CANETON FOUINEUR

Le gardiennage de voitures en pleine expansion...

Une truanderie qui roule...
Jamil Manar
4/2/2021 2:24
Une fausse activité qui a les allures d'un racket organisé...

Mais qu’attend l’OFPPT pour lancer une formation en bonne et due forme à un métier pratiqué jusque-là au noir et sur le tas ?...

Mais qu’attend l’OFPPT pour lancer une formation en bonne et due forme à un métier pratiqué jusque-là au noir et sur le tas ? Ce métier très prisé, qui ne connaît pas de crise de vocation, tellement il a le vent en poupe, que l’on peut pratiquer, les mains dans la poche, entre 7 et 90 ans et même au-delà, c’est celui de gardien de voitures !  

L’office de Mme Loubna Tricha pourrait par la création d’un diplôme BTS en gardiennage et stationnement automobile réhabiliter un job peinard, accompli dans l’informel le plus absolu par les sans qualification professionnelle qui se comptent par plusieurs milliers au Maroc. Un gisement inépuisable où puise à volonté une camarilla de rentiers qui s’arrangent pour décrocher les appels d’offres relatifs aux aires de stationnement, lancés dans une belle opacité par les communes urbaines comme des Scud sur la tête de leur cible : la communauté des automobilistes. Les bénéficiaires de ces autorisations de s’enrichir en cash, qui échappent par conséquent au fisc, sont souvent des élus véreux qui se sont spécialisés depuis des années dans ce business juteux dont ils maîtrisent toutes les ficelles pendant que certains de leurs congénères plus gradés qu’eux, dotés de la délégation de signature, touchent du lourd sur les permis de construire ou d’habiter, les chantiers de la voirie ou de l’éclairage… Il est temps que les grands manitous du parcmètre humain sortent de l’anonymat pour recevoir les hommages de la nation pour leur contribution remarquable à la réduction du chômage au Maroc.

Les zélés du parking sont en pleine expansion. Sévissant partout. Sur les boulevards et les artères, les rues, les ruelles et jusque dans les impasses. Aux abords de toutes sortes de commerces et administrations, devant les pâtisseries, cafés, restaurants, marchés, supermarchés, boucheries. En bas de votre immeuble et devant l’entrée de votre lieu de travail ou en sortant de la mosquée… En sortant de chez vous, il faut payer. Pour aller travailler, il faut payer. Pour prier, il faut payer. Pour faire ses courses, il faut payer. Même si vous n’achetez rien, il faut payer quand même !  Pas le moindre arpent de l’espace public, fréquenté par l’homo automobilus, n’échappe à leur contrôle. C’est ainsi que Casablanca a été transformé par l’on ne sait quelle loi en d’innombrables parkings à ciel ouvert, objet de plusieurs sous-locations, qui in fine enrichissent une caste qui n’en finit pas de se servir via une fausse activité utilisée comme un moyen pour racketter les automobilistes. Moralité : Le dynamisme des uns sert à financer la rente des autres dans une truanderie permanente qui ne dit pas son nom.

