Scène de guerre dans le vieux Jérusalem le 22 avril 2021. Ahmad Gharabli / AFP.

Le 23 avril, au lendemain d'une marche de militants juifs aussi racistes que violents, effectuée dans le centre...

Le 23 avril, au lendemain d'une marche de militants juifs aussi racistes que violents, effectuée dans le centre de la ville sainte aux cris de « Mort aux Arabes », les limites ont été à nouveau tracées entre Jérusalem-Ouest (juive) et Jérusalem-Est (arabe). Une ambiance de guerre où les odeurs nauséabondes des résidus des canons à eau sale ont été utilisés par la police pour punir les Palestiniens en les dissuadant ne pas faire leur grande prière qui requiert propreté et purification surtout pour le deuxième vendredi du ramadan.

Les Arabes évitent les rues commerçantes des quartiers juifs du centre-ville. Les jeunes ultra-orthodoxes du quartier Geoulah hésitent à traverser la route 60, qui suit la ligne d'armistice de 1949, la fameuse « ligne verte ». Au sud, la «forêt de la paix», éminemment mixte, est déserte. Ce n'est pas un mince exploit pour quelques centaines de radicaux, menés par Lehava («flamme» en hébreu), une organisation née de la nébuleuse suprématiste juive inspirée par le rabbin Meir Kahane (1932-1990), qui fait campagne contre les mariages entre citoyens israéliens arabes et juifs. Il recrute notamment parmi les rebelles du monde ultra-orthodoxe, des déserteurs des écoles religieuses issus de familles séfarades. Dans cette violente nuit de jeudi, 105 Palestiniens ont été blessés, selon le Croissant-Rouge, et 22 hospitalisés, la plupart touchés par des balles métalliques entourées de caoutchouc et de grenades assourdissantes tirées par la police, qui derniers s'efforçait de maintenir un no man's land entre la vieille ville arabe et ces militants juifs excité et très mobiles. Un automobiliste juif a également été légèrement blessé par de jeunes Palestiniens, ainsi qu'un policier par un jet de pierres. Au moins 50 personnes, arabes et juives, ont été retenues dans les postes de police de Jérusalem vendredi.

Lehava a marché pour « Restaurer la dignité juive », prenant prétexte de vidéos postées sur le réseau social TikTok cette semaine : gifles, jets de pierres et tasse de café versée par des Arabes sur des Juifs ultra-orthodoxes près de la porte de Damas, qui ouvre sur la Vieille Ville. De jeunes Palestiniens y défient la police depuis le début du ramadan, le 12 avril. Un enfer qui coïncide en plus avec la reprise du lancement de roquettes depuis Gaza sur les localités limitrophes habitées par des Juifs israéliens, l’approche des élections palestiniennes et les tractations incertaines  du Premier ministre Netanyahu qui peine à former un gouvernement issu des dernières élections du 23 mars, les quatrièmes en moins de deux ans.

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