« Être Français en 2024, c’est dans un pays qui, il y a dix ans seulement, se déchirait encore sur le mariage pour tous, pouvoir être Premier ministre en assumant ouvertement son homosexualité», a déclaré sans rougir le jeune et sémillant Premier ministre français de 34 ans Gabriel Attal en fin de son discours de politique générale  devant l’Assemblée nationale.
« De tout cela, je vois la preuve que notre pays bouge », a-t-il ajouté. Mais cela dépend dans quel sens, diront  ceux qui ont été choqués par cette séquence  intervenue dans un grand moment de la politique française et diffusée  à grande échelle sur les réseaux sociaux avec des commentaires que la loi française jugerait  volontiers homophobes. Autres temps, autres mœurs !  
Ce qui est clair comme faire la différence entre une fille et un garçon c’est que l’Occident  qui s’est affranchi des lois naturelles de genre et bien d’autres valeurs ( sa complicité flagrante avec le génocide sioniste en cours à Gaza en est la preuve éclatante ) ne partage plus grand-chose avec le reste du monde. Sauf peut-être  le fait qu’on vit sur la même planète, menacée au demeurant de toutes parts autant par les ravages du changement climatique que par les destructions de la guerre , deux fléaux majeurs  dont son chef de file américain notamment  est le principal responsable.
Après avoir propagé aux quatre coins du globe  son mode de vie  permissif par son influence culturelle, technologique et politique,  l’Occident cherche au nom de considérations qui lui sont propres à imposer aux autres cultures sa vision de la sexualité basée sur l’identité du genre , quitte à  faire tomber une digue morale fondamentale: la cellule familiale traditionnelle, telle qu’elle s’est développée  depuis les origines, autour des liens  sacrés du  mariage entre un homme et une femme. Ce qui a permis la procréation et  la reproduction de l’espèce humaine sur des bases naturelles. C’est cette vision juste de la vie humaine que l’Occident  est en train de détricoter jusque dans les manuels scolaires où l’idéologie du genre a fait irruption de manière plus ou moins explicite, au grand dam des parents qui  ont dénoncé dans nombre de pays comme le Canada une volonté de pervertir l’éducation de leurs  enfants. Or, la démarche des  promoteurs du genre n’est pas aussi juste que ses défenseurs le disent et  cache au contraire   bien des arrière-pensées et de non-dits. Ils cherchent à imposer le concept destructeur de l’indifférenciation des sexes et des sexualités en mettant dans la tête des petits  comme des grands que les différences hommes-femmes et l’hétérosexualité ne relèvent que  d’une invention sociale sans aucun rapport avec le corps sexué et donc susceptibles d’être  déconstruites.

Au Maroc, les pouvoirs publics et  la société civile qui ne jurent que par l’approche genre, importée de l’Occident, doivent se méfier de cette doctrine dont les objectifs inavoués vont  bien au-delà de  la promotion de l’égalité entre l’homme et la femme.

Deux principaux  moyens d’atteindre  cet objectif sont mobilisés. Le premier est sous couvert d’égalité homme-femme, via la recherche de la parité entre les deux sexes en déconstruisant les différences  homme-femme au sein même de la famille et par extension à diverses strates de la société. Le second est déployé sous couvert de lutte contre les diverses formes de discriminations  pour promouvoir et encourager l’homosexualité. Le Vatican n’a-t-il pas fini, sous la pression certainement du lobby puissant du genre,  par donner un coup de canif dans l’ institution sacrée du mariage en donnant  officiellement  sa bénédiction en décembre  2023  aux couples de même sexe ? Une décision contre-nature qui a choqué dans le continent africain ( 7 pays sur 54 dont l’Afrique du sud ont décriminalisé l’homosexualité) où les évêques catholiques, refusant de se plier à une décision qualifiée d’acte qui va à l’encontre de « l’ethos culturel des communautés africaines». A l’ONU aussi, une bataille à fleurets mouchetés  est engagée depuis quelque temps dans les coulisses autour des « droits des personnes LGBTQ+» (lesbiennes, gais, bisexuels, trans, queer et autres) que leurs partisans  œuvrent sans relâche  pour inclure dans la défense plus large des droits de l’homme. La résistance des pays musulmans et africains- mais pour combien de temps encore?- à la volonté  des adeptes de  la  diversité de genre, d’imposer les références à l’orientation  sexuelle dans les programmes et les rapports de l’ONU et de ses différents organismes, est révélatrice d’un profond antagonisme sur ce registre moral. Pour être dans les bonnes grâces  de cet Occident où l’homosexualité relève de plus en plus d’un choix politique et culturel et où  les signes de la féminisation de la société sont en hausse, il faut  être gay friendly. Autrement, vous passez pour un pays homophobe, intolérant envers la communauté LGBTQ.
Miné par une crise morale profonde à l’origine de ses principaux problèmes, l’Occident renvoie de plus en plus l’image d’un monde dépravé, impérialiste  et individualiste, aux antipodes des valeurs  humaines les plus partagées. Sur ce registre en particulier, il incarne un parfait  contre-modèle.
Au Maroc, les pouvoirs publics et  la société civile qui ne jurent que par l’approche genre, importée de l’Occident, doivent se méfier de cette doctrine dont les objectifs inavoués vont  bien au-delà de  la promotion de l’égalité entre l’homme et la femme.  C’est une idéologie porteuse en son sein de germes destructeurs, enveloppée dans les habits séduisants de la parité. Il serait instructif, voire salutaire de savoir dans quelle mesure cette transposition  de l'approche genre à l'occidentale dans la réalité marocaine n'a pas engendré des effets pervers. Qu'est ce qui explique par exemple  l’explosion des divorces au cours des dernières années, passant de 7000 cas en 2004, année de l’entrée en vigueur de la nouvelle Moudawana, à plus de 100.000 cas en 2021 ? Manifestement, quelque chose ne tourne pas rond dans les nouvelles dispositions de cette version du code de la famille, actuellement en cours d'amendement. La conception que les époux  se font de l’institution du mariage, à l’aune de la revendication de l'égalité en tout au nom de l'approche genre, est-elle en cause? Une chose est sûre:  une menace sérieuse pèse sur la cellule familiale et partant sur la société toute entière  du fait de cette hausse considérable des divorces dont les pouvoirs publics n'arrivent pas à identifier les raisons objectives. Par ailleurs, certains milieux féministes, très  imprégnés des “valeurs” occidentales, ne désespèrent pas de  voir remis en cause les préceptes coraniques sur le partage de l’héritage. Face à ces dérives sociales, le Royaume est appelé plus que jamais à protéger jalousement ce qui fait la force de son identité, fondée sur un corpus de valeurs fortes puisé dans la sève de son rite malékite.

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