Si le personnage Trump est complexe sa logique est simple. Tout organisme national comme international ou individu qu’il soit américain ...

Si le personnage Trump est complexe sa logique est simple. Tout organisme national comme international ou individu qu’il soit américain ou étranger qui reçoit son argent doit lui obéir au doigt et à l’œil, et surtout ne jamais le contrarier fût-il au nom de la vérité et de l’honnêteté. Trump c’est ça.

En 2017, Trump a retiré  les Etats-Unis de l'Unesco, du Pacte onusien sur les migrants et les réfugiés et de l’Accord de Paris sur le climat parce que la première a eu l’audace de froisser Israël en admettant en son sein la Palestine, le second défend les migrants qu’ils accusent envahir son pays, le troisième cherche à casser l’industrie américaine en lui imposant des minima carbone. En 2018, il claque la porte du Conseil des droit de l'Homme et de l'Agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) qui respectivement ont tort  de critiquer son grand client saoudien et d’entretenir des réfugiés palestiniens qui s’accrochent mordicus au droit de retour à leur terre spoliée. Cette fois-ci, l'accusé s’appelle l'OMS, dirigée par l’Ethiopien Tedros Adhanom Ghebreyesus. Son péché ? Biaiser et dissimuler la vérité sur la coronavirus qu’il appelle  « le virus chinois », allusion à la théorie que ce pathogène ait sorti sciemment ou inconsciemment d’un laboratoire de Wuhan Institute of Virology en Chine, plus précisément au sein d'un laboratoire de type P4. Une  théorie qui est loin de faire l’unanimité au sein de la communautés scientifique mais qui exalte  surtout les responsables politiques occidentaux  qui se nourrissent du populisme. Trump est le premier de la compagnie. Ce dernier ne craint pas vraiment Sleppy Joe (surnom qu’il emploie pour moquer le candidat démocrate Joe Biden) mais Covid-19. Or le président sortant est convaincu que si  les Etats-Unis sont dépassés par la pandémie, c'est à cause de la Chine et de l'OMS qui se sont arrangés pour fournir de mauvaises informations sur le virus mortel. Donc colère, sanction. Pas un kopeck à l’OMS !  S’il est difficile de trancher que Trump a entièrement tort sur ce dernier point, par contre décider de sevrer une organisation sanitaire qui aide les pays pauvres  à lutter contre le coronavirus mais aussi le sida, les cancers, la malaria, Ébola, la tuberculose, la rougeole etc. à un moment où toute la planère est vent debout contre la pandémie est certainement une grossière erreur de sa part. Effectivement cette décision de priver l’OMS de quelque 400 millions de dollars a été décriée par plusieurs responsables internationaux et experts. Ce «n’est pas le moment de réduire le financement des opérations de l’Organisation mondiale de la Santé ou de toute autre institution humanitaire combattant le virus », a affirmé mardi 14 avril le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres. De son côté Amesh Adalja, docteur à l’Université Johns Hopkins, a déclaré « Ce n’est pas au milieu d’une pandémie que l’on prend ce genre de décisions ». Tandis que que Lawrence Gostin, directeur du Centre de l’OMS pour la santé publique et les droits de l’homme, a estimé que « Les États-Unis se tirent une balle dans le pied parce que d’autres pays vont combler le vide. Dans une crise sanitaire mondiale et en pleine pandémie, les États-Unis vont perdre leur voix. »

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