Khalid Ait Taleb semble agir en dehors du gouvernement...

Ce laissez-passer, dont l'adoption fait l’objet de critiques virulentes sur les réseaux sociaux, pose un certain nombre de problèmes...

Ce laissez-passer, dont l'adoption fait l’objet de critiques virulentes sur les réseaux sociaux, pose un certain nombre de problèmes juridiques qui entraînent  une multitude de zones d’ombre.


A compter du jeudi 21 octobre 2021, les Marocains sont obligés de présenter leur passe vaccinal pour se déplacer entre  provinces et préfectures, voyager à l’étranger et même accéder aux lieux publics tels que les restaurants, les cafés, les magasins, les hôtels, les salles de sport, les hammams ou les administrations. La belle affaire ! Ainsi en a décidé, sur recommandation du comité scientifique, le gouvernement Akhannouch qui a fait de ce laissez-passer un document officiel qui remplace  les autorisations de déplacement et les permis de quitter le territoire délivrés  jusqu’ici par les autorités locales. La nouvelle  est tombée à la veille de Aïd Al Mawlid, lundi  18 novembre en début de soirée pour une entrée en vigueur trois jours plus tard. Pourquoi tant de précipitation qui  tranche avec le contexte épidémiologique national marqué par une  amélioration notable  des indicateurs liés au Covid ?  Il n’ y a pas le feu… Ainsi le Maroc a-t-il décidé d'emboîter le pas à nombre de pays européens. Sauf que ces derniers ont rendu obligatoire le passeport vaccinal pour pousser les réfractaires à se faire vacciner. C’est  le cas notamment en France où l’exécutif a été contraint d’y recourir pour faire plier le puissant mouvement antivax. Tel n’est pas le cas du Maroc où les citoyens n’ont montré aucun mouvement de résistance au vaccin anti-covid. Bien au contraire, une majorité de la population s’est rendue spontanément dans les centres de vaccination pour recevoir la première, la deuxième et même la troisième dose. L’on a du mal dans ces conditions à comprendre le pourquoi de l’adoption par les autorités marocaines de ce dispositif, sachant que la campagne de vaccination se déroule toujours sous de meilleurs auspices. Et puis, à ce que l’on sache, la vaccination est facultative.  Mais le passeport vaccinal, lui, est obligatoire ! Conduite contradictoire pour ne pas dire aberrante.   

Voilà  donc que le nouveau gouvernement, dont les citoyens attendaient une tout autre  première mesure forte qui soit en relation avec leur quotidien difficile, l’érige sans crier gare en obligation sans que cela fasse l’objet du moindre débat. Ni de projet de loi censé être soumis au Parlement pour discussion et vote. Résultat : Le passe sanitaire à la sauce marocaine, dont la mise en place  est la cible de critiques virulentes sur les réseaux sociaux, soulève un certain nombre de problèmes juridiques qui entraînent de nombreuses zones d’ombre. Outre le problème de sa non-validation par l’appareil législatif et sa promulgation ainsi que celui posé par la protection des données personnelles, il y a la question de sa mise en œuvre sur le terrain, liée essentiellement aux modalités de contrôle. Un patron de magasin ou un serveur de café est-il habilité à jouer les vérificateurs des codes QR des clients ? Le gouvernement a fait l’impasse sur ce point crucial comme sur celui des sanctions. Qu’est-ce qui va se passer si un citoyen non vacciné accède quand même à un lieu public ? Où sont les agents verbalisateurs censés faire respecter la présentation du passe sanitaire ? Signe d’une grande improvisation politique, le flou est total.

Force est de constater que les décisions relatives à la crise sanitaire continuent à être balancées via des communiqués en début de soirée après recommandation du comité dit scientifique dont la légitimité pose vraiment question mais derrière lequel se cachent des responsables politiques visiblement résignés. Depuis le début de la crise sanitaire, le ministre de la Santé et de  la Protection sociale Khalid Aït Taleb donne l’impression d’être  un électron libre sur le front de cette crise. Et qu’il est le seul à avoir la haute main sur les décisions liées au Covid que le gouvernement ne fait qu’entériner sans discussion alors que certaines d’entre elles manquent franchement de bon sens comme le fermeture des salles de sport et des hammams ainsi que l’instauration du couvre-feu à 21 heures. Les Marocains ont subi pendant des mois des restrictions  invraisemblables  avec le gouvernement Al Othmani. Il semble qu’il n’y aura pas de rupture dans ce domaine avec l’arrivée du nouveau gouvernement qui n’a rien de neuf à cause de la poursuite des méthodes expéditives d’un Aït Taleb fâché en plus avec la communication.

Censé incarner le changement et être à l’écoute de la population en tenant compte de la réalité sociale et de ses multiples contraintes, l’exécutif actuel  est appelé à agir vite pour recadrer les choses en la matière en  donnant un peu de visibilité sur la suite des événements en relation avec l’évolution du Covid-19. On croyait, ainsi que l’ont seriné nos experts sur les ondes et dans les colonnes de la presse, que l’immunité collective allait être atteinte avec la double vaccination de près de 70% des Marocains. Pari gagné mais considéré curieusement comme insuffisant. Il faut encore  se faire piquer. Jusqu’ à l’overdose ? Visiblement, cette immunité est un objectif illusoire puisque le Maroc exige désormais une troisième dose de rappel. Sans que Khalid Aït Taleb, qui affectionne le silence, n’explique à partir de quelle dose, la quatrième, la cinquième ou même la dixième, les Marocains seront définitivement immunisés contre le coronavirus et surtout contre les décisions irréfléchies…


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