Ahmed Zoubaïr
14/10/2021 12:07
Fatim Zahra Ammor, Ministre du Tourisme, de l’Artisanat et de l’Economie Sociale et Solidaire.

En plus des 24 ministres déjà nommés, le gouvernement Akhannouch va compter en son sein des secrétaires d’Etat. Mais tout porte à croire...

En plus des 24 ministres déjà nommés, le gouvernement Akhannouch va compter en son sein des secrétaires d’Etat. Mais tout porte à croire que les critères qui président cette fois-ci à leur choix s’inscriront en rupture avec ceux du passé. Explications.

Selon le communiqué du cabinet royal annonçant, jeudi 7 octobre 2021, la nomination des membres du gouvernement Akhannouch, les 24 ministres composant  ce dernier  se verront adjoindre pour certains d’entre eux de secrétaires d’État. Reste à  dévoiler les noms de ces sous-ministres et surtout les départements ministériels où ils sont appelés à officier ceux qui, venant au dernier échelon de la hiérarchie ministérielles, sont placés sous l’égide d’un ministre ou du Premier ministre. Ce qui n’enlève en rien à leur importance dans une équipe gouvernementale. Bien au contraire. Reste à savoir, cependant, si le Maroc compte bien rompre cette fois-ci avec la logique contre-productive qui a présidé à leur nomination dans les exécutifs précédents. Une logique qui consistait à multiplier les secrétariats d’État juste pour offrir des portefeuilles aux partis de la majorité qui jouent volontiers les forces d’appoint quand ils sont représentés au gouvernement. Cette façon de faire, qui permet de satisfaire les ambitions ministérielles des uns et des autres sans véritable nécessité politique avérée,  a eu comme conséquence de dévoyer la fonction de secrétaire d’État  en la vidant de sa substance et en l’éloignant de son rôle originel. Pire, cette dérive a engendré des conflits de compétence, dont certains furent spectaculaires, entre le ministre de pleine exercice et son secrétaire d’État, qui se livrent de ce fait une guerre larvée alors qu’ils sont censés travailler l’un et l’autre  en bonne intelligence au service du pays. Or,le secrétariat d’État est un poste technique de haute importance dont le titulaire est chargé d’un département particulier où il  possède une expertise reconnue. Celle-ci lui permet de  préparer  pour son « ministre politique», qui n’est pas censé être connaisseur du secteur ou les secteurs dont il est le premier responsable, les différents scénarios relatifs à une réforme jugée stratégique pour un domaine précis.

Prenons par exemple Mohamed Abdeljalil repeint aux couleurs de l’Istiqlal qui s’est vu attribuer le ministère du transport et de la logistique. L’intitulé du portefeuille est vague, le transport comportant plusieurs filières, le routier, le ferroviaire, l’aérien et le maritime. Jusqu’ici directeur général de Marsa Maroc, ce Pont et Chaussées très brillanta été certainement choisi pour son expertise dans  le maritime. Domaine où le Maroc est appelé d’urgence  à réagir pour reconstruire son pavillon national dont la disparition pénalise grandement son commerce extérieur et sa compétitivité tout en occasionnant, dépendance de l’armement étranger oblige,  une saignée en devises de plus de 25 milliards de DH par an au titre du fret et du transport passagers… Mais le Maroc a également besoin de s’engager  résolument sur  une autre réforme tout aussi importante laissé en plan, celle du transport routier notamment voyageurs, maintenu depuis des lustres dans un état désastreux qui ne fait pas honneur du pays. Le modèle existe et il a pour nom la CTM. Dans un pays devenu un chantier à ciel ouvert sous l’impulsion de S.M le Roi Mohammed VI, Nizar Baraka, qui a hérité de l’Équipement et de l’Eau, a besoin à coup sûr d’un secteur  d’État qui s’y connaît dans le domaines des ouvrages hydrauliques, des ponts et des routes…Un Pontiste comme l’Istiqlalien Youssef Tazi, dont l’entreprise  des BTP a construit dans les années 90 des routes et des barrages dans des pays de l’Afrique de l’Ouest,  est certainement un atout de taille pour le ministre politique qu’est Nizar Baraka. Patrimoine ancestral qui n’a pas de prix, l’artisanat a perdu en visibilité et partant en importance depuis qu’il a été incorporé dans le portefeuille du Tourisme.

Ce secteur, confronté à de multiples défis dont celui de sa perpétuation du fait que de nombreux artisans n’arrivent pas à vivre de leur art, gagnerait à disposer d’un secrétariat d’État dirigé par un profil expert. La mission de celui-ci est de réhabiliter le métier d’artisan en lui assurant un revenu stable et décent.  L’une des pistes  pour y arriver serait  l’élaboration d’une loi qui impose  un pourcentage à définir des différents savoir-faire artisanaux ( boiserie, décoration, tapisserie, ferronnerie,zellige, maroquinerie…) dans les bâtiments publics et même à vocation touristique. Une telle réforme ferait travailler les maaelms et les employés du secteur dont des bataillons crèvent de faim faute justement de demande et susciterait même des vocations.  Ce n’est pas normal en effet  que le parc immobilier de l’État contienne exclusivement des matériaux importés excessivement chers  alors que le Royaume regorge d’une richesse artisanale reconnue mondialement.  Le produire local artisanal est là. Il faut juste l’encourager en  le valorisant parla mise en place d’une commande publique ambitieuse.

Secteur transversal qui fait vivre plusieurs dizaines de milliers de familles y compris dans le monde rural traversé par les routes touristiques, le tourisme gagnerait également à être adossé à un secrétariat d’État. Surtout que de nombreux prestataires de service et de professions touristiques sont au bord de la faillite en raison de la crise sanitaire. Le tourisme est un métier  qui s’apprend sur le terrain et rien de tel qu’un opérateur du secteur qui soit expert et expérimenté pour redresser un secteur sinistré et accompagner efficacement ses acteurs en détresse. Réhabiliter  la fonction de secrétaire d’État pour en faire un levier d’expertise au service des secteurs qui ont surtout besoin de réformes et de soutien  est un impératif politique imposé par la mise en œuvre des recommandations du nouveau modèle de développement.

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