Si vous êtes en mal de métier et que vous vous morfondez dans le chômage moyenne ou longue durée, vous avez la possibilité de devenir influenceur. C’est aussi simple qu’un clic. Pas besoin d’être une star mondiale ou justifiant d’une quelconque expertise en marketing  pour  vendre telle ou telle marque. Seule condition, disposer d’un certain savoir-faire en « baratinologie » et être capable de fédérer une communauté de followers ou de suiveurs, censés partager vos goûts et relayer vos divers messages commerciaux ou mercantiles. Il suffit d’investir un  peu d’argent dans le matériel de travail pour en gagner beaucoup.  Un smartphone  avec de bonnes caractéristiques pour la photo et la vidéo, un microphone et le tour est joué.

En plus de faire gagner beaucoup d’argent tout aussi aisément, ce job, en pleine expansion, enfanté comme Hamza mon BB par l’ère du tout-digital, vous fait sortir de l’anonymat et fait de vous une personne importante que les annonceurs courtisent pour donner de la visibilité à leurs produits afin d’en augmenter les ventes, à coup de vues en rafale en partant du principe que tout ce qui est exposé, indépendamment de sa qualité intrinsèque, par les influenceurs peut être acheté par… les influençables ou sous influence ! D’un côté, il y a les influenceurs, c’est-à-dire la nouvelle élite qui fait la pluie et le beau sur la Toile et de l’autre les moutons de Panurge qui sont juste bons à emboîter le pas à leur gourou virtuel. Le monde numérique est donc divisé en deux, ceux qui sont supposés créer de l’influence au profit des marques qu’ils représentent et la masse des ploucs considérés comme de potentiels acheteurs de tout et n’importe quoi qui la subissent sans réfléchir. Justement, les réseaux sociaux ont été conçus pour annihiler l’esprit critique, réduire la capacité de distinguer le vrai du faux, les faits des avis personnels, l’info de l’intox… Ce qui  permet de tromper facilement la plèbe numérique par des arguments fallacieux.    

Vu sous cet angle, ce concept que l’on appelle  marketing d’influence, inventé par les Américains Katz et Lazarsfeld en 1955, n’est pas flatteur pour la masse sous influence. En effet, c’est sur son dos que les influenceurs de tout poil gagnent de l’argent en monétisant leurs comptes Instagram, Youtube ou Blog. Plus ils attirent d’internautes dans leur groupe, plus ils améliorent leurs profits. Sans que l’on puisse réellement mesurer leur impact réel sur les internautes de Panurge, histoire de savoir s’ils sont assez friqués pour faire les actes d’achat auxquels ils sont invités…

La pratique reste floue et le retour sur investissement incertain. Comme le phénomène est à la mode, de plus en plus d’entreprises suivent et basculent seulement parce que les concurrents ont fait de même. Bonjour les Panurges de marque qui au fond recourent à ce type de communication juste pour leur propre visibilité dans cet eldorado publicitaire et de l’image où tout un chacun veut par tous les moyens prendre sa place et sa part du gâteau. Allez en effet distinguer dans le grand bazar des réseaux sociaux le vrai du faux influenceur  qui  fait sans coup férir ses emplettes dans les fermes à clic par paquets : abonnés, vues, likes et commentaires en quantités qu’il veut… Tout a un prix. Il faut juste disposer d’une carte de crédit provisionnée !

Il y a tellement de la thune à ramasser sur la toile que certains ne résistent pas à l’envie de multiplier les collaborations. Résultat : Ils prennent, à force de vouloir gagner (facilement) plus, le risque de voir leur taux d’engagement baisser. Autant de mauvaises pratiques qui sont en train de décrédibiliser le marketing d’influence en mettant à mal la confiance des internautes dans ce média. Les plus avertis et les plus exigeants parmi les consommateurs commencent à prendre leurs distances avec les contenus diffusés par les influenceurs dont l’activité au Maroc, en plus d’être non réglementée, échappe complètement au fisc. L’influence n’a rien à déclarer ? A défaut de payer, les influenceurs se paient tout le monde...

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