Ahmed Zoubaïr
21/4/2022 1:00
La ministre du Tourisme, de l'artisanat et de l'économie sociale et solidaire, Fatim-Zahra Ammor.

Il est clair que les attaques orchestrées contre le programme Forsa ne sont pas dénuées de certaines arrière-pensées dont les auteurs...

Il est clair que les attaques orchestrées contre le programme Forsa ne sont pas dénuées de certaines arrière-pensées dont les auteurs misent sur son échec surtout que la ministre en charge du dossier a prêté le flanc aux critiques…

Les promoteurs du programme Forsa (opportunité en français), les services du ministère du Tourisme, de l’Artisanat et de l’Économie sociale, n’avaient pas besoin de mobiliser des fonds considérables à titre de la communication pour le faire connaître, via les réseaux sociaux, auprès de la population-cible. Ce programme a suscité une grosse polémique avant même son lancement. D’abord en raison du choix de ce ministère pour son pilotage à travers la Société marocaine d'ingénierie touristique (SMIT). Le lien entre cette institution et Forsa n’étant pas évident pour de nombreux observateurs qui voient dans le ministère de l’Inclusion économique, de la petite entreprise, de l’emploi et des compétences, dirigé par le PAM Younès Sekkouri, le tuteur naturel d’un tel dispositif. Certains sont allés jusqu’à faire état d’une opération de captation au profit du département de Fatim-Zahra Ammor qui aurait provoqué une crise politique entre alliés. Or, l’attribution de tel ou tel chantier gouvernemental à tel ou tel ministère relève du pouvoir discrétionnaire du chef de l’Exécutif, habilité à faire les arbitrages qui lui semblent judicieux. Pour Forsa, Fatim-Zahra Ammor était impliquée depuis le début dans la conception du programme, de son ingénierie et des mécanismes de sa mise en œuvre. Mais Mme Ammor a ceci de particulier qu’elle a toujours une controverse au frais. Problème de tempérament, peut-être.

Alors que la polémique autour de la tutelle légitime de Forsa n’a pas encore été éteinte, la voilà qui suscite une nouvelle levée de boucliers en faisant appel à une brochette d’influenceurs pour le lancement officiel de Forsa.  Se considérant injustement exclus de la couverture de cet événement au profit d’une communauté virtuelle, les journalistes du réel ont aussitôt monté l’affaire en épingle en tirant à boulets rouges sur la ministre.

Comme pour la tutelle de Forsa, cette séquence pose un problème de légitimité accompagnée d’un torrent de critiques et de procès d’intention  qui ont  eu comme résultante d’escamoter les objectifs du programme qui sont intéressants sur le papier:   Accompagnement au cours de 2022  de  10.000 porteurs de projets incluant tous les secteurs de l'économie pour un prêt à 100.000 dirhams en plus d’une prime de 10.000 DH, remboursable sur une durée maximale de 2 ans.

Contentieux

Les candidats ont la possibilité de s’enregistrer via une plateforme virtuelle ou dans des bureaux dédiés avant les étapes de la vérification et de la présélection, puis de l’entretien individuel, et du financement. Dans l’élaboration de Forsa, le gouvernement a veillé à verrouiller les critères d’éligibilité pour éviter de tomber dans les erreurs du passé qui ont conduit à l’échec de programmes plus ou moins similaires  comme Moukawalati, lancé en septembre 2006 et le fameux Crédit jeune promoteur initié  à la fin des années 80 par le  Conseil national de la jeunesse et de l’avenir (CNJA), dirigé alors par un certain Habib El Malki. La majorité des dossiers bancaires de ces deux programmes, visant à encourager l’emploi et l’entreprenariat des jeunes, ont fini en contentieux et devant les tribunaux. Il convient de rappeler, histoire d’avoir   une idée sur l'étendue du fiasco, que les promoteurs de Moukawalati, par exemple, se sont fixés comme objectif la création de 30 000 entreprises en trois ans alors que seuls quelque 300 projets ont pu aboutir en une année !  L’opération Forsa est venue dans le sillage du programme Intelaka lancé en 2020 au profit des TPE, TPME et auto-entrepreneurs en leur assurant un financement à des conditions très avantageuses.

Il est clair que les attaques orchestrées contre Forsa ne sont pas dénuées de certaines arrière-pensées dont les auteurs misent sur son échec surtout que la ministre en charge du dossier a prêté le flanc aux critiques. A commencer par les islamistes du PJD dont le chef a sauté sur ce qu’il a considéré comme une occasion rêvée pour  se refaire les dents que le parti a perdues sur le récif du triple scrutin du 8 septembre 2021, et redevenir un tantinet politiquement audible.  Surfant sur la controverse suscitée par ce programme, le PJD a rendu public un communiqué (à l’issue de la réunion du dimanche 17 avril de son secrétariat général) où il a repris à son compte l’essentiel des griefs formulés à son endroit comme le « gaspillage d’un budget de 23 millions de DH alloué au volet communication ». Et si Forsa était le programme qui va s’inscrire en rupture avec les échecs du passé ? « Le programme Forsa a été conçu différemment de ses ancêtres et il n’est pas comme le prétendent ses détracteurs une nouvelle usine à gaz qui engloutira l’argent public », précise une source proche du dossier.  Forsa, un nouveau départ solide pour les jeunes entrepreneurs ?

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