Hassan Benaddi
10/11/2021 23:47
Hassan Benaddi

Faut-il carrément questionner avec lucidité, et en toute sérénité, l’histoire tumultueuse de ce Maghreb face aux impérialismes,...

Faut-il carrément questionner avec lucidité, et en toute sérénité, l’histoire tumultueuse de ce Maghreb face aux impérialismes, pour comprendre ce que servent les dictateurs d’Alger et qui ils servent en réalité ?

La tension qui monte au Maghreb, du fait de la posture belliqueuse des gouvernants d’Alger, est en train de se transformer en véritable chantage au suicide. Dans leur délire anti-marocain, ces derniers sont vraisemblablement sur le point de précipiter leur pays et l’ensemble de la région dans une aventure aux conséquences incalculables. Incapables de concevoir les voies et les moyens de sortir du cul-de-sac historique, dans lequel leur opportunisme et leur félonie les ont conduits, ils s’entêtent, en se drapant d’arrogance en guise de fierté et de déni des réalités en guise de fermeté. Le Maroc n’a pourtant pas cessé de multiplier les marques de conciliation, de respect strict des règles de bon voisinage et d’assurances solennelles, exprimées par la voie la plus autorisée, celle de son roi, de ne jamais rien permettre qui pourrait attenter à la sécurité de l’Algérie et aux intérêts de son peuple. Ce à quoi les « responsables » algériens ont opposé un torrent de mensonges et d’invectives, visant à envoyer au monde entier une image sciemment surfaite de voyous prêts à tout.

Ce faisant que cherchent-ils ? A quoi rime leur escalade dans les manifestations d’hostilité au Maroc?

Au-delà des explications plausibles, qui mentionnent, à juste titre, l’aggravation des difficultés internes et l’incapacité d’y faire face, alors que la quasi-totalité de la population crie depuis des mois son raz-le-bol et son exigence d’un  changement radical, il ne suffit pas d’invoquer la simple diversion par la désignation du danger extérieur, pour trouver une réponse suffisante. Oui, il faut aller bien au-delà. Et c’est vers l’Europe qu’il faut tourner le regard pour avoir un début de réponse à notre questionnement… C’est vers cette Europe hier si prompte à voler au secours des jeunesses révoltées des printemps arabes, en Syrie par exemple, et surtout en Syrie, mais qui reste impassible face au Hirak algérien et face au cortège d’exactions et de répression des jeunes, qui n’ont jamais cessé de crier « Silmya, Sylmya,» dans l’indifférence, ou presque, des médias occidentaux !? Ou bien faut-il prêter attention aux « analyses fines » de certains think tanks, confectionneurs de stratégies, qui conseillent carrément aux décideurs européens d’œuvrer pour ralentir le développement du Maroc (sic), afin d’assurer l’équilibre du Maghreb …dans le sous-développement et la dépendance !?

Faut-il carrément questionner avec lucidité, et en toute sérénité, l’histoire tumultueuse de ce Maghreb face aux impérialismes, pour comprendre ce que servent les dictateurs d’Alger et qui ils servent en réalité ?

La bienséance empêche de pousser plus loin ; jusqu’à exiger par exemple des puissances qui ont colonisé le Maghreb de dire la vérité, toute la vérité et rien que la vérité sur leur passage par ici…et surtout sur le dépeçage de l’Empire chérifien… Ils n’en feront rien ; et c’est à nous qu’incombera cette tâche. C’est à nous, Mauritaniens, Marocains, Algériens, Tunisiens et Libyens, qu’incombe la tâche d’interroger méthodiquement et sereinement le passé, pour opérer le véritable travail salutaire de déminage. C’est ce qui permettra d’ouvrir la voie de nouvelles retrouvailles, avec nous-mêmes, et avec nos voisins, au nord et au sud de ce Grand Maghreb si prometteur et ô combien dispensateur de paix et de prospérité, pour les siens d’abord, et pour tous ses partenaires. Mais également capable de résister et de défendre sa terre et sa liberté contre toute domination.

