CANETON FOUINEUR

Quels profils pour des portefeuilles utiles au gouvernement?

Secrétaires d’État de divergences…
Ahmed Zoubaïr
17/2/2022 0:31
Le président du RNI veut accréditer des candidats à la compétence avérée...

Les secrétaires d’État n’ont toujours pas fait leur entrée au gouvernement. En cause, des désaccords entre les dirigeants des trois...

Les secrétaires d’État n’ont toujours pas fait leur entrée au gouvernement. En cause, des désaccords entre les dirigeants des trois partis de la majorité autour des profils à proposer...

«Il sera procédé ultérieurement à la nomination de secrétaires d’État dans certains départements ministériels », précisait le communiqué du cabinet royal, rendu public à l’issue de la nomination du gouvernement de Aziz Akhannouch intervenue le 7 octobre 2021.  Plus de quatre mois plus tard, rien de nouveau ne s’est produit et l’exécutif fonctionne toujours avec des ministres de plein exercice. Mais où sont donc passés ces secrétaires d’État dont la nomination devrait intervenir dans la foulée de l’installation du gouvernement ?  

A quoi rime ce retard qui commence à susciter une foultitude de questions? Celui-ci est-il la résultante d’une crise de profils adaptés à la nature de la fonction de sous-ministre ou faut-il y voir la conséquence de divergences entre les trois composantes de la majorité (RNI, PAM et Istiqlal) sur les noms des candidats à accréditer ?

Il y a bel et bien blocage et il provient en effet d’une bataille serrée qui met en lumière des désaccords au sujet de la conception même du rôle de la secrétaire d’État dans un gouvernement. Alors que le chef du gouvernement et président et RNI Aziz Akhannouch tient à proposer des techniciens connus pour leur compétence dans les domaines concernés, le patron de l’Istiqlal Nizar Baraka pour lequel l’expertise du candidat est un critère secondaire cherche à faire nommer les frustrés de la dernière ministrabilité comme le chef du groupe parlementaire du parti Noureddine Mediane.

En somme, M. Baraka cherche à transformer l’opération secrétaires d’État en une espèce de session de rattrapage pour caser ceux auxquels il avait promis un strapontin et qui n’ont pas été validés pour entrer au gouvernement. Ce qui lui avait valu alors le mécontentement et les critiques des frustrés du pouvoir ainsi que d’une frange du parti surtout qu’en dehors de Baraka les trois autres ministres nommés sur le quota de l’Istiqlal ; Mohamed Abdeljalil (Transport et Logistique), Ryad Mezzour (Industrie et Commerce), Aawatif Hayar (Solidarité, Insertion sociale et Famille), ne sont pas des militants du parti. On reproche à Nizar d’avoir accepté des noms parachutés dépourvus de surcroît de légitimité des urnes et de ne pas avoir défendu les candidatures des « vrais istiqlaliens » actifs au sein des instances du parti.  Seul l’homme fort de l’Istiqlal, le nabab du Sahara Hamdi Ould Errachid, a réussi à décrocher sa part du gâteau politique en négociant l’élection de son gendre, Naâm Miyara, au poste de président de la deuxième Chambre.

Compétence

Nizar Baraka compte justement sur les secrétaires d’État pour réparer ce que des adversaires au sein de l’Istiqlal considèrent comme une faute politique et se racheter aux yeux de Médiane et compagnie qui ne désespèrent pas d’une récompense pour leurs nombreuses années de militance. Cette vision istiqlalienne du secrétaire d’État tend à perpétuer l’idée selon laquelle ce portefeuille sert juste à satisfaire les ambitions politiques des frustrés de la ministrabilité et à calmer leur colère contre le chef.   Or, un secrétaire d’État est un poste essentiel dont le titulaire est censé justifier d’une compétence dans le domaine qui lui est dévolu. Et Dieu sait si le gouvernement actuel en a grandement besoin dans de nombreux secteurs essentiels comme l’Intérieur, les Affaires étrangères, le Sport, le Tourisme et l’Eau. Le critère de compétence pourtant d’importance a été jusqu’ici rarement pris en compte et le secrétaire d’État a tendance à être considéré par son ministre comme un secrétaire indigne d’avoir la moindre prérogative. Une dérive qui a provoqué bien des conflits de compétence dont certains furent spectaculaires entre le ministre de plein exercice et son secrétaire d’État qui se sont livrés une guerre larvée alors qu’ils sont censés travailler l’un et l’autre au service du pays.

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