En pleine crise sanitaire qui n’en finit pas de durer et de compromettre les chances d’une véritable reprise, le secteur touristique, le plus touché par les effets de la pandémie, a décidé de renouveler les dirigeants de la Confédération nationale du Tourisme (CNT). Pour le remplacement du binôme sortant (Abdellatif Kabbaj-Fouzi Zemrani) dont le bilan ne trouve pas grâce aux yeux de la majorité des professionnels, deux tickets ont déclaré leurs candidatures. Et ils sont de qualité.  Hamid Bentahar, figure touristique connue et reconnue, président du groupe Accor Gestion Maroc et patron depuis 2008 du Conseil régional du tourisme de Marrakech (CRT), qui a choisi comme colistier un jeune agent de voyages qui incarne la relève et l’avenir du secteur en la personne de Hicham Mhammedi Alaoui, diplômé de Harvard Business School, de Princeton Université et de Sciences Po Paris. Le binôme Bentahar-Mhammedi affiche comme ambition « d’accompagner le secteur dans cette période cruciale » traversée par le tourisme au Maroc et ailleurs en raison de la pandémie et de « mettre en place tous les outils nécessaires afin de représenter et de défendre la profession ».

Le deuxième et dernier binôme, formé par Jalil Bennabès Taârji et Aziz-Chérif Alami, deux professionnels du tourisme expérimentés, vise à « reconstruire une structure professionnelle plus représentative, forte, légitime et crédible, qui dispose des moyens humains et financiers nécessaires pour participer activement et efficacement au pilotage stratégique et opérationnel du secteur ». Les deux binômes en lice sur leur secteur d’activité qui a  besoin plus que jamais de plus que des professions de foi pour retrouver des couleurs et surtout le chemin du profit et de la croissance ravagé par le covid-19.  En d’autres temps, trouver des candidats pour présider aux destinées de la CNT relève presque de la mission impossible.   Le fait que la présidence de cette instance ait intéressée deux candidatures est en soi un bon signe qui traduit une certaine rupture avec le passé marqué par un désintérêt à l’égard de l’associatif professionnel en général (la CGEM est à cet égard le meilleur exemple, son président actuel étant le fruit d’une candidature unique) considéré comme une perte de temps et un casse-cou.

A tendre l’oreille en coulisse, on entend des critiques sur le binôme Bentahar-Mhammedi qui ne serait pas bien vu par plus d’un en raison de l’appartenance au groupe Accor du candidat à la présidence. Pour de nombreux professionnels, Hamid Bentahar ne ferait pas un bon patron...

A crise (touristique) exceptionnelle, engagement exceptionnel. Mais d’ores et déjà, les griefs fusent. A tendre l’oreille en coulisse, on entend des critiques sur le binôme Bentahar-Mhammedi qui ne serait pas bien vu par plus d’un en raison de l’appartenance au groupe Accor du candidat à la présidence. Pour de nombreux professionnels, Hamid Bentahar ne ferait pas un bon patron, tenté de rouler, malgré lui, moins pour les intérêts collectifs du secteur que pour ceux de son employeur français. Autrement dit,  les partisans de cette thèse craignent qu’il ne prenne ses ordres à Paris pour favoriser le business national de Accor dont les circonstances de l’introduction au Maroc-  qui s’est soldée par le rachat en 1998 dans des conditions opaques du Palais Jamai de Fès et des hôtels Moussafir de l’ONCF- devenus Ibis pour une bouchée de pain- avait laissé des traces dans les milieux hôteliers locaux. Haro sur Bentahar et son colistier qui sentent « l’odeur de l’ancien colonisateur » et plein et entier soutien à Bennabès et son partenaire   qui, eux, incarnent une « candidature patriotique ».

Ce n’est pas sûr que les membres de la FNT, qui au demeurant ne sont pas tous à jour de leurs cotisations, soient sensibles à cet argument qui sous d’autres cieux aurait certainement pesé dans leur choix. On imaginerait mal en effet le dirigeant ou le représentant d’un groupe hôtelier américain prendre par exemple les rênes de ADN Tourisme qui fédère l’ensemble des fédérations du secteur touristique français. Quoiqu’il en soit, les futurs dirigeants de la CNT auront du pain sur la planche. Au-delà de la nécessité de  faire travailler les adhérents, historiquement peu enclins à la concorde autour d’objectifs communs loin de tout esprit  de division, le principal défi est de taille : accompagner les différentes branches du secteur dans le processus de sortie de crise en préparant la relance dans la mobilisation et l’innovation. En somme, remettre le tourisme dans le circuit en lui faisant épargner des égarements aux conséquences fâcheuses… Pour cela, les acteurs du secteur ont besoin plus que jamais d’un véritable guide…

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