Abdallah Hamdok. Photo : Ebrahim Hamid/AFP.

Le Premier ministre civil soudanais, Abdallah Hamdok, a annoncé dimanche sa démission, après une nouvelle journée de manifestation...

Le Premier ministre civil soudanais, Abdallah Hamdok, a annoncé dimanche sa démission, après une nouvelle journée de manifestation durant laquelle deux personnes ont été tuées. Il était revenu au pouvoir il y a moins de deux mois, dans le cadre d'un accord politique conclu avec les militaires. Hamdok a annoncé qu'il démissionnait après avoir été incapable de forger un consensus pour faire avancer la transition. Il a appelé au dialogue afin de parvenir à un nouvel accord pour la transition.

Soucieux de ce qui se passe dans vaste pays, les Etats-Unis ont exhorté les dirigeants soudanais à assurer un régime civil et à mettre fin aux violences contre les manifestants après cette démission de Hamdok, plongeant la transition vers des élections dans l’inconnu. « Après la démission du Premier ministre Hamdok, les dirigeants soudanais doivent mettre de côté leurs différences, trouver un consensus et assurer le maintien d'un régime civil », a déclaré le Bureau des affaires africaines du Département d'État américain dans un tweet. Hamdok, économiste et ancien fonctionnaire des Nations unies largement respecté par la communauté internationale, avait occupé le poste de premier ministre dans le cadre d'un accord de partage du pouvoir entre militaires et civils qui a suivi le renversement de l'ancien dirigeant Omar El Béchir en 2019. Les militaires ont dissous son gouvernement lors d'un coup d'État en octobre, mais il est revenu un mois plus tard dans le cadre d'un accord qui le chargeait de former un gouvernement de technocrates avant les élections de 2023.

Jibril Ibrahim, un ancien chef rebelle qui a été ministre des Finances sous Hamdok mais a exprimé son soutien aux militaires avant le coup d'État, a qualifié sa démission de « regrettable ». La démission d'Hamdok est intervenue quelques heures après la dernière série de rassemblements de masse contre les militaires. Au moins 57 civils ont été tués lorsque les forces de sécurité ont tenté de contenir ou de disperser les manifestations depuis le coup d'État du 25 octobre, selon des médecins alliés au mouvement de protestation. D'autres manifestations sont prévues pour mardi. M. Hamdok avait été un partenaire clé de la communauté internationale alors que le Soudan cherchait à sortir de décennies d'isolement et de sanctions sous le régime de M. El Béchir et à mettre fin à une crise économique, avec le soutien de l'Occident. Le département d'État américain a déclaré que toute nouvelle nomination devrait suivre l'accord de partage du pouvoir conclu en 2019.

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