Abdellah Chankou
12.3.2020 0:00

La nouvelle Algérie, enfantée par le Hirak qui a eu raison de Bouteflika et de son clan, n’a rien de neuf.  C’est le même système ancien, la junte militaire qui tire les ficelles du pouvoir, qui continue. Abdelmajid Tebboune, le successeur en décembre 2019 de celui qui voulait rester président à vie, n’est qu’un pantin entre les mains de ceux qui exercent leur tutelle sur les dirigeants en civil depuis l’indépendance du pays en 1962.  Moins flamboyant,  dépourvu de charisme, ne dégageant aucun souffle, Tebboune est incapable de projeter le pays dans l’avenir, condamné malgré lui à jouer la partition de ses maîtres. Il a beau s’en défendre, tout à sa tentative d’apparaître comme un président démocratiquement élu et indépendant, auprès du Figaro auquel il a accordé en février dernier un long entretien, personne n’est dupe. « L’armée accomplit ses missions constitutionnelles ; elle ne s’occupe ni de politique, ni d’investissement, ni d’économie. Elle est là pour sauvegarder l’unité nationale, protéger la Constitution et les Algériens », a-t-il déclaré.  Pour l’élu de l’armée et qui voit des ennemis partout, il y a un autre lobby, le marocain dont toute la politique « repose sur l’endiguement de l’Algérie, et qui est présent en France ». « C’est un lobby, aux accointances économiques et sociales, qui a peur de l’Algérie et tente de s’immiscer sous prétexte qu’il est également concerné », a-t-il ajouté. 

Ceux qui croyaient que le rapprochement maroco-algérien viendrait avec la fin de la présidence Bouteflika en ont été pour leurs frais. 

Ceux qui croyaient que le rapprochement maroco-algérien viendrait avec la fin de la présidence Bouteflika en ont été pour leurs frais. De quoi perdre définitivement ses illusions sur la capacité des dirigeants algériens à se débarrasser de leurs anachronismes. Preuve est ainsi faite de manière claire que l’anti-marocanisme primaire est dans le pays des Aurès une affaire de système nourri par une cinquième colonne qui dirige toute la politique du pays, en interne et à l’international,  contre le Maroc et ses intérêts, principalement son Sahara. La réouverture de la frontière terrestre fermée depuis 1995, la reconstruction des relations avec le Royaume sur de nouvelles bases et le coût exorbitant du non-Maghreb, les vrais maîtres d’Alger s’en soucient comme de leur premier treillis. Leurs intérêts, bassement matériels, sont ailleurs. Continuer à mettre le pays et ses richesses en coupe réglée au mépris des attentes légitimes de la population en dilapidant la rente pétrolière. L’affaire du Sahara que les galonnés d’Alger sous l’époque d’un certain Abdelaziz Bouteflika alors ministre des Affaires étrangères ont créée de toutes pièces dans le but inavoué de déstabiliser le Royaume leur permet justement tous les trafics plus ou moins avouables. Le peuple, qui ne supporte plus d’être pillé sans moufeter,  l’a bien compris, il s’est mobilisé pendant plusieurs mois pour renverser le système. Mais ce dernier est toujours là, maintenu au prix de quelques parodies de procès pour corruption de hauts ex-dirigeants, hauts fonctionnaires et riches patrons de l’ère Bouteflika.  Cet assainissement à la carte sur fond de règlements de compte, destiné à faire calmer le mouvement de contestation, est juste de la poudre aux yeux. 

L’Algérie de Tebboune veut aujourd’hui rattraper le temps perdu en tentant de revenir en force en Afrique où sa diplomatie du chéquier ne mange plus de pain. Création d’une agence de coopération, signature de partenariats économiques, libre-échange, voilà en gros ce qu’elle a miroité récemment aux dirigeants du continent pour y reprendre pied. Cette action est aussi dirigée contre le Maroc qui a pris une longueur d’avance sur le continent où sa diplomatie active, fondée sur des partenariats économiques francs et sincères portés par S.M le Roi Mohammed VI, a marqué des points précieux jusque dans les bastions traditionnels de l’Algésario. Les fruits de cette offensive réussie auréolée du retour du Maroc le 30 janvier 2017 au sein de sa famille africaine. En plus de nouveaux retrais de la reconnaissance de la fantomatique RASD, nombre de pays africains ont ouvert au cours de ces derniers mois leurs représentations diplomatiques à Laayoune et Dakhla, au grand dam de l’Algérie et de sa chimère polisaroïde hébergée dans le désert de Tindouf.  Un grand tournant pour la cause sacrée de tous les Marocains.  

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