Après avoir perdu il y a quelques mois la production de l’énergie au profit de Masen dirigé par Mustapha Bakkoury, le ministre PJD vient de

Après avoir perdu il y a quelques mois la production de l’énergie au profit de Masen dirigé par Mustapha Bakkoury,  le ministre PJD vient de voir l’AMEE passer sous le giron de Moulay Hafid Elalamy.  

Selon le dictionnaire Larousse, le mot effeuillage signifie «une opération qui consiste à détacher d’un arbre un certain nombre de feuilles pour permettre à la lumière et à la chaleur du soleil de pénétrer jusqu’ aux fruits». Et c’est exactement ce que subit depuis quelque temps sans moufeter un membre du gouvernement, en l’occurrence Abdelaziz Rabbah. Le pauvre ministre PJD en charge de l’Energie, des Mines et de l’Environnement vient de se faire déposséder de la tutelle de l’agence marocaine pour l’efficacité énergétique (AMEE) dirigée par le passionné Saïd Mouline. 

Et devinez qui en a hérité par décret du Premier ministre publié au Bulletin officiel, Moulahom Hafid, voyons !  En plus du Commerce, l’Industrie, l’Investissement et l’Économie numérique et verte, ce dernier chapeaute l’Economie numérique et verte. Le ministère tentaculaire de Moulahom a été verdi à la faveur du remaniement ministériel d’octobre 2019 qui a accouché d’un gouvernement plus ramassé débarrassé d’une kyrielle de secrétariats d’Etat inutiles. 

Mais promis-juré, avec celui qui a acquis la réputation de superministre, beau et intelligent,  la lumière que M. Rabbah est accusé d’empêcher de passer va enfin éclater !     

Alors que le ministre concerné s’est gardé de réagir publiquement à son dépouillement,  le syndicat du personnel affilié à l’UMT a dénoncé une opération de démantèlement qu’il s’est dit décidé à combattre. Ceux qui connaissent les dessous des piles parlent plutôt d’une action de débranchement politique qui a débuté avec l’amputation du ministère il y a quelques mois du volet production de l’énergie au profit de l’Agence marocaine pour l’énergie durable (Masen), fer de lance la stratégie énergétique du Maroc, dirigée par Mustapha Bakkoury. 

Selon un observateur averti, M. Rabbah est en train de payer en quelque sorte son inefficacité politique et son manque d'énergie qui ont fini par rejaillir sur les chantiers stratégiques pilotés entres autres par l’agence de l’efficacité énergétique. M. Rabbah n’est pas du genre entreprenant, capable de faire bouger les choses. «Il est complètement déphasé par rapport aux enjeux de tout ce qui est économie d’énergie et les solutions qui s’y rapportent notamment dans le domaine de l’industrie et bâtiment», explique notre interlocuteur qui lui trouve tout de même des circonstances atténuantes : «Rabbah n’a pas l’étoffe d’un décideur ni l’âme d’un leader ». Dans ces conditions, l’on imagine aisément la relation qu’il entretenait avec le patron de l’AMEE. L’un n’ayant pas des atomes crochus avec l’autre, le courant a du mal à passer. 


Même profil


Comment pouvait-il en être autrement avec un ministre carriériste, fonctionnant à l’ancienne, très politique politicienne, qui ne connaît que dalle aux métiers de l’énergie ? Le destin d'un ministre pas branché n'est-il pas d'être débranché? L’Energie et les Mines fait partie des poids lourds du gouvernement et méritait de ce fait une stratégie sectorielle claire et ambitieuse à l’image du Plan Maroc Vert ou d’accélération industrielle. Mais Notre Rabbah national n’a rien proposé à ce niveau-là, préférant inaugurer les chrysanthèmes plutôt que de s’engager sur un plan d’action réaliste qui l’obligerait à mouiller sa djellaba pour atteindre des résultats performants. Son prédécesseur à la tête de ce département sous le mandat de Benkirane, en l’occurrence son collègue du parti du nom de Abdelkader Amara, qui n’est pas plus entreprenant, partageant avec Rabbah le même profil tire-au-flanc,   ne lui a-t-il pas refilé le ministère sans la moindre feuille de route?  Abdelaziz Rabbah n’a, à son tour, rien laissé de consistant, hormis son fauteuil de ministre de l’Équipement et du Transport à Abdelkader Amara alors qu’il s’agit d’un département hautement stratégique qui méritait bien une stratégie sectorielle notamment dans sa composante maritime qui a subi un grand naufrage après la disparition de Comanav et la crise d’IMTC. Organiser la renaissance de l’armement national, ce n’est pas la mer à boire. Mais les deux ministres PJD ont soigneusement baissé pavillon depuis leur entrée au gouvernement. Peut-être n’aiment-ils pas faire des vagues ?   

Quant à Abdelaziz Rabbah, le fait qu’il perde en l’espace de moins d’un an le contrôle de deux agences (Masen et Amee) avec la bénédiction du Premier ministre issu du même parti que lui est lourd de signification. Saad Eddine Al Othmani, qui doit se considérer comme une lumière, trouve-il que Rabbah n’est pas très éclairé ? C’est le comble pour un parti qui a choisi la lanterne comme emblème ! Avec le PJD, on n’est pas sorti des ténèbres ! 

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