prêts, d’habitude assez élevé, ne soit plus un frein pour les jeunes désireux de s’installer à leur propre compte. Autre barrière d’importance levée, la suppression de la caution personnelle exigées en guise de garantie des prêts octroyés. «  

L’une des mesures phares du programme est également l’abandon de toute forme de garantie à l’exception de celles liées au projet ainsi que la simplification des procédures de traitement des demandes de financement, explique un directeur d’agence d’une grande banque de la place.   Mais il faut que les projets proposés soient innovants et bancables pour être acceptés ».  Il ajoute pour mieux expliciter sa pensée : « Contrairement aux interprétations pouvant naitre dans l’esprit de certains candidats, le programme Intelaka (démarrage), doté d’une enveloppe de 8 milliard de DH, n’est pas un cadeau financier fait aux jeunes, ces derniers sont tenus de rembourser les crédits contractés pour financer leurs projets.      


Une bonne probabilité de réussite


Les Marocains ont toujours en tête le gâchis monumental que furent les précédents programmes d’appui à l’entreprenariat lancés par le gouvernement. Le Crédit Jeune promoteur (CJP) initié au début de la décennie 90 et et le programme Moukawalati lancé en 2006 n’ont pas atteints les objectifs initialement fixés en termes de création de projets et d’emplois. Les responsables semblent avoir appris des erreurs du passé et sont décidés à agir sur les dysfonctionnements qui ont fait capoter ses chances de réussite », estime-t-on du côté du ministère de l’Économie et des Finances, convaincus que l’accompagnement et l’encadrement des porteurs du projet sont des facteurs de réussite déterminants.

Dans ce sens,  les promoteurs du nouveau programme prévoient, pour la première fois, la création dans chaque région du pays, en coordination notamment avec les CRI et les centres de formation,  d'un corps ou des associations dotés d’une capacité d'encadrement des entrepreneurs et les accompagner pendant la phase de la création et surtout post création. Ce dispositif sera mis en place par le ministère de l’Economie, des finances et de la réforme de l’administration en coordination notamment avec les CRI et les centres de formation. En plus de l’accompagnement, les acteurs concernés vont également devoir assurer le suivi selon le témoignage du ministère des finances. « Nous étions au début sur un suivi trimestriel, et ce qui était déjà une exception. SM le Roi a donné des instructions pour que ce suivi se fasse mensuellement et qu'il remonte au plus haut niveau », a assuré le secrétaire général du ministère, Zouhair Chorfi. « Ce suivi mensuel nous permettra à travers les tableaux qui ont été élaborés d'avoir une connaissance très fine de ce qui va se passer sur le terrain », a-t-il expliqué.

L’élaboration et la mise en place d’un projet aussi ambitieux n’a été possible qu’avec l’adhésion forte et effective du secteur bancaire. En ordre de marche pour la réussite des projets, les banques ont déjà élaboré leurs offres dans le cadre du nouveau programme. Selon les affirmations du président du Groupement Professionnel des Banques du Maroc (GPBM), Othman Benjelloun, le secteur s’est engagé à contribuer à hauteur de 3 milliards de dirhams, à parts égales entre le secteur bancaire et l’Etat, au « Fonds d’appui au financement de l’entrepreneuriat ». « Chacune des Banques s’engage à mettre au service des jeunes porteurs de projets et des Petites et Moyennes Entreprises tout l’accompagnement dans la durée qu’ils requièrent, en termes de proximité, d’écoute, d’assistance à la structuration, de formation ou de Conseil, dans tous les secteurs économiques et de toutes les régions du Royaume », a-t-il souligné.

En plus de leur engagement pour la simplification des procédures d’accès à ce financement, les banques ont également pris l’engagement de réduire les délais de réponse aux entrepreneurs. Ce délai ne doit pas dépasser les trois semaines. «Ces délais seront d’autant plus facilités que les banques se verront confier par la Caisse Centrale de Garantie la délégation d’octroi de garantie pouvant atteindre jusqu’à 80% du montant du crédit», a affirmé le président du GPBM.

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