Le président nigérian M. Buhari et A. Blinken à Abuja, le 18 novembre 2021 / Reuters.

Le président américain Joe Biden prévoit d'organiser un sommet avec les dirigeants africains en 2022 pour renforcer les liens de son pays...

Le président américain Joe Biden prévoit d'organiser un sommet avec les dirigeants africains en 2022 pour renforcer les liens de son pays avec l’Afrique. Ce sommet marque le retour en force des Etats-Unis en Afrique depuis la tournée sans précédent de 11 jours de l’ex-président Bill Clinton (3 mars - 2 avril 1998) dans le continent. Entamée, au Ghana, ce périple d'une durée sans précédent était la première d'un président américain sur le Continent noir depuis celle du président Jimmy Carter en 1978. Une tournée historique suivie d’une autre également en terre africaine et de 11 jours de l’ancienne secrétaire d’État Hillary Clinton en été 2012. Mais ce sommet de Biden revêt un caractère particulier : la volonté de l’administration démocrate de remercier l’électorat africain-américain d’avoir voté massivement pour Biden en novembre 2019 en montrant son intérêt pour une Afrique riche par ses ressources naturelles et pauvres par sa gouvernance.

Effectivement la sécurité et la stabilité du continent menacé par le terrorisme islamiste préoccupe le président Joe Biden. « En signe de notre engagement envers nos partenariats à travers le continent, le président Biden a l'intention d'accueillir le sommet des leaders américano-africains afin de conduire le type de diplomatie et d'engagement de haut niveau qui peut transformer les relations et rendre possible une coopération efficace », a déclaré le secrétaire d’État M. Antony Blinken. Cette annonce a été confirmée par une déclaration publiée par la Maison Blanche. Dans son allocution, M. Blinken a déclaré que les États-Unis estiment qu'il est temps d'arrêter de traiter l'Afrique comme un sujet de géopolitique - et de commencer à traiter le continent comme l'acteur géopolitique majeur qu'il est devenu. Parlant spécifiquement du Nigeria, il a déclaré que le «Géant de l'Afrique» est une description appropriée car le pays est très grand. Selon lui, ce qui se passe au Nigeria est ressenti dans le monde entier. « Vos atouts sont indéniables : une démocratie dynamique, une économie robuste et une société civile très puissante. Les défis auxquels vous êtes confrontés sont eux aussi indéniables, notamment les perturbations et l'insécurité causées par le terrorisme», a ajouté M. Blinken.

Le secrétaire d'État américain a également indiqué que son pays avait signé un accord d'aide au développement de 2,1 milliards de dollars avec le Nigeria, qui portera sur la santé, l'éducation, l'agriculture et la bonne gouvernance. «Les États-Unis savent que, pour la plupart des défis urgents et des opportunités auxquels nous sommes confrontés, l'Afrique fera la différence », a déclaré M. Blinken. « Nous ne pouvons pas atteindre nos objectifs dans le monde entier - qu'il s'agisse de mettre fin à la pandémie de Covid-19, de construire une économie mondiale forte et inclusive, de lutter contre la crise climatique, ou de revitaliser la démocratie et de défendre les droits de l'homme - sans le leadership des gouvernements, des institutions et des citoyens africains ». « Des pays comme le Nigeria ne sont pas seulement des leaders mondiaux, ils occupent une place de plus en plus importante dans le monde, au-delà de cette région, et ils méritent une place de choix partout où les questions les plus conséquentes sont discutées. »

M. Blinken n’a maqué de faire allusion aux craintes que peut susciter cet intérêt américain pour une Afrique considérée comme une chasse gardée par des anciennes coloniales européennes. Il a noté à cet égard que de nombreux pays de la région se méfient des ficelles qui accompagnent un engagement accru de Washington, et craignent que dans un monde de rivalités entre grandes puissances, les pays soient obligés de choisir… « Donc, je veux être clair - les États-Unis ne veulent pas limiter vos partenariats avec d'autres pays. Nous voulons que vos partenariats avec nous soient encore plus forts », a déclaré M. Blinken. « Nous ne voulons pas vous obliger à choisir ; nous voulons vous donner des choix. Ensemble, nous pouvons apporter des avantages réels à nos populations sur les questions qui leur importent le plus. » a-t-il ajouté. A bon entendeur…

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