La clinique casablancaise de cet épidémiologiste, connu et reconnu, engagé bénévolement et efficacement dans la lutte contre ...

La clinique casablancaise de cet épidémiologiste, connu et reconnu, engagé bénévolement et efficacement dans la lutte contre le

Covid-19 a reçu, en guise de félicitations, une drôle d’inspection diligentée par le ministère de la Santé. Dur à avaler. Voici pourquoi…

Il est mystérieux le comportement du ministre de la Santé à l’égard de la clinique de Vinci à Casablanca. En pleine guerre contre le coronavirus, celle-ci-a eu droit  à une drôle de visite aux motifs très peu clairs, conduite par une escouade d’inspecteurs dépêchés par Khalid Ait Taleb ! Ce jeudi vers 17 heures 45, ces derniers débarquent dans cette unité de soins privée, activement engagée à titre bénévole depuis plusieurs semaines dans le combat contre le Covid-19. Qu’ils soient nantis ou de condition modeste, les malades y sont soignés dans des conditions très convenables grâce au soutien des autorités sanitaires et de certains laboratoires qui fournissent les médicaments nécessaires.  

Sur le pied de guerre, le staff médical et administratif est au complet, cornaqué par le propriétaire qui n’est autre que le Pr Jaafar Heikel. Celui-ci a du mal à cacher son étonnement en recevant ces drôles de visiteurs de fin d’après-midi. Mais il n’est pas encore au bout de ses surprises : ses hôtes  ne sont munis d’aucun ordre de mission. Plus grave encore, le Pr Jaâfar était censé être avisé à l’avance de cette «descente» via le conseil de l’Ordre des médecins, ce qui n’est pas le cas.

En homme courtois et affable, il invite tout de même les envoyés de  Aït Taleb- qu’il aurait pu renvoyer- à le suivre dans son bureau où ils sont accueillis dans les règles de l’art. Les questions de ses apprentis-inspecteurs portent essentiellement sur le protocole thérapeutique adopté par la clinique pour soigner les patients du Covid-19. Ce n’est pas une entrevue, c’est un interrogatoire, style : Vous utilisez Plaquenil ou Nivaquine, pourquoi vous n’avez pas des patients en réanimation, par quel canal la clinique reçoit les malades, qui prend en charge les frais d’hospitalisation ? Le professeur, qui a eu l’impression d’avoir été cuisiné, répond de bonne grâce aux interrogations de ses interlocuteurs qui d’après lui trahissent à la fois la méconnaissance de leur sujet  et le but inavoué de leur démarche: prendre connaissance de l’offre de soins de la clinique pour comprendre les ressorts  de la réussite du traitement proposé. Mais la manière n’y est pas du tout. Dur à avaler pour Jaâfar Heikel qui n’a pas manqué de signaler ce qu’il a pris comme une agression dans une lettre adressée au Wali de Casablanca-Settat.

De Vinci a pris en charge  à ce jour  près de 80 patients Covid-19 depuis que son patron a  répondu spontanément à l’appel des responsables de Casablanca pour participer à la lutte contre la pandémie. Tous sont pratiquement soignés selon la méthode du Pr Jaafar basée sur la chloroquine associée à d’autres médicaments. Pour le moment, les résultats, qui lui ont valu les félicitations des différentes autorités (locales, politiques et sécuritaires),  excepté celles du ministère de tutelle, sont très probants puisque la clinique n’a enregistré aucun décès dû au Covid-19.

Est-ce cette performance qui a  suscité la curiosité du ministre de la Santé au point  qu’il décide de dépêcher ses hommes à la clinique sans respecter ni les règles d’usage ni de bienséance ? «Le ministre aurait dû prendre son téléphone et  s’entretenir directement avec le Pr Jaâfar au sujet de son protocole thérapeutique au lieu de lui envoyer des  fonctionnaires pour le soumettre à un interrogatoire grossier », fait remarquer un médecin de la clinique, choqué par l’attitude du ministre. « Quand vous faites du bon travail en prenant des risques, le ministre de la Santé ne vous félicite pas, il vous inflige une inspection », renchérit un autre.


Engagement a minima


Or, Jaâfar Heikel est un expert qui justifie d’un parcours académique assez étoffé. Titulaire d’un doctorat d’Etat en épidémiologie décroché à Montréal, consultant international de l’Organisation internationale de la Santé (OMS),  titulaire d’un MBA en finance et gestion d’entreprises à Sherbrooke, ce médecin spécialiste en maladies infectieuses a, compte tenu de son profil  et de son savoir, naturellement sa place dans l’équipe d’experts entourant le ministre.  Mais il n’a pas été invité curieusement à en faire partie alors que son expertise précieuse fait de lui d’office un homme digne d’être consulté et écouté pour mieux affronter les ravages du Covid-19. Ce qui ne l’a pas empêché, depuis l’apparition du coronavirus au Maroc, à prendre la parole sur cette maladie en donnant, du haut de son expérience épidémiologique de 30 ans,  son avis dans les différents médias. Le ministre de tutelle  en a-t-il pris ombrage, lui, qui s’est confiné bizarrement dans son bureau alors qu’il est  attendu sur le terrain des opérations pour s’enquérir de la situation des hôpitaux et de leurs moyens ainsi que des besoins du personnel soignant en première ligne contre le fléau ?

Visiblement, Khalid Aït Taleb n’est pas homme à prendre des risques. Pas d’apparitions publiques. Engagement a minima. En somme, un confiné qui prend bien soin…de lui.

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