Sanaa 10 avril 2015 : Des rebelles houthis réclament l'arrêt des frappes saoudiennes. Huwais/AFP.

Le président américain Joe Biden s’apprête à annuler une autre décision très critiquée de l'administration Trump...

Le président américain Joe Biden s’apprête à annuler une autre décision très critiquée de l'administration Trump.  Il s’agit de l’annulation de l’intégration des rebelles houthis dans la black-liste des groupes terroristes  prise en dernière minute par l’ex secrétaire d’État Mike Pompeo. Cette annulation est saluée comme contribuant à soulager la crise humanitaire au Yémen. Ce Yémen a été ravagé par des années de guerre, des crises économiques et la pandémie de coronavirus par-dessus le marché.  L'administration du président Joe Biden a déclaré vendredi 5 février qu'elle prévoyait de retirer le groupe rebelle houthis du Yémen de la liste noire des groupes terroristes.

Cette décision est la plus récente d'une série de revirements politiques de l'ère Trump et intervient deux semaines après l’investiture de Biden le 20 janvier. «Notre action est entièrement due aux conséquences humanitaires de cette désignation de dernière minute de l'administration précédente, dont les Nations unies et les organisations humanitaires ont depuis clairement indiqué qu'elle aggraverait la pire crise humanitaire au monde », a déclaré un responsable du département d'État. L'administration Trump a été critiquée pour sa décision d'inscrire les Houthis sur la liste noire des terroristes par ceux qui craignent que cette décision n’aggrave la situation déjà désespérée de ce pays déchiré par la guerre.

Cette décision a été prise le lendemain de l'annonce par le nouveau président que les États-Unis cessaient de soutenir les opérations militaires menées par l'Arabie saoudite au Yémen contre les rebelles houthis – généralement, considérée comme une guerre par procuration entre le royaume wahhabite sunnite et son rival chiite, l'Iran. L'ancien secrétaire d'État Mike Pompeo avait déclaré que les Houthis étaient une organisation terroriste le 19 janvier, un jour avant l'investiture de Biden. Bien que la décision ait prévu certaines exemptions pour les opérations humanitaires, les responsables de l'ONU et d'autres groupes ont déclaré qu'elles n'étaient pas suffisantes et ont demandé qu'elles soient révoquées. L'ONU a tenté de ramener les deux parties à la table des négociations. L'Arabie saoudite est entrée dans le conflit en 2015 pour soutenir les forces gouvernementales qui s'opposent aux Houthis soutenus par l'Iran. L'administration Obama a approuvé cette intervention après que les Houthis eurent pris le contrôle d'une grande partie du pays y compris la capitale Sanaa. L'ONU a décrit la situation comme la plus grande crise humanitaire au monde, avec 80 % de la population du pays qui a besoin d'aide.

Les plus lus