Ahmed Toufiq, ministre des Habous et des affaires islamiques.

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Dans la communauté des fidèles marocaine, une seule question taraudait les esprits depuis quelques semaines: Les autorités vont-elles, contrairement à l’année dernière, autoriser la prière des tarawih pour le ramadan 2021 ? La patate chaude a été refilée au Conseil des Oulémas par le gouvernement qui a déjà décidé en son âme et conscience sur la base des recommandations de la commission technique et scientifique : ce sera le couvre-feu de 20 heures jusqu’à 6 heures du matin pendant tout le mois sacré. Ce qui signifie que personne ne devrait, sauf motif impérieux, quitter son domicile jusqu’au lendemain. Bonjour le confinement nocturne. Cette fatwa politique, qui sent l’excès de précaution et même une certaine panique, est  aussi dure à avaler qu’une harira insipide. Surtout que dans son communiqué du mercredi 7 avril qui a annoncé cette excellente nouvelle, l'exécutif a appelé les Marocains à respecter ces mesures restrictives afin, argue-t-il, de « maintenir les acquis réalisés par notre pays en matière de lutte contre l’épidémie ». Les acquis ! C’est comme une équipe du football peu sûre d’elle-même qui après avoir marqué un but s’est retranchée dans la défense pour sauvegarder l’avantage jusqu’ au bout… Le gouvernement Al Othmani joue donc la prudence, voire la peur par anticipation pour que le Covid ne nous batte pas à plate couture. Or c’est ce qui risque de se passer à trop vouloir maîtriser à l’avance une situation impossible à maîtriser en raison du caractère imprévisible du virus qui a montré jusqu’ici une capacité extraordinaire de se jouer de toutes les restrictions possibles et imaginables… Et puis, la situation sanitaire s’étant nettement améliorée malgré l’arrivée du variant anglais, les Marocains - y compris les moins pieux d’entre eux - ne voient pas de raison objective à l’interdiction des tarawih. Lesquelles prières sont l’âme du mois sacré et les interdire au motif que les mosquées sont un vecteur de la transmission du virus n’est étayé par aucune preuve tangible. Une allégation démentie par la réalité puisque depuis leur ouverture, il y a plusieurs mois, les mosquées n’ont pas enregistré de foyer de contamination spectaculaire. Cela est dû au bon comportement des fidèles très à cheval sur les consignes du protocole sanitaire  mis en place par le ministère de tutelle (ablutions à la maison, tapis de prière individuel, distanciation physique, prise de température à l’entrée, usage du gel hydroalcoolique). Une discipline que l'on retrouve très peu dans les cafés bondés et en mal d’aération où les clients sont attablés les uns à côté des autres dans une atmosphère qui empeste la cigarette… Raison de plus pour que le ministre des Habous et des Affaires islamiques Ahmed Taoufik défende la cause des fidèles. En toute bonne foi.

Nombre de pays musulmans, à l’image de l’Égypte, ont, eux, déjà rendu leur décision : Oui à l’accomplissement des cinq prières ainsi que les tarawih dans les mosquées sous réserve de respecter entre autres conditions le protocole sanitaire en vigueur. Terre d’un islam éclairé, le Maroc sacrifiera-t-il pour la deuxième année consécutive les tarawih sur l’autel d’une épidémie qui ne se transmet pas dans les lieux de prière ?  En fait, il y a plus de risques de choper le virus pendant la journée dans les marchés et les lieux clos comme les usines et dans les réunions familiales et entre amis lors des soirées ramadanesques qu’en s’adressant à Dieu les paumes tournées vers le ciel, dans une mosquée ou à l’air libre empli d’un souffle de recueillement collectif... Sauf à considérer que le covid ne circule qu’entre le coucher du soleil et le lever du jour ! Un peu de bon sens, bon sang ! Il faut prendre le risque de la vie.  Invoquons la providence et laissez les gens prier ! On ne sait jamais...

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