Ahmed Zoubaïr
17/6/2021 2:14
L'offre agroalimentaire nationale gagne en diversité.

La performance du secteur agricole profite de plus en plus à l’agroalimentaire dans ses différentes branches. Ce qui a impacté positivement les activités à l’export des produits transformés.

A l’export comme sur le marché local, l’agroalimentaire marocain connaît un véritable boom que la crise sanitaire actuelle n’a pas ébranlé. Selon les industriels et les ministères de tutelle, le secteur a joué un rôle stratégique pendant la pandémie en alimentant, de façon ininterrompue, le marché local tout en poursuivant le développement à l’international. Pour arriver à un tel niveau de performance, le secteur a pu compter sur pas moins de 2100 entreprises qui font travailler quelque 161 671 personnes. Représentant aujourd’hui un chiffre d’affaires de 161 MMDH, soit 24% du CA industriel, ce secteur emblématique de l’économie marocaine réalise désormais un chiffre d’affaires à l’export de 32,8 MMDH (15% des exportations industrielles) et une valeur ajoutée estimée à 39 MMDH (25% du PIB industriel). Avec ces réalisations le secteur s’est hissé au rang de principale filière de l’économie nationale et une source importante de devises.

Derrière cette performance se profile de grandes réformes nées de partenariats solides entre le ministère de l’Industrie et le ministère de l’Agriculture. En effet, depuis la signature, en 2014, d’un mémorandum d’entente devant le Souverain, visant à élaborer une feuille de route stratégique du secteur, le contrat-programme pour le développement des industries agroalimentaires a été mis en œuvre. Principal objectif fixé : assurer une meilleure convergence et complémentarité entre la stratégie industrielle et la stratégie agricole ; l’impact positif de ce programme sur le secteur s’illustre par une hausse 40% des exportations durant les six dernières années.

Avec plus de 91.058 nouveaux emplois créés durant la période allant de 2014 à 2021, le secteur s’est placé parmi les principaux pourvoyeurs d’emplois industriels. Les performances réalisées sont visibles notamment au niveau de 7 filières en particulier. Il s’agit de la valorisation des fruits et légumes frais, de l’industrie des pâtes et couscous, l’industrie de l’huile d’olive, l’industrie des viandes, la transformation des fruits et légumes, l’industrie laitière et biscuiterie, chocolaterie et confiserie.

Arrivant à sa dernière année d’exécution, le contrat-programme a permis la réalisation de 283 investissements, répartis sur toutes les régions du Royaume. Avec un montant global de 8 MMDH, ces projets sont en cours d’accompagnement à travers les mécanismes du Fonds de développement industriel et d’investissement (FDII) et le Fonds de développement agricole (FDA).

Filière

Selon les derniers chiffres révélés par le ministère de l’Industrie, ces investissements permettront de générer, à terme, plus de 21.290 emplois, un chiffre d’affaires global de 23,5 MMDH et un chiffre d’affaires à l'export de 6,9 MMDH. Par ailleurs, nombre de projets, nés dans le secteur de l’agroalimentaire, ont été réalisés dans le cadre de la banque de projets, lancée par le ministère de l’Industrie, en septembre dernier, pour la substitution de l’importation par la fabrication locale.

A ce jour, 122 projets d’investissement dans le secteur agroalimentaire, d’un montant global de 3,7 MMDH, ont été validés. Ce qui a permis de générer plus de 13.000 emplois. Ces investissements représentent un potentiel de CA de 5,1 MMDH et de 2,1 MMDH à l’export. En d’autres termes, le Maroc n’aurait plus à importer pour 5 MMDH et exporterait 2 MMDH de plus. Ce qui représente un gain de 7 MMDH pour la balance commerciale du pays. A rappeler qu’historiquement, le secteur a toujours pu compter sur ses opérateurs «légendaires» tirant chacun sa filière vers le haut. Que ça soit à l’échelle de la filière sucrière avec «Cosumar», dans la biscuiterie avec «Bimo», dans l’huile de table avec «Lesieur», ou dans la filière laitière avec «Centrale Danone», l’agroalimentaire marocain est adossé en effet, depuis les débuts du siècle dernier, à de grands opérateurs actifs aussi bien sur le marché national qu’à l’international.

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