Le Maroc, dans son élément maghrébin, a résisté et s’est toujours acquitté de son devoir de solidarité, tout au long de cette longue confrontation, que lui a imposée l’expansion coloniale européenne. Il a souvent été amené à consentir de douloureux sacrifices, dont ont déjà témoigné de valeureux combattants algériens sincères. Les sultans alaouites n’ont jamais lésiné sur le devoir de rescousse, tout au long des siècles de la pénétration européenne, et souvent malgré le déséquilibre des forces. Les souverains marocains ont abrité, armé et secouru, la résistance algérienne et le peuple frère d’Algérie, pendant sa résistance à l’occupation et au moment de sa lutte pour l’indépendance. Le peuple marocain est parfaitement au fait de ces vérités et en est plein de fierté. La falsification et le déni n’y pourront rien.

Alors pourquoi l’entêtement ?

L’escalade anti-marocaine exprime en fait le désarroi face aux nouvelles réalités du monde ; qui frappe de caducité la posture et la rhétorique d’une clique dédiée à une vaste escroquerie, qui remonte aux premières heures de l’indépendance algérienne et qui a procédé ni plus ni moins à la confiscation de la volonté du peuple algérien au bénéfice de cette clique, avec l’aval et la complicité du colonialisme, qui a tout concédé dans la forme, pour tout conserver quant au fond.

Devoir de solidarité


Grâce à la phraséologie révolutionnaire, de bon aloi au temps de la guerre froide, une camarilla s’est arrogée tous les droits et tous les pouvoirs, relayant au sein du Maghreb la pression permanente que les colonialistes n’ont jamais cessé d’exercer sur le Makhzen marocain, auquel , il devenait commode d’opposer l’Algérie « progressiste», voire «révolutionnaire» à  une monarchie « obsolète», subjuguant dans le même jeu fallacieux bien de bonnes volontés naïves et bien d’enthousiasmes sincères… Le rôle dévolu à cette Algérie «révolutionnaire » dans l’affaire du Sahara (1) n’aurait jamais pu fonctionner, sans le silence, voire la duplicité de la diplomatie des colonialistes…et de toutes les forces soucieuses de disposer de n’importe quel moyen de pression sur des entités nationales, comme le Maroc, connues à travers l’histoire pour leur attachement farouche à leur indépendance.

Ce n’est qu’au prix d’un engagement unanime et d’une cohésion inattendue du peuple autour la monarchie que le Maroc a pu déjouer le complot contre l’intégrité de son territoire national, sous le leadership de Hassan II, exactement comme il a pu triompher du complot du protectorat autour du leadership de Mohammed V. Sous la direction de Mohammed VI, le Maroc poursuit le défi de la consolidation de ses acquis, fort de son intelligence remarquable des nouveaux enjeux du Monde, de sa vigilance intransigeante sur les impératifs de sa défense nationale, avec un sens aigu des nécessités de la collaboration loyale, multilatérale ou bilatérale, sur le front de la lutte pour la sécurité et la paix, dans son voisinage et partout dans le monde.

Avec cette vigilance de tous les instants, le Maroc nouveau observe une posture de main tendue et d’ouverture sur tous les partenariats mutuellement fructueux. Rien d’étonnant qu’il applique la même politique d’ouverture dans son environnement immédiat. Ce faisant, il tend la main, fort de son bon droit et de la légitimité de son combat, pour faciliter à ses adversaires des moyens de sortir des impasses et des blocages hérités d’un autre temps, sans honte et sans déshonneur. C’est tout le sens de l’invitation au dialogue sans condition, solennellement adressée par le roi, du Maroc.

Cette invitation ouvre pour les peuples du Maghreb les horizons prometteurs d’une véritable résurrection. Gâcher cette occasion et de surcroît se précipiter piteusement dans un chantage au suicide, c’est s’exposer au jugement impitoyable de l’Histoire… Le Maroc, pour sa part à la conscience et le sens du long cours. Il aura la patience et le courage d’attendre que mûrissent les fruits que la fraternité des peuples maghrébins ne cessera jamais de cultiver. Ils annoncent déjà l’avènement au sein de chaque contrée du Maghreb de pouvoirs et d’institution légitimes, condition nécessaire pour tout engagement unitaire sincère.

1) A lire le papier scandaleusement tendancieux, publié par Le Figaro du lundi 8 novembre, sur l’imminence d’une escalade violente entre l’Algérie et le Maroc, on se demande si certains milieux nostalgiques anti-marocains, n’arrivent plus à se retenir. Ils brossent un tableau erroné des rapports de forces entre les deux pays, si erroné à faire croire à tous les débiles qui voudraient bien les croire, que la guerre ne sera pour le bellicisme algérien qu’une simple promenade de santé !


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