Abdellah Chankou
13.5.2021 1:33

Plus d’un après l’apparition du coronavirus en Chine, la pandémie est toujours là, surgissant par vagues successives, obligeant les pouvoirs publics, qui ne savent plus à quel « vaccin » se vouer, à alterner les périodes de confinement et de déconfinement. Face à l’apparition de nouveaux variants, ce stop and go est appelé paradoxalement à durer malgré la vaccination des populations dans de nombreux pays. Cette situation compromet évidemment la relance économique tant attendue et pénalise les couches les plus vulnérables tout en retardant le retour à la normalité d’avant avec tout ce que cela suppose comme conséquences sociales et psychologiques désastreuses. Mais plus d’une année de crise sanitaire nous a appris également à vivre avec ce virus imprévisible qui n’a rien perdu de son mystère et nous a montré au passage qu’il ne sévit pas avec la même intensité partout dans le monde.

L’épidémie qui frappe la France par exemple ou celle qui fait des ravages en Inde n’est pas semblable à celle qui s’est installée au Maroc. Ces disparités épidémiques, que certains scientifiques avisés attribuent à certains facteurs comme le climat, le mode alimentaire ou la structure démographique, devraient normalement entraîner des stratégies prophylactiques différentes. Tel n’a pas été le cas puisque tous les pays de la planète, alors qu’ils sont touchés à des degrés divers, ont adopté la vaccination, aux côtés des gestes barrières et la distanciation physique, comme unique moyen de se protéger contre le Covid-19 et d’en arrêter la transmission. Pas besoin d'être un épidémiologiste chevronné pour comprendre que l'immunité collective aurait pu certainement être atteinte plus rapidement dans le cas d’un pays jeune comme le Maroc par le biais des infections naturelles plutôt qu’en misant sur la stratégie de la vaccination qui a montré de surcroît ses limites en raison de la pénurie des doses. Ce qui a retardé d’autant le degré d’immunité dans la population et remis en cause le calendrier de reprise d’un certain nombre de secteurs, et compromis le processus d’ouverture du Royaume sur le reste du monde. Pour un pays touristico-dépendant, la facture est vraiment salée, sans commune mesure avec le nombre de décès du Covid-19 qui sont moins de 10.000 depuis mars 2020 !

La gestion de la crise sanitaire chez nous, déphasée par rapport à la réalité du terrain, est à l’image de la politique menée sur d’autres fronts : Un mélange d’improvisation, d’opacité et d’escamotage du débat.

En cause, le choix du gouvernement Al Othmani qui a préféré agir par mimétisme -un virus mortel- en copiant le dispositif de prévention occidental (confinement, couvre-feu, restrictions de déplacement, fermeture des commerces…) qui ne correspond nullement à la réalité épidémiologique du pays aussi bien en termes de décès, du nombre des contaminés ou du taux d’occupation des lits de réanimation. Et puis, les vaccins actuels comportent, notamment en raison de la multiplication des souches, une bonne dose d’incertitude dès lors que personne ne sait jusqu’à ce jour à quel point ils sont réellement efficaces pour réduire la transmission d’une personne à une autre. Seule certitude, les profits colossaux réalisés Big pharma et son atteinte de l’immunité en cas d’effets secondaires nocifs.  

Or la gestion de la crise sanitaire chez nous, déphasée par rapport à la réalité du terrain, est à l’image de la politique menée sur d’autres fronts: un mélange d’improvisation, d’opacité et d’escamotage du débat. L’exécutif s’est caché depuis le début derrière un pseudo comité scientifique pour imposer des mesures restrictives qui manquent souvent, pour le moins que l’on puisse dire, de bon sens commun et éviter ainsi de rendre des comptes sur ses décisions discutables. Il ne s’est trouvé aucun esprit éclairé parmi cette instance qui tend à dramatiser la situation à souhait pour expliquer aux bornés que nous sommes les subtilités du couvre-feu entre 20 heures et 6 heures du matin et la liberté qu’à tout Marocain de propager le virus pendant la journée dans les souks et les marchés, les autobus et le tram, les supermarchés et les cafés… À croire que le Covid ne débarque qu’à la tombée de la nuit !

En fait, certains pays comme la France ont fait le choix de placer leurs populations sous couvre-feu nocturne, mesure imposée généralement en temps de guerre, pour des raisons bien précises. L’objectif était de casser l’envolée de la courbe des contaminations, et surtout de réduire la pression sur les lits de réanimation en décrétant la fermeture précoce des lieux publics comme les cafés, les restaurants, les bars où beaucoup de cas d’infections étaient enregistrés, statistiques à l’appui. Sur quelle base, le ministre de la Santé et son «machin», qui excellent à jouer à nous faire peur sans motiver « leurs recommandations », ont-ils privé les Marocains de sortir la nuit ? Pour quelle raison, les Casablancais sont interdits de baignade dans les plages ? Une réponse convaincante, messieurs les experts !

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