Kaïs Saïed, président tunisien.

Le président tunisien Kaïs Saïed a surpris la classe politique en décidant dimanche 25 juillet au soir de geler l’action du Parlement...

Le président tunisien Kaïs Saïed a surpris la classe politique en décidant dimanche 25 juillet au soir de geler l’action du Parlement pour 30 jours et de s'octroyer le pouvoir exécutif. Ce coup de théâtre, qui plonge le pays dans une nouvelle crise politique aggravée par une crise sanitaire aiguë et des problèmes économiques et sociaux de grande ampleur, fait suite à une journée de manifestations dirigée principalement contre le principal parti islamiste au pouvoir, Ennahda, dirigé par Rached Ghannouchi. Ce dernier, qui officie également comme président du Parlement, a dénoncé un « coup d'État » alors qu’il organisait avec plusieurs de ses partisans un sit-in devant la chambre mardi 26 juillet à Tunis, après avoir été empêché d'y accéder par une escouade de militaires. À l’issue d'une réunion d'urgence au Palais de Carthage avec un groupe de sécuritaires, le président tunisien qui a démis de ses fonctions le Premier ministre Hichem Mechichi a déclaré : « Selon la Constitution, j'ai pris des décisions que nécessite la situation afin de sauver la Tunisie, l'État et le peuple tunisien ». « Nous traversons les moments les plus délicats de l'histoire de la Tunisie », a poursuivi celui qui est engagé depuis des mois dans un bras de fer avec le parti islamiste.

« Ce n'est ni une suspension de la Constitution ni une sortie de la légitimité constitutionnelle, nous travaillons dans le cadre de la loi », a-t-il assuré, précisant que ces décisions seraient publiées sous forme de décret. En proie à une crise multiforme profonde, la Tunisie, cette jeune démocratie très fragilisée, continue ses sauts dans l’inconnue…

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