Le partenariat Maroc-Union européenne a-t-il encore un sens devant l’hostilité récurrente que la justice européenne dans ses divers échelons témoigne à l’égard des traités commerciaux signés entre les deux parties ? La question se pose d’elle-même après l’annulation des deux accords, halieutique et agricole, signés entre Rabat et Bruxelles sous prétexte que le Sahara avec ses zones de pêche et ses terres agricoles est un territoire disputé par le Polisario ?

De quoi le dernier arrêt du tribunal de Luxembourg, favorable à une entité fantoche, est-il le nom ? D’une attitude très ambivalente pleine de contradictions qui interroge profondément sur l’avenir de la relation Marock, surtout après la reconnaissance sans équivoque en décembre 2020 par les États-Unis de la souveraineté du Maroc sur ses provinces sahariennes. Ce geste politiquement et diplomatiquement fortre présente un étrange et frappant anachronisme pour une Europe qui demeure pourtant le premier partenaire économique du Maroc. Au lieu d’en prendre de la graine pour aller dans le sens de l’Histoire, voilà que la justice de l’UE pond une décision susceptible de faire avancer merveilleusement « le Statut Avancé »accordé en 2008 par l’UE à son grand voisin du sud ! A vrai dire, la position américaine, par son audace et sa justesse, a subitement éclairé d’un jour nouveau la duplicité de l’UE dont certains de ses membres notamment la France et l’Espagne se sont toujours vantées de leur relation privilégiée avec le Royaume sans que celle-ci, curieusement, ne soit jamais vérifiée sur le dossier du Sahara marocain.

Peuple fantasmé baptisé « Polisario» qui, n’étant pas une personne morale, ni physique et encore moins un État avec un territoire et une population, ne possède logiquement pas la qualité d'ester en justice… Mais dans l’Europe du lobby des juges c’est le monde à l’envers dans toute sa splendeur.

Or, Bruxelles ne peut pas faire longtemps l’économie d’une clarification de ses intentions vis-à-vis du Marocet de sa cause sacrée sans prendre le risque de vider son partenariat bilatéral de sa substance. Comment continuer, au-delà de la langue de bois diplomatique habituelle, à « œuvrer pour développer les multiples dimensions de ce partenariat stratégique, dans le même esprit de mobilisation, de cohérence et de solidarité », selon la déclaration politique des deux  chefs de la diplomatie, marocaine et européenne, rendue publique juste après l’annonce de l’arrêt du tribunal de l’UE ? De quelle cohérence parlent les deux hauts responsables ? Où est justement la cohérence dans cette démarche consistant à conclure des accords entre deux parties et que l’appareil judiciaire de l’autre s’amuse à remettre en cause en expiant d’arguments juridiques qui ne sont même pas fondées ? Dans leur décision, les juges de la juridiction du Luxembourg affirment en effet que le droit international n’empêche pas, en théorie, « l’Union et le Maroc de conclure un accord applicable au Sahara Occidental », tout en ajoutant que celui-ci doit se faire avec «le consentement du peuple du Sahara Occidental, entant que tiers aux accords litigieux ». Mais à quel peuple du Sahara occidental font-ils référence ? Pas celui, en total accord avec les accords contestés, qui vit pleinement sa marocanité dans la paix, le développement et la prospérité et qui vient de voter massivement dans un triple scrutin pour élire démocratiquement ses représentants ? Non, ce peuple-là n’intéresse pas les magistrats de la drôle de justice européenne. Ce peuple n'existe pas pour eux,car présentant le défaut rédhibitoire d’être trop réel pour qu’il soit vu par des juges dont les lunettes ne regardent manifestement que le peuple fantasmé,représenté virtuellement par une bande de mercenaires, doublés de terroristes à la solde de l’Algérie.

Peuple fantasmé baptisé « Polisario»qui, n’étant pas une personne morale, ni physique et encore moins un État avec un territoire et une population, ne possède logiquement pas la qualité d'ester en justice… Mais dans l’Europe du lobby des juges c’est le monde à l’envers dans toute sa splendeur.

La justice de l’absurde fonctionne à merveille et produit des résultats magnifiques ! Le pseudo-mouvement de libération, fabriqué et soutenu de notoriété internationale par un pays malintentionné, a tous les droits. Y compris celui de faire annuler, par l’on sait quelle logique, des accords commerciaux signés par des États souverains engagés depuis longtemps dans un processus de coopération mutuelle ! Du coup, le Maroc se trouve pris en tenaille entre une Union européenne qui signe avec lui des engagements économiques qu’elle n’arrive pas à respecter  et ses institutions judiciaires qui  viennent a posteriori les remettre en cause en mettant en avant des arguments difficilement recevables autant d’un point de vue politique que juridique. Il y a là objectivement pour le Maroc matière à se poser sérieusement la question sur l’utilité de son accord d’association avec l’UE en tant que bloc non homogène tout en le poussant à envisager sérieusement un Marexit… C’est l’objectif inavoué poursuivi peut-être par l’extraordinaire justice européenne.Faire plaisir à l’Algésario afin d’achever le partenariat stratégique liant le Maroc et l’UE. Ce qui inciterait Rabat à signer des accords économiques bilatéraux avec les pays européens qui respectent sa souveraineté sur l’ensemble de son territoire.

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