CANETON FOUINEUR

Le gouvernement veut taxer les revenus des salariés au nom de la solidarité nationale

Une mesure impôt-pulaire
La rédaction
22/10/2020 10:15
M. Mohamed Benchaâboun, ministre de l'Economie et des Finances.

A peine dévoilée devant le Parlement par le ministre de l'Économie et des Finances Mohamed Benchaâboun...

A peine dévoilée devant le Parlement par le ministre de l'Économie et des Finances Mohamed Benchaâboun qu’elle suscite déjà la polémique. En cause, la proposition d’une nouvelle taxe de solidarité à laquelle seront soumises les entreprises qui réalisent un bénéfice net supérieur à 5 millions de DH. Le taux prévu est de 5% pour les groupes opérant dans des secteurs fermés à la concurrence comme le ciment, les carburants et les télécoms. Ce taux passe à la moitié (2,5%) pour les sociétés des autres secteurs d’activité.

Les personnes physiques n’échappent pas non plus à cet impôt de la solidarité. Il s’agit des salariés aussi bien du privé que du public qui verront, si la proposition n’est pas retoquée par les députés, leur traitement égal ou supérieur à 10.000 DH net ponctionné à hauteur de 1,5%. Ce nouvel impôt permettra au gouvernement de collecter la bagatelle de 5 milliards de DH. Certes, en ces temps de disette financière, tout le monde doit mettre la main à la poche.  

Un effort de solidarité nationale est nécessaire pour permettre à l’État dont les caisses sont devenues exsangues en raison de la crise sanitaire de boucler son budget et faire face à ses engagements. Mais certains dénoncent le fait que ce sont les mêmes qui sont taxés alors qu’il aurait été plus juste d’instituer un impôt sur la fortune dans un pays où les fortunés et autres rentiers adeptes du « vivons heureux vivons cachés » ne manquent pas. « L’imposition des grosses fortunes finira par devenir effective », explique un expert en fiscalité. Mais en attendant, ajoute-il, il est plus facile pour l’exécutif, pris par le temps, d’imposer les flux d’argent clairs et organisés que sont les revenus des salariés ponctionnés à la source et les entreprises opérant dans l’économie formelle. Ce qui est de nature à lui assurer une manne définie à l’avance. Le choix de la facilité, diront certains.

Ce qui est sûr c’est que cette nouvelle taxe, qui viendra s’ajouter à l’impôt sur le revenu (IR) jugé déjà élevé, ne passera pas comme une lettre à la poste. De belles empoignades en perspective. Les syndicats ont déjà annoncé la couleur en dénonçant une mesure antisociale. Impôt-pulaire.

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