Le « nouveau partenariat » entre le Maroc et l’Espagne a été officiellement scellé jeudi 7 avril à Rabat autour d’un Iftar royal offert par S.M. le Roi Mohammed VI en l’honneur du président du gouvernement espagnol Pedro Sanchez. Séquence hautement symbolique qui en ce mois sacré renvoie au partage et à la générosité, à la foi et à l’apaisement.

Ce sont justement ces valeurs fortes qui sont censées régir constamment les rapports entre les deux royaumes séculaires, liés par une histoire riche et dense, raffermie par un voisinage immédiat. Une communauté de destin incontestable et un avenir en partage évident, plus forts que toutes les vicissitudes politiques qui ont pu à un moment donné entraver le bon fonctionnement de cette alliance naturelle.

Confrontée aux nouvelles exigences diplomatiques marocaines, l’Espagne de Pedro Sanchez a fini par se rendre à l’évidence : On ne construit pas une communauté de destin et un esprit de coopération durablement immunisé sur l’ambivalence, surtout lorsqu’elle touche à ce qui relève de la ligne rouge, voire du sacré chez le Roi du Maroc et son peuple : l’intégrité territoriale. Il a suffi que Madrid apporte son soutien à l’option d’autonomie au Sahara, la seule preuve de sincérité exigée par le Maroc de son voisin du nord, pour mettre fin à la brouille diplomatique provoquée en avril 2021 par la fameuse affaire Brahim Ghali. Du coup, une nouvelle page s’ouvre dans les relations bilatérales fondées sur « le respect mutuel, le respect des accords, l’absence d’actions unilatérales et la transparence et la communication permanente ».

Désormais il y a un avant et un après 7 avril. La rencontre entre Mohammed VI et le chef du gouvernement espagnol s’est traduite immédiatement par la reprise du trafic sur le détroit, interrompu depuis 2020. Ce qui a impacté sévèrement les compagnies maritimes espagnoles ; privées de la traversée chaque été, via les ports d'Algésiras et de Tarifa, de quelque 3 millions de Marocains résidant en Europe. Le bras de fer entre le Maroc et l’Espagne a fait également souffrir les économies de Sebta et Melilia, qui vivent essentiellement de contrebande, du fait de la fermeture par Rabat des frontières avec les deux enclaves depuis le 20 mars 2020, officiellement pour lutter contre la propagation de la pandémie.

L’Espagne de Pedro Sanchez attend certainement les dividendes de la normalisation pour les deux présides dont les élus réclament un desserrement de ce qu’ils ont qualifié de blocus marocain. Or, Sebta et Melilia ont une telle charge affective qu’ils peuvent servir de symbole d’un renouveau des rapports bilatéraux et d’un bon levier de resserrement des liens autour d’une vision d’avenir décomplexée. Comment ? Par la cogestion des deux présides. L’idée peut sembler difficile à mettre en œuvre, voire utopique. Mais quoi de plus emblématique pour donner un contenu concret à cette foi dans un futur partagé, et marquer en même temps l’avènement de cette « nouvelle ère » dans les relations entre les deux voisins amis ? Franchement, il n’y a pas plus belle manière pour exprimer audacieusement  cette   volonté politique commune d’en finir avec la méfiance héritée des méandres du passé pour s’inscrire résolument  dans l’avenir et  jeter les jalons d’une relation solide et rénovée, protégée durablement contre les virus des malentendus et des préjugés d’un autre âge révolu. Mais qui ne l’est certainement pas pour l’Algérie et sa créature polisarienne, recroquevillées sur des thèses surannées tricotées au mensonge et à l’imposture, héroïnes assumées d’une superbe histoire des perdants qui n’ont ni avenir, ni passé ni présent, et qui se complaisent depuis des décennies dans les jérémiades et les théories du complot.

La trajectoire adoptée par Madrid et Rabat est aux antipodes de l'attitude de l'Algésario nourrie aux chimères du « peuple sahraoui » qui n’existe - et l’Espagne en tant qu’ancien colonisateur du Sahara le sait parfaitement - que dans la petite tête des promoteurs de cette escroquerie qui ne fait plus recette. En exprimant son appui au plan marocain de résolution de ce conflit dans un esprit de ni vainqueur ni vaincu, l'Espagne a planté un dernier clou dans le cercueil des mercenaires du Polisario qui en guise de riposte ont décidé de rompre leurs « contacts avec le gouvernement espagnol actuel ».

Le Maroc et l’Espagne sont dorénavant convaincus plus que jamais que l'essentiel se joue ailleurs.  Dans la capacité des dirigeants des deux pays de se réinventer en permanence en poussant plus loin les limites du partenariat, dans la transparence et la confiance pour rebâtir un projet commun ambitieux en ligne avec les défis du nouvel ordre mondial qui se dessine sous nos yeux. Au bénéfice des deux peuples qui ont appris depuis longtemps à se connaître et s'apprécier.

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