Le maintien coûte que coûte des élections législatives anticipées le 12 juin fournit une nouvelle preuve de l’autisme politique de la bande à Tebboune. Or, ces échéances, énième mascarade destinée à donner l’illusion du changement, ont été rejetées avec véhémence par la voix du peuple lors des marches du Hirak. Né en février 2019 du refus d’un cinquième mandat du président Abdelaziz Bouteflika, qui a fini par jeter l’éponge sous la pression populaire, ce mouvement de contestation qui réclame un changement radical du « système » politique en place depuis l’indépendance de l’Algérie en 1962, bute sur une répression de plus en plus féroce. Cette montée en charge répressive apparaît dans la recrudescence du nombre des arrestations et des peines de prisons de plus en plus sévères. Entre activistes de premier plan, voix dissidentes et journalistes indépendants, ils sont plus de 200 personnes à avoir été jetées en prison. Leur crime ?  Avoir osé s’exprimer librement ou pris part au Hirak qui rythme depuis près de deux ans la vie d’un pays profondément divisé, aux prises avec un régime aux abois qui règne par la répression et la terreur pour se maintenir aux commandes par tous les moyens.  

L’Algérie de Abdelmajid Tebboune, ressemble comme une paire de chaussettes à celle de ses prédécesseurs. Élu contre la volonté populaire lors d’un scrutin déserté massivement par les électeurs en décembre 2019, il est juste là pour offrir une vitrine civile à ses maîtres galonnés qui refusent de lâcher prise.

Quand les manifestants interpellés comme de vulgaires voleurs sont libérés, ils sont sommés de signer un document policier dans lequel ils s’engagent à ne plus participer au Hirak du vendredi. Ils sont aussi menacés de ne pas être relâchés en cas de récidive et de nouvelles arrestations alors que ceux qui sont placés sous contrôle judiciaire sont obligés de ne pas parler aux journalistes. A Alger, en Kabylie à Tizi Ouzou, Annaba, Constantine, Bejaïa… Les manifestants, unis dans leur rejet d’un pouvoir jugé impie, sont déterminés à aller jusqu’au bout de leurs revendications en dépit de la dispersion violente de leurs marches hebdomadaires par les forces de l’ordre. Derrière ces arrestations arbitraires et ces procès expéditifs dignes des meilleurs régimes totalitaires, dénoncés par l’ONU, l’Union européenne et plusieurs organisations des droits de l’homme, se profile la volonté de la camarilla des galonnés de casser une dynamique contestataire pacifique qu’ils considèrent comme une attaque frontale contre leurs privilèges.

Et leur premier privilège c’est l’Algérie elle-même avec ses énormes richesses du sous-sol dont l’exploitation comme si c’était leur propre héritage n’a produit que paupérisation et diverses privations sur le sol sous l’effet d’une politique rentière, anti-sociale et désastreuse. L’Algérie de Abdelmajid Tebboune, ressemble comme une paire de chaussettes à celle de ses prédécesseurs. Élu contre la volonté populaire lors d’un scrutin déserté massivement par les électeurs en décembre 2019, il est juste là pour offrir une vitrine civile à ses maîtres galonnés qui refusent de lâcher prise. Mais pour conduire sur le terrain un quelconque changement au bénéfice d’une population prise en otage par un « État caserne» corrompue et corrupteur qui répond à ses aspirations légitimes, toujours superbement ignorées, par une répression policière sauvage. Mais jusqu’à quand ? Tous les ingrédients d’une explosion sociale sont réunis et le Hirak en dessine clairement les prémices. «La main de l’étranger» n’y est pour rien, n’en déplaise à Tebboune & consorts qui cherchent sans convaincre à trouver des boucs émissaires extérieurs aux turpitudes du pays. Le mal algérien est interne. Il est aux commandes. Et il a clairement et suffisamment été identifié et dénoncé par le peuple algérien à travers son mouvement de révolte du vendredi.

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