Sans conteste, le grand gagnant actuel de la crise ouverte entre le Maroc et l’Espagne est l’Algérie. Le meilleur ennemi du Royaume a réussi en fourguant à Madrid pour soins médicaux un sinistre personnage vieillissant et néanmoins encombrant nommé Brahim Ghali à dynamiter la relation privilégiée entre deux grands Royaumes très proches, en proie depuis quelques semaines à une escalade diplomatique sans précédent. Devant un tel déchirement politico-médiatique sur fond d’accusations réciproques, les pontes du régime gérontocrate illégitime d’Alger ne formulent in petto qu’un dernier espoir. Que cette crise fâcheuse, du pain bénit pour un système honni et vomi par son propre peuple, contribue au renforcement de l’axe Alger-Madrid, qui ne peut se faire à l’évidence qu’au détriment des intérêts bien compris du Maroc et de l’Espagne. Ce qui est contraire à la dynamique du partenariat multiforme liant  les deux voisins, appelés à dépassionner le débat pour sortir par le haut des aléas d’une actualité malheureuse qui commence à déraper. Car ce qui rapproche les deux royaumes, une communauté de destin exceptionnelle, fondée sur des liens de voisinage, une histoire partagée et un partenariat stratégique de premier plan, est plus important que les contentieux qui les divise. Et qu’il va falloir évidemment bien aplanir en mobilisant de part et d’autre, dès le désamorçage de la crise, une  intelligence politique nouvelle à la hauteur de l’avenir commun et des multiples opportunités qu’il recèle. Ce serait en effet dommage de tomber dans le sordide piège de l’Algésario et prendre le risque de sacrifier une relation bien ancrée dans un destin partagé sur l’autel d’un événement factuel imposé par les forces du mal, de la régression et de la division.Cela dit, le gouvernement de Pedro Sanchez, issu du PSOE historiquement ami du Maroc, a sans nul doute attenté quelque part à cet esprit des relations de bon voisinage et à l’amitié entre les deux pays en accueillant dans le dos du Maroc sous une fausse identité de surcroit Brahim Ghali, le chef du Polisario, une entité chimérique en guerre contre le Maroc. Un geste que les autorités marocaines ont vécu à raison comme une trahison venant de la part d’un État ami qui était censé au moins l’informer au préalable de son entreprise pour le moins indélicate au lieu de le laisser découvrir le pot-aux-roses- par ses « performants » services secrets.

Ce serait dommage de tomber dans le sordide piège de l’Algésario et prendre le risque de sacrifier une relation bien ancrée dans un destin partagé sur l’autel d’un événement factuel imposé par les forces du mal, de la régression et de la division.

Pris en défaut, Madrid s’est aussitôt abrité derrière des considérations «humanitaires» qui n’ont nullement convaincu son partenaire pour justifier son acceptation de soigner sur son sol un criminel de guerre poursuivi en Espagne pour des crimes de guerre et bien d’autres délits. La diplomatie marocaine a marqué le coup en exprimant suffisamment son désapprobation totale de ce qu’il a ressenti comme un coup de poignard dans le dos. Fallait-il  pour autant aller jusqu’à favoriser, en guise de réponse du berger à la bergère, un déferlement sans précédent de migrants sur Sebta, à la faveur d’un relâchement manifeste des contrôles frontaliers côté marocain? Avec le recul, il apparaît que le Maroc a été mal inspiré sur cette affaire qui s’est retournée contre lui après le retentissement médiatique monstre qu’elle a provoqué en Espagne et en Europe, et le concert des critiques de Madrid et de Bruxelles qui l’a accompagnée.Le ministre des Affaires étrangères Nasser Bourita a beau plaider lors de sa conférence de presse du jeudi 20 mai le coup « de fatigue dans les rangs de la police marocaine après les festivités de fin de ramadan », il n’a pas convaincu grand monde y compris en interne où les images dévalorisantes de l’afflux migratoire vers Sebta ont choqué plus d’un. Le propos de ce haut diplomate brillant et chevronné ressemblait en fait à une tentative de rattraper le coup pour ramener le curseur sur l’origine de la crise que l’épisode sebtaoui a, il faut le reconnaître,  sérieusement escamotée. Un épisode où le Maroc a laissé des plumes et perdu la bataille de l’image et qui soulève une  grande question et non des moindres. Devenue certes plus proactive que par le passé, la diplomatie nationale était-elle incapable de défendre les intérêts supérieurs et non-négociables de la nation sans que cela ne porte atteinte à son image ? C’est ce qui s’est produit malheureusement. Relayées par les télévisions occidentales et arabes, les séquences de cette grande évasion, ressentie comme une invasion en Espagne, ont montré au grand jour une réalité peu reluisante. Celle de l’ampleur de la détresse sociale et le chômage qui frappent une bonne partie de la population marocaine qui attend la moindre petite occasion pour fuir son pays. L’Espagne ayant refoulé la majorité des migrants entrés clandestinement à Sebta et Mélilia, se pose dès lors la question du bénéfice politico-diplomatique de l’action bouritienne.

Tout ça pour ça ? Ce qui n’enlève rien au fond du problème qui reste entier. La sale affaire du criminel de guerre Ghali qui a plus que jamais valeur test pour les autorités espagnoles. Le gouvernement Sanchez est tenu de la régler dans le sens qui préserve la relation maroco-espagnole déjà assez détériorée par ce scandale en l’empêchant d’atteindre un point de non-retour. La seule issue possible est que ce sinistre personnage, une fois en état de comparaître devant ses juges, réponde de ses actes abominables. Toute autre démarche, une tentative de son exfiltration par exemple, ne ferait, comme a prévenu l’ambassadrice du Maroc à Madrid, qu’aggraver la crise… La balle est dans le camp de Madrid.

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