Voie publique

Signe que ce pseudo-métier des sans travail ni qualification, est très convoité, ils sont souvent trois ou même quatre à se partager une rue comme un butin de guerre. Plus nombreux que les agents en uniforme officiel toutes fonctions confondues, ils sont partout nos anges gardiens des quatre roues (il ne manque plus qu’ils investissent votre espace vital pour veiller sur votre sécurité ! ). Côté sécurité, les Marocains sont bien servis ! Impossible que ces quidams que l’on reconnaît à leur blouse bleue ou à leur gilet couleur jaune, arborant pour la majorité la tronche de malfrats, ratent l’automobiliste qui a le malheur de se garer ne serait-ce qu’une dizaine de secondes. Dotés d’une audition sensible au bruit des moteurs, supérieure à la normale, ils accourent dès que vous vous apprêtez à démarrer pour pointer à hauteur de la portière en tendant énergiquement la main. Peu importe la durée du stationnement ! Tarif minimum : 2 DH les jours de semaine contre 5 et même 10 DH dans certains endroits très fréquentés pendant le week-end. Il faut passer à la caisse même en cas de stationnement en deuxième ou troisième position ! Ils tirent sur tout ce qui roule ou s’arrête sur la voie publique… Si vous êtes amené à faire plusieurs déplacements quotidiens en ville, c’est un vrai budget qu’il faut mobiliser. Les automobilistes en ont marre d’être tondus comme des moutons. En continu et sans aucune contrepartie. Si vous rechignez à faire acte de générosité, le gardien autoproclamé vous dévisage en vous envoyant une bordée d’injures à la figure… Pour échapper au paiement de cette taxe inventée pour leur profit par nos très chers élus-qui a dit qu’ils n’ont pas d’imagination ?-, il n’y a qu’un u moyen: rouler, rouler, rouler.

À longueur de journée. Sans jamais s’arrêter. Autrement, c’est la punition. Toute peine mérite salaire et la peine de ces forçats du parking consiste, paraît-il, à empêcher votre véhicule de se volatiliser… Ainsi va le quotidien des automobilistes dans les différents arrondissements de la métropole que ce soit au Maârif, Sidi Belyout, Anfa, Aïn Sebaâ… Ils se font taxer sans moufter, de jour comme de nuit, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Les jours ouvrables, les samedis et les dimanches et les périodes de fête. Qu’il pleuve ou qu’il vente.  Pas de répit pour la ponction. Les parkings sauvages installés sur des terrains vagues tout autour de la Joutia de Derb Ghallef ou de Morocco Mall sont réputés parmi les plus juteux de la ville.

Une véritable pompe à fric qui fonctionne à jet continu, avec un pic de rentabilité pendant les jours du week-end qui connaissent un rush humain phénoménal. Les samedis et dimanches, le tarif est fixe, 10 DH indépendamment de la durée du stationnement. Si l’on suppose que ces deux pôles très fréquentés attirent en moyenne chacun un minimum de 10000 voitures par jour… À vos calculettes ! Vous avez dit argent difficile ? L’on comprend aisément dans ces conditions les raisons inavouées de la guerre menée en sous-main il y a quelques années par certains élus contre les parcmètres installés par la mairie sur des artères de la ville en tentant de récupérer la colère des anti-sabots. Prétexte avancé : L’illégalité du recours à ce dispositif d’immobilisation des voitures par défaut de paiement du droit de stationnement. Cette guerre non dénuée d’arrière-pensées visait à obtenir le démantèlement des horodateurs existants et à freiner leur expansion en vue de favoriser la généralisation des parcmètres humains qui fonctionnent en toute illégalité et dans l’opacité totale. «  Au moins avec les horodateurs, vous obtenez un ticket sur lequel figure l'heure d'arrivée d'une voiture et la durée autorisée de stationnement », lâche un automobiliste. La transparence, bien sûr, n’arrange pas les élus véreux qui continuent à s’enrichir de manière indue et scandaleuse sur le dos des personnes motorisées. Jusqu’à quand ?

Individus multiservices...

Les gardiens qui se sont invités en pagaille dans le paysage urbain grâce à l’engagement de certains élus sont en fait des hommes à tout faire utilisés par leurs « employeurs » dans différentes occasions, essentiellement lors des élections. En guise de récompense pour leur rôle de rabatteur pendant la campagne électorale, ils sont placés pour certains comme préposés au gardiennage des voitures qui versent à leurs « bienfaiteurs  » une somme mensuelle forfaitaire qui peut aller jusqu’à 30 000 DH pour un petit parking. Puisqu’il s’agit d’une activité informelle, voire illégale, rien n’est écrit, les choses fonctionnent à la confiance. Comme ils sont constamment dans la rue, l’œil toujours ouvert, ces gardiens sont utilisés comme des auxiliaires  par la police en cas de besoin…